L’intérieur de l’église Santa Maria della Concezzione

La colline du quirinal

L’intérieur de l’église Santa Maria della Concezzione

Et cela vaut certes la peine d’y pénétrer et de s’y promener. Montons les escaliers et pénétrons dans la nef.

Lorsque nous entrons, la nef de l’église s’étend en longueur devant nous. Tout le long, sur les deux côtés, s’ouvrent des chapelles secondaires. Dans ces chapelles, se trouvent de nombreuses œuvres, et nous voudrions ici en mentionner deux.
Tout d’abord, sur notre droite en entrant, dans la première chapelle, se trouve un tableau de Guido Reni.

Il représente l’archange saint-michel terrassant le démon et l’enchaînant. Le grand archange, au manteau rouge, piétine le diable, écrasé dans le feu et la pierre. Guido Reni fut un élève des frères Carrache, figures majeures de la peinture romaine au début du 17ème siècle. Les Carrache étaient à la recherche de classicisme, voulant créer une peinture sage et équilibrée, où l’homme trouve sa place dans un univers naturel harmonieux. Leurs élèves suivent cet idéal pendant tout le 17ème siècle. Mais ici, nous voyons que Guido Reni recherche aussi un contraste très marqué des couleurs, donnant aux formes et aux volumes une vivacité presque agressive. Cela se voit dans le manteau rouge de l’ange, ou dans la musculature du diable. Reni a retenu ici les leçons de la peinture du Nord de l’Italie, et plus particulièrement de celle du célèbre Caravage, qui aimait à donner des images très tranchées dans leur lumière et leur couleur. La combinaison de l’influence classique romaine des Carrache, et d’une ouverture aux courants plus modernes fait de Guido Reni un grand représentant de la peinture à cette époque, et un artiste faisant le pont entre l’équilibre classique et la violence baroque.

Ensuite, dans la troisième chapelle, toujours du côté droit, se trouve un beau tableau représentant saint François d’Assise recevant les stigmates.

Ce tableau a été peint par le Dominiquin, un autre élève des Carrache et peintre emblématique de la Rome du 17ème siècle. Domenico Zampieri de son vrai nom, dit le Dominicain, était originaire de Bologne, et donc formé à une école très classique, comme le voulait le goût artistique de cette région. Cependant, passé par l’école des frères Carrache, il en sera influencé et deviendra plus sensible aux choses et aux sentiments. Dans ce tableau-ci, tout en respectant l’équilibre des scènes classiques, l’artiste rend bien ici le pathétique et la souffrance du saint recevant du ciel les stigmates, reproductions des plaies du Christ sur la croix.
Continuez de découvrir l’église à votre guise avant de ressortir. Nous vous attendrons devant la porte.


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