L’église St Charles aux 4 Fontaines

La colline du quirinal

L’église St Charles aux 4 Fontaines

Nous allons maintenant sortir de l’église et regagner la rue du 20 Septembre. En sortant de l’église, nous prendrons cette rue en partant vers la droite. Nous marcherons alors tout droit pendant environ 500 mètres, jusqu’au croisement avec la Via delle Quattro Fontane, la rue des quatre fontaines.

Nous sommes donc au croisement avec la via delle Quattro Fontane. Quatre petites fontaines occupent les angles du croisement. Tout droit face à nous, la rue du 20 Septembre continue, mais elle change de nom. Elle devient la Via del Quirinale. Traversons donc la « rue des quatre fontaines » pour nous engager dans la « Via del Quirinale », mais arrêtons nous juste à l’entrée de celle-ci. Sur notre droite s’élève la façade d’une église : Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines. Cette église et celle que nous découvrirons un peu plus loin, Saint-André-du-Quirinal, sont deux tout grands chefs d’œuvre de l’architecture baroque romaine. Il sera très intéressant de les visiter l’une à la suite de l’autre, car chacune est l’œuvre d’une des deux principales figures de l’architecture à Rome au 17ème siècle : Borromini et Le Bernin. Ces deux personnages étaient aussi de grands rivaux. Et nous pourrons comparer les choix de construction que chacun a fait pour son bâtiment.
Commençons par Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines, construite par Francesco Borromini. Pour observer sa façade, plaçons-nous sur le trottoir en face de l’église.

Cette église fut commandée en 1634 à Borromini, encore jeune à l’époque. La commande, qui comprenait aussi la construction d’un couvent et d’un cloître adjacent, était destinée à l’ordre des Trinitaires déchaussés espagnols. Observons l’étroitesse de la façade. A l’époque, les deux rues bordant l’église étaient déjà tracées, et Borromini fut confronté à un sérieux problème d’exiguïté de l’espace. C’est ici, nous allons le voir, que va se manifester son génie d’architecte. Il créa un si petit édifice que, dit-on souvent, il pourrait tenir dans un seul pilier de la basilique Saint-Pierre !

Alors, admirons le premier tour de passe-passe de l’artiste Borromini: la façade. Déjà, on le ressent tout de suite : malgré son étroitesse, cette façade dégage une impression de monumentale. La façade est bel et bien divisée en deux étages horizontaux, séparés par une énorme corniche. Pourtant, la verticalité y est aussi très accentuée. Cela est dû non seulement à son étroitesse, mais aussi à la corniche supérieure, marquée au centre par un grand médaillon ovale tenu par deux anges. Ce médaillon rompt l’horizontalité de la corniche, lui donne un élan vers le haut.

Un autre élément est remarquable. Borromini n’a pas conçu sa façade sur un plan rectiligne. Elle est formée d’un jeu de lignes convexes et concaves. En bas, le centre de la façade, c’est-à-dire la porte, est convexe, alors que les côtés latéraux sont concaves. A l’étage, c’est l’inverse : concave au centre et convexe sur les côtés. Voyez donc le pas qui a été franchi, depuis les deux façades de Maderno, découvertes il y a quelques instants.
Ainsi, nous avons une façade à la verticalité très marquée, mais où la courbe et la contre-courbe donnent de l’ampleur en horizontalité. C’est à nouveau un bel exemple d’artifice baroque, jouant sur la tension entre deux directions opposées. Par ses courbures, Borromini donne aussi à la façade une ampleur qu’elle n’a pas en réalité.


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