La tombe de Pieter Bruegel

La colline du cowdenbergh : du palais de justice au parc royal

La tombe de Pieter Bruegel

Nous allons voir maintenant la tombe du très célèbre peintre Piter Breughel l’Ancien, qui a vécu entre 1525 et 1569. Pour cela, restons dans la nef centrale, et continuons jusqu’à la porte de sortie. Là, nous nous retournerons pour regarder à nouveau vers le chœur.

Vous y êtes ? Bien. Alors, vous pouvez remarquer qu’à droite et à gauche, tout le long des nefs latérales, s’ouvre une série de chapelles latérales. Passons dans la nef de droite. La troisième chapelle à droite contient la tombe de Breughel.

Sur l’autel de cette chapelle, une belle Vierge d’origine gothique. Et sur le mur face à l’autel, une inscription indique l’emplacement de la tombe de Piter Breughel et de sa femme, Marie Coucke. Breughel habitait une maison tout près d’ici. Elle existe encore et se trouve rue haute, au numéro 132. C’est une maison renaissance, avec un pignon à gradin, un peu semblable à ce que nous avons pu voir sur la place du Sablon.

Sur le mur se trouve un beau cadre en marbre noir avec des ornements en marbre blanc. Sur le haut du cadre, nous voyons une tête d’ange entre deux cornes d’abondance, qui sont là pour symboliser l’art prolifique de l’artiste. Sur les montants latéraux sont représentés des outils de peintre : palettes et pinceaux. Ce cadre est sans doute l’œuvre du peintre David Teniirs 3, descendant de Breughel par sa fille. Dans le cadre, il y avait un tableau peint par Pierre-Paul Rubèns, sans doute à la demande de Teniirs. Il représentait «le Christ remettant les clefs à saint Pierre ». Et donc, le thème abordé est celui du paradis. Et quand le thème au dessus d’une tombe est le paradis, on se doute qu’il s’agit d’une requête faite à Dieu pour que le mort y entre ou de l’affirmation aux spectateurs comme quoi le mort y est rentré. Et ce genre de thème est évidemment fréquent depuis des millénaires, depuis les Égyptiens antiques et les scènes de pesée de l’âme jusqu’à nos jours. Mais le tableau original a été vendu au 18e siècle, et c’est une copie assez fade qui le remplace aujourd’hui.

Piter Breughel est un des plus importants, et aussi un des plus mystérieux artistes du 16e siècle belge. Il semble originaire d’Anvers, où il a travaillé longtemps, comme dessinateur dans l’atelier du graveur Jérôme Cock. Il s’est installé à Bruxelles en 1563, et s’y marie aussi. Son œuvre, présente dans beaucoup de grands musées d’Europe, comme le Prado de Madrid, les galeries nationales de Vienne, ou le musée Capodimonte de Naples, ne laisse pas de surprendre par leur traitement étrange, certainement chargé d’un grand symbolisme. Son style est reconnaissable entre tous, original, et inspirera de nombreux suiveurs, à commencer par ses propres fils. Cinq œuvres de Piter Breughel sont présentées au musée d’Art Ancien de Bruxelles. Nous ne pouvons que vous inviter à aller les découvrir.
Nous allons maintenant sortir de l’église. Nous vous attendons à la porte.

Nous voilà à la sortie, tournant le dos à l’église. Au fond, vers la droite, nous apercevons la façade de brique de l’église de l’ancien couvent des sœurs brigittines. La façade est richement ornée, comme l’étaient les églises du 17e siècle.
En ce qui nous concerne, nous allons partir vers la gauche et longer l’église de ce côté. Une fois à hauteur du Chœur, nous tournerons alors le dos à l’église. Nous verrons alors face à nous, une rue qui remonte vers la place du Sablon : c’est la rue Stevens.

Nous sommes dos au choeur de l’église et sommes devant la rue stevens. Empruntons-la. Nous nous arrêterons quelques mètres plus haut à hauteur d’une place à côté courbe, la place Emile Vann de vèlde.

Nous voilà sur la place Vann de vèlde. Pourquoi s’arrêter ici ? Elle ne présente -de fait- pas beaucoup d’intérêt. Mais pour une fois, nous allons montrer du très laid et évoquer ce que vous auriez dû voir. Car, à notre droite, se trouve un grand bâtiment, moderne et laid, à la façade courbe. Il occupe l’emplacement exact de l’ancienne maison du peuple de Bruxelles, qui était une des œuvres principales de l’architecte Victor Horta, un magnifique exemple d’Art Nouveau. Elle fut détruite dans les années 1960, et ses ferronneries, abondantes, furent vendues …par un ferrailleur… et au Kilo qui plus est!
Eh oui, à cette époque, les pertes dans le domaine ont été énormes.

Ici s’achève notre découverte du quartier. Nous vous invitons à continuer à monter la rue Stevens jusqu’à la place du Sablon. Là, nous pourrons remonter en flânant sur le trottoir à notre droite. Les nombreuses vitrines d’antiquaires valent sans doute la peine d’être regardées. N’hésitez pas à entrer, même dans les cours intérieures ouvertes. Elles constituent parfois elles-mêmes des galeries d’antiquaires. Si les objets y sont généralement très chers, ce n’est pas moins d’agréables musées, changeant perpétuellement leurs vitrines. Lorsque vous serez arrivés tout en haut, vous retrouverez alors la rue de la Régence, et à droite le palais de Justice.


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