L’histoire du Quirinal

La colline du quirinal

L’histoire du Quirinal

Grandes avenues, hauts bâtiments… nous sommes ici au cœur d’un quartier largement développé au 19ème siècle. La place Barberini s’étend sur une pente du Quirinal, et monte donc légèrement, en s’élargissant progressivement dans sa partie haute. Dans la partie basse, se dresse une fontaine, la fontaine du Triton. Au milieu du Bassin, un triton, être mythologique mi-homme mi-poisson, est agenouillé dans un grand coquillage et souffle dans une grosse conque marine. Rendons-nous à côté de cette fontaine pour commencer notre parcours.

Nous sommes à côté de la fontaine du Triton, une œuvre importante du célèbre Bernin, grand artiste de la Rome du 17ème siècle. Là où nous sommes, nous faisons face à l’ensemble de la place, qui s’étend donc devant nous. Nous sommes dans un des centres de la ville au trafic des plus importants. Mais aussi, nous sommes dans l’un de ses plus anciens quartiers, quoi qu’en laissent penser les apparences actuelles.

La tradition veut qu’il tire son nom d’un ancien dieu du nom de Quirinus. C’était un dieu du peuple des Sabins, peuple voisin des premiers romains, et qui auraient ensuite été absorbés dans la ville de Rome sans cesse grandissante. Selon les traditions toujours, les Sabins étaient les premiers habitants de la colline. Les Latins eux, ancêtres des romains, occupaient d’autres collines, dont le Palatin et le Capitole.

Mais cette période est bien trop complexe pour tenter de démêler ici légendes et réalité. Retenons surtout que dans la Rome antique, la colline est largement construite. On y trouve de très belles domus, ou grandes maisons patriciennes, avec des jardins. Dans d’autres parties de la colline s’élèvent aussi des « insulae », ces grands immeubles à appartements, lieu d’habitation de la plupart des habitants de Rome, souvent modestes jusqu’à l’insalubrité. Par exemple, le fameux poète Martial, qui vivait à la fin du premier siècle, occupait un appartement sur le Quirinal. On sait qu’il était bien pauvre, et qu’il était venu d’Espagne, son pays d’origine, pour s’enrichir à Rome. On sait aussi qu’il retourna finir ses jours en Espagne, sans s’être enrichi comme il l’aurait voulu.
A part cela, il ne reste plus grand-chose de l’époque romaine si ce n’est bien sûr le fameux mur d’Aurélien, qui entoure la ville depuis la fin du 3ème siècle, et qui existe toujours dans sa quasi-intégralité. Il passe près d’ici- à 1 kilomètre environ-, ce qui est trop loin cependant pour l’intégrer à notre promenade.
Alors que se passe-t-il ensuite sur le Quirinal ? Et bien, au Moyen Age, la colline sera complètement désertée de ses habitants, l’essentiel de la population se concentrant dans le bas de la ville, au bord du Tibre, et plus particulièrement dans le quartier du Champ de Mars. Le port et les marchés s’y rassemblent. Les aqueducs étant détruits, l’eau y est aussi plus accessible alors qu’il aurait fallu descendre puis remonter l’eau à pieds sur le Quirinal. Le Quirinal se couvre alors de champs, de petits jardins et de vignes.
A la Renaissance, les grandes familles ou les prélats y font édifier des petits « casini », c’est-à-dire des petites villas de campagne. Cela nous montre bien le côté rural qu’a conservé la colline encore à cette époque. Et ce n’est vraiment qu’à la fin du 16ème siècle que la hausse démographique de Rome profite à la colline qui commence alors à se repeupler. Mais dans l’ensemble, on peut dire que ce quartier ne redevient partie intégrante de la ville qu’à l’époque baroque seulement, c’est-à-dire au 17ème siècle.
C’est surtout la politique des papes, qui font tracer des rues, construire des églises et des palais qui donneront l’impulsion décisive.

Un bel exemple de cet urbanisme florissant à l’époque baroque est le grand palais Barberini. Pour le situer, restons toujours à côté de la fontaine, et regardons vers le haut de la place, plutôt sur la droite. Nous voyons alors une aile de ce palais. C’est le très haut et long bâtiment longeant le haut de la place, sur la droite, légèrement en retrait. Le terrain fut acheté par la famille Barberini en 1625, juste après l’élection à la papauté de Maffeo Barberini, devenu pape sous le nom d’Urbain 8.
2 mots sur cette famille. Les Barberini sont une famille d’origine toscane. Leur nom vient de leur ville d’origine, Barberino. Installés à Rome, ils s’intègrent à cette société par la commande d’œuvres prestigieuses, dont le palais est un des éléments fondamentaux. C’est une véritable propagande à la gloire de la famille. D’ailleurs, le pape Urbain 8 continuera cette politique par un mécénat presque extravagant. Il sera le principal client du fameux Bernin, à qui il fera réaliser des travaux importants dans toute la ville.

Nous ne visiterons pas maintenant l’intérieur du palais Barberini, car notre objet ici est une promenade découverte du quartier. Mais ce palais est aujourd’hui un musée de peinture, la Galerie National d’Art. Ce très beau musée est un passage obligé dans la découverte de Rome, car il contient nombre d’œuvres de peintres célèbres, comme Filippo Lippi, Raphaël, le Titien, le Tintoret et de très beaux tableaux du Caravage. Mais tout cela mérite une visite à part entière. Nous n’y passerons pas maintenant, mais nous l’apercevrons dans un instant, plus haut sur la place.


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