Le décor sculpté de l’hôtel de ville

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La grande-place et ses alentours

Le décor sculpté de l’hôtel de ville

Traversons la place pour nous approcher de la porte centrale de l’Hôtel de Ville, au pied de la tour.

Vous y êtes ? Observons alors le tympan de la porte, c'est-à-dire la partie sculptée au dessus des deux battants. Nous y voyons des sculptures représentant les saints patrons des grandes compagnies militaires de la ville. Ces compagnies ou guildes militaires étaient en quelque sorte des gardes civiques constituées par les bourgeois de la ville. Il était socialement important d’y occuper une place, voire d’y avoir un grade ou une distinction. Chacune de ces compagnies défile lors des grandes occasions, des fêtes profanes ou religieuses de la ville. Elles sont tellement liées à la vie sociale et au statut des riches bruxellois que leur simple évocation symbolise la classe dirigeante de la ville. Ainsi, au centre du portail, se trouve saint Géry, fondateur de l’église bruxelloise. Autour de lui, nous voyons de gauche à droite, saint Michel, patron des escrimeurs, saint Georges, patron des arbalétriers, saint Christophe pour les arquebusiers et saint Sébastien pour la confrérie des archers. Religion et pouvoir militaire des bourgeois sont donc rassemblés ici.

Regardons maintenant les montants gauche et droit des portes : s’y trouvent des statues représentant des saints et des prophètes. Ce sont des copies du 19e siècle, les originaux ayant été déposés au musée communal. Il semble que les œuvres originales soient dues au ciseau du célèbre Claus Slutter, qui fit un séjour à Bruxelles dans les années 1370. Il était sans doute de passage entre sa Hollande natale et la Bourgogne, où le duc de Bourgogne l’appela pour sculpter son tombeau. A Dijon, on peut notamment encore voir le fameux « puits de Moïse », fontaine monumentale que Slutter sculpta pour la chartreuse de Champmol.

Nous vous invitons à passer le grand portail et à entrer dans la cour intérieure. Vous serez alors dans un quadrilatère formé de façades construites au 18e siècle, pour agrandir l’espace de cet hôtel de ville. Jetez-y un œil puis revenez ensuite où nous sommes en ce moment pour continuer la promenade.

Vous voilà revenus ? Bien. Regardons vers le portail de la tour. A droite de celle-ci se trouve bien sûr…l’aile droite de l’Hôtel de Ville. Allons jusqu’à la première colonne de cette aile, et levons les yeux pour regarder son décor sculpté.

Nous constatons que le sommet des colonnes est décoré de chapiteaux sculptés. Là aussi, les originaux, très abîmés, sont visibles au musée communal. Ici, ce sont à nouveau des copies assez fidèles du 19e siècle. Ils sont intéressants, car ils présentent des sujets très pittoresques, parfois assez étranges même. Par exemple, levons les yeux sur cette première colonne : on y voit des personnages qui font des tas de tabourets avec une pelle. Elle rappelle le nom donné à une ancienne maison qui occupait cet endroit : « de scupstoul », « la pelle et les chaises », appellation curieuse à l’origine mystérieuse.

Sur la deuxième colonne, on voit des moines en train de boire. Enfin, sur la dernière, un personnage vêtu à l’orientale est entouré de femmes. Ces décors évoquent aussi d’anciennes maisons qui occupaient l’emplacement de l’Hôtel de Ville avant sa construction. Les moines buveurs rappellent la présence d’une taverne, alors que l’arabe dans son harem évoque l’existence ancienne d’une maison close. N’oublions pas que si la Grand-place est aujourd’hui un lieu de tourisme et de commerces luxueux, elle était autrefois, et jusqu’au milieu du 20e siècle, un lieu très populaire de Bruxelles.


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