L’église St André du Quirinal

La colline du quirinal

L’église St André du Quirinal

Quittons maintenant l’église et ressortons dans la Via del Quirinale, que nous reprenons tout de suite à gauche en sortant. Nous avançons en restant sur le même trottoir. 150 mètres plus loin s’ouvre, à notre gauche, le portail à colonnes de l’église Saint-André du Quirinal. Là, nous montons l’escalier et pénétrons directement dans l’église.

Il vécut de 1598 à 1680. C’était LE grand rival de Borromini dans la Rome baroque, et c’était un génie polyvalent. Il était architecte, urbaniste, sculpteur, peintre, et même auteur de théâtre, bien que ses textes aient disparu aujourd’hui. Cette église devait servir au noviciat de l’ordre des Jésuites et c’est toujours sa fonction aujourd’hui. Elle fut achevée en 1659. Elle restera toujours la préférée du Bernin. Âgé, il venait souvent s’y asseoir quelques instants en fin de journée.
Ce qui frappe au premier abord, c’est la grande richesse dans les couleurs des marbres. Mais surtout, regardons bien la forme de l’église. Ici aussi, l’architecte a utilisé l’ellipse comme base de son plan. Mais, étrangement, pas en longueur, comme Borromini l’a fait. Ici, l’ellipse est placée en largeur, par rapport à l’entrée. Ainsi, l’axe porte-autel, qui est l’axe principal habituel d’une église, est en réalité ici le petit axe de l’ellipse, alors que le grand axe de l’ellipse correspond à la largeur du bâtiment. Notre œil est donc tiraillé entre deux axes opposés, pris dans un double appel, à la fois en longueur par la géométrie de l’ellipse, et en largeur, par l’axe porte-autel. Cela donne une étonnante dynamique à notre manière de regarder cet espace. Et là encore, c’est une tension typiquement baroque. Le Bernin utilisera aussi cet étrange plan baroque pour sa conception de la place Saint-Pierre, au Vatican, mais sur une échelle bien plus vaste, entre 1656 et 1667. C’est-à-dire à peu près à la même époque que l’église Saint-André.

Levons les yeux pour observer la coupole. Bien que moins spectaculaire que celles de Saint-Charles-aux-qautre-fontaines, sa conception est aussi intéressante. C’est par là que l’édifice est éclairé. Au sommet de la coupole, il y a bien sûr un lanternon, petite tourelle vitrée laissant entrer la lumière. Mais des fenêtres sont aussi ménagées entre les nervures, à la base de la coupole. Ainsi, toute la lumière est concentrée au centre de l’église, mais laisse les chapelles des murs dans l’ombre. Seule la niche contenant l’autel est éclairée par une petite tour-lanterne. Cette tourelle vitrée-ce projecteur en quelque sorte n’est pas visible depuis la nef, mais sa lumière l’est qui éclaire l’autel. Cela renforce l’impression de gloire, de divin. Tout cela forme un beau jeu de clair-obscur d’un effet également typiquement baroque. Comme nous vous le disions avec Borromini, avec le baroque, les maîtres mots sont décidément bien « mouvement » et « illusion ».

Avant de quitter l’église, lorsque nous faisons face au maître-autel, remarquez une porte du côté droit. Cette porte conduit au couloir d’entrée du noviciat des Jésuites. En vous adressant au comptoir qui se trouve dans ce couloir, vous pourrez accéder à une chambre du premier étage renfermant une bien curieuse statue en marbres colorés, représentant saint Stanislas Kotska. C’est ce que nous vous invitons à faire.

Nous sommes ici dans la reconstitution de la chambre occupée par le jeune Stanislas Kotska lors de son noviciat chez les jésuites. Stanislas Kotska vécut au 16ème siècle. Il est mort à 18 ans. C’était le fils d’un noble polonais, et il passa son adolescence à tenter de rentrer chez les jésuites. Finalement, déguisé en pèlerin, il fut recueilli par l’ordre et pu entrer ici au noviciat. Il eut d’après ses biographes plusieurs visions de la Vierge, et était considéré comme un saint par ses maîtres jésuites.
La chambre est aujourd’hui transformée en chapelle. Admirons surtout la magnifique statue illusionniste, représentant le saint sur son lit de mort. Cette œuvre, faite d’une multitude de petits morceaux de marbres colorés, est encore un bel exemple d’illusionnisme baroque. Elle fut réalisée en 1703 par le sculpteur français Pierre Legros le jeune. Ce sculpteur, qui s’était fixé à Rome, était le fils d’un autre Pierre Legros, plus célèbre en France, car il travailla pour Louis 14 à Versailles. Pierre Legros le jeune a laissé différentes œuvres à Rome. Celle que nous voyons ici, et la statue en métal de saint Ignace à l’église du Gesù sont les plus importantes.


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