La Fontaine de Trevi

La colline du quirinal

La Fontaine de Trevi

Descendons maintenant le grand escalier qui longe le palais du Quirinal, à droite de la place donc, lorsque nous faisons face à la grande vue sur la ville.

Au bas de l’escalier, nous nous trouvons dans la Via della Dataria. Nous descendons cette rue sur 200 mètres environ, jusqu’à ce que débouche, à notre droite, la Via San Vincenzo.

Nous arrivons sur la via San Vincenzo que nous prenons pour déboucher, à deux pas d’ici, sur une place pratiquement entièrement occupée par la fameuse fontaine de Trevi.

Nous voici face à un des plus célèbres monuments de Rome et une de ses plus extraordinaires fontaines : la fontaine de Trevi. C’est une grandiose mise en scène réalisée au milieu du 18ème siècle, mais encore tout à fait d’esprit baroque. Elle fut réalisée par l’architecte romain Niccolo Salvi, dont elle est l’œuvre majeure.
Si le monument ne remonte qu’au 18ème siècle, l’eau arrivait cependant ici dès l’Antiquité. En 19 avant Jésus Christ, Agrippa, gendre de l’empereur Auguste, avait fait construire un aqueduc pour alimenter ses thermes, qui se trouvaient non loin d’ici. Cet aqueduc était appelé « Virgo », « vierge », ou « petite fille. » Il y a en effet une légende à son sujet. Agrippa avait envoyé des soldats prospecter, afin de trouver une source. Ils rencontrèrent une jeune paysanne, qui leur montra un endroit marécageux. En creusant, les soldats découvrirent alors plusieurs sources.
Dès l’Antiquité donc, il y avait ici une fontaine, disparue au Moyen Age. Mais dès la fin du Moyen Age, les papes commencèrent à mener une politique visant à restaurer la ville et lui rendre sa splendeur. Un des travaux importants fut de remettre en état les anciens aqueducs, pour mieux alimenter la ville en eau. Aussi, dès ce moment, une fontaine fut réédifiée ici. Cette fontaine était d’une simplicité qui manifestement ne convenait plus aux gens du 16ème et du 17ème siècle. A ces époques, les projets se multiplièrent pour la décorer, ce qui montre bien l’importance des fontaines, et l’imaginaire qui se développait autour. Mais ce n’est finalement qu’au 18ème siècle que l’œuvre sera réalisée.

La scénographie est impressionnante. Dans la grande niche du centre, Neptune, dieu de la mer, domine des chevaux marins, guidés par des tritons, sortes de sirènes au masculin. Notons donc que ce qui est représenté ici, ce n’est pas l’eau douce de la fontaine, mais la puissance des océans. C’est la nature sauvage, manifestée aussi par les rochers, sur lesquels l’eau se répand en innombrables cascades.
Dans les niches latérales se dressent, beaucoup plus sages, deux statues de femmes. A gauche, c’est une allégorie de l’Abondance, avec sa corne emplie de fleurs et de fruits, et à droite une image de la salubrité, tenant en main la lance qui défend contre les maux. Là encore, le message est très direct : l’abondance, d’eau bien sûr, et la salubrité, grâce à l’eau, sont des bienfaits de l’administration pontificale qui n’hésite pas à dire très clairement la valeur des cadeaux qu’elle apporte. Au dessus de l’Abondance, un relief représente la jeune vierge indiquant la source aux hommes d’Agrippa.

Au-dessus des colonnes, une série de statues fut ajoutée ultérieurement. Il s’agit des quatre saisons. Cet ajout tend à « universaliser » la fontaine, ou si l’on veut, à montrer que les bienfaits du pape s’étendent sur le cycle complet de l’année.

Petite anecdote : la tradition veut que le visiteur jette par-dessus son épaule une pièce dans la fontaine. Il est ainsi assuré de revenir dans la ville éternelle.

Tournons maintenant le dos à la fontaine, et partons vers la droite. Au bout de la place, nous rencontrons la Via delle Murate. Etendue sur environ 200 mètres, cette rue nous mènera jusqu’au Corso, la grande artère commerçante de Rome. De là, nous regagnerons facilement n’importe quel point de la ville. Ainsi s’achève notre découverte du Quirinal.


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