La Fontaine du Triton

La colline du quirinal

La Fontaine du Triton

Plus proche de nous, à côté de nous en fait, un autre beau souvenir commandé par les Barberini est la fontaine du Triton. Observons-là un instant. Quatre dauphins supportent un grand coquillage. Un triton est assis au sommet, soufflant de l’eau dans une conque marine. Avançons un peu pour observer le triton de face. Nous voyons alors, juste entre deux dauphins, les armoiries de la famille Barberini, dont l’emblème est fait de trois abeilles. Pour un pape si féru d’œuvres architecturales, l’abeille, symbole de construction incessante, était l’emblème idéal. Au-dessus de ces armoiries, la tiare pontificale fait référence au pape Urbain 8. Cette fontaine fut réalisée en 1643 par le Bernin, figure majeure de l’art romain à cette époque, de la sculpture en particulier. Cette fontaine est considérée comme une de ses belles réussites.

C’est grâce au mécénat du pape Urbain 8 que Gianlorenzo Bernini, dit Le Bernin, eut l’occasion de réaliser les plus importantes de ses œuvres. Ce grand artiste contribua à donner à Rome son visage moderne, par des réalisations comme celles-ci par exemple. Travailleur infatigable, une chronique rapporte qu’à la fin de sa vie, il fut frappé de paralysie et perdit l’usage d’un bras. Il s’en serait moqué en disant qu’il était juste que ce bras et cette main se reposent un peu après tant de travail. La fontaine du triton est une belle réussite, car, de petite taille, elle est un bijou dans lequel l’artiste donne le meilleur de son art. Mouvement et souplesse des corps, souci du pittoresque dans le rendu des coquillages. Le tout animé par l’eau est débordant de vie. Beaucoup apprécient davantage les œuvres de ce genre que les grandes machineries théâtrales que Bernin réalisa pour Saint-Pierre, où sa sensibilité artistique se trouve écrasée par le gigantisme.
On pourrait se demander pourquoi une fontaine est-elle réalisée à la gloire d’une famille? Et bien tout simplement parce que, à l’époque, ouvrir une fontaine rendait plus facile la vie des habitants du quartier, des femmes en particulier. C’était donc un moyen efficace de se faire bien voir. Les gens s’y rendaient, y discutaient, et tout cela, aux pieds des armoiries de la famille, ou d’une inscription la mettant en valeur. C’est pourquoi les Barberini firent ériger dans le quartier une deuxième fontaine, la fontaine des abeilles, en forme de grand coquillage ouvert, au pied duquel se promènent les abeilles familiales.


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