L’hôtel de ville

La grande-place et ses alentours

L’hôtel de ville

Revenons maintenant à la Grand-place et à son aspect actuel. Elle changera beaucoup au cours du Moyen Âge. Actuellement, les éléments les plus anciens remontent au 15e siècle. Le plus important, c’est l’hôtel de ville, que nous allons maintenant observer. De là où nous sommes : que voyons-nous ?. Nous pouvons voir qu’il est formé de deux ailes, séparées au milieu par la grande flèche gothique, qui est le beffroi de la ville.

L’Hôtel de Ville est un des plus beaux et des plus grands monuments d’architecture civile de la fin du Moyen Age. Il a toujours été très admiré par les voyageurs, notamment par le grand peintre allemand du 16ème siècle, Albrecht Dürer, qui en parle dans ses carnets de voyage. Sa construction a été décidée vers 1400. Les travaux débutèrent par l’aile gauche, en 1402. Avec ses 11 arcades à la base, elle a un plan en forme de « L », dont le petit côté longe la rue latérale. Un peu plus tard fut ajoutée, à droite de l’aile, la tour, ou du moins une tour, car ce n’était pas encore celle que nous voyons aujourd’hui.

Très vite, cette première construction s’est révélée trop étroite. En 1444, la première pierre de l’aile droite est donc posée. C’est le petit comte de Charolais qui accomplit cette cérémonie. Il avait alors 11 ans. Devenu adulte, il sera mieux connu sous le nom de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Pourquoi lui ? N’oublions pas qu’au 15e siècle, le duché de Bourgogne était un des « pays » les plus puissants d’Europe, et que les Ducs possédaient tous les Pays-Bas et la Belgique actuelle. La richesse de ces régions faisait d’ailleurs qu’ils y résidaient plus souvent qu’à Dijon, préférant leurs palais de Gand, Bruges, Bruxelles ou Lille. Donc, c’est le fils de Philippe le Bon, Charles le Téméraire, encore enfant, qui posa la première pierre. Un grand tournoi fut aussi donné sur la place pour fêter l’événement.

Cette aile de droite est plus courte que celle de gauche. Elle ne possède que 6 arcades à la base. De même, au premier étage, elle présente des fenêtres à arcs gothiques, c’est-à-dire à sommet pointu, alors que l’aile de gauche avait des fenêtres simplement rectangulaires. Ainsi, sous une apparente unité, le bâtiment est asymétrique. Pourquoi ? Cela est dû au fait que les travaux ont duré de longues années, et que l’architecte n’était pas le même pour les deux parties. Certains y voient aussi des raisons symboliques. Sachez qu’il existe toute une lecture « alchimique » très complexe de la Grand-place de Bruxelles. Nous n’entrerons pas ici dans les méandres de ce monde magique, mais si cela vous intéresse, le spécialiste de ce type de lecture est l’auteur belge Paul de Saint-Hilaire. Vous trouverez facilement ses ouvrages de vulgarisation dans les bouquineries du centre-ville.

Revenons maintenant à la tour. Nous avons vu qu’une première tour avait été construite vers 1405. Après la construction de l’aile droite, une nouvelle tour a été édifiée, plus haute que la première. Son architecte était célèbre à l’époque. Il s’agit de Jean vane Reuisbrouck. Au sommet de la tour, vous pouvez apercevoir la statue de l’archange saint Michel, patron de la ville de Bruxelles, en train de terrasser le démon. Elle fait 5 mètres de haut. Ce n’est plus la statue originale du 15e siècle. Celle-ci a été descendue en 1896, et installée au musée communal, dans la maison dite « du roi ». Celle que nous voyons est une copie.

Quand nous regardons l’Hôtel de Ville, ce que nous voyons est un édifice qui a subi de grandes restaurations au 19e siècle. Par exemple, toutes les statues qui couvrent la façade, abritées sous des dais, datent du 19e siècle. Il semble qu’il n’y en ait jamais eu avant. De même, si nous regardons l’aile de gauche, nous pouvons voir, sous les arcades, l’escalier d’accès aux bureaux de la commune. On l’appelle l’« escalier des lions », à cause des deux lions qui occupent la base de ses rampes. Eh bien, cet escalier aussi est du 19e siècle. Il est dû à Victor Jamaar, un grand admirateur de l’architecte néo-médiéval français Viollet-le-Duc.


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