L’église Saint-Nicolas

La grande-place et ses alentours

L’église Saint-Nicolas

Maintenant, allez devant l’église un peu plus bas dans la rue, au croisement avec la petite rue au beurre, qui débouche à droite.

Au croisement de la petite rue au beurre, tournons le dos à la Grand-place, et face à nous, nous apercevons le mur latéral de l’église Saint-Nicolas, à moitié caché derrière des petites habitations, comme c’était toujours le cas dans les anciennes villes. Regardons un peu à gauche de l’église. Nous voyons alors un très grand bâtiment en pierres blanches. C’est l’arrière de la bourse de Bruxelles, construite au début des années 1870. Nous y reviendrons dans un instant. D’abord un mot sur l’église Saint-Nicolas. Allons devant sa façade.

La façade de l’église est moderne. Elle a été reconstruite dans les années 1950 seulement. En revanche, l’intérieur est ancien. Toutefois, nous devons signaler que l’église est malheureusement fermée pour restauration au moins jusqu’au printemps 2006. Mais écoutons son histoire.

On ne connaît pas très bien l’origine de l’église. Sa dédicace à saint Nicolas, entre autres patrons des marchands, révèle sans doute son lien profond avec le marché originel de Bruxelles et l’ancienneté de sa fondation. Dans son état actuel, l’église date du 14e siècle. Elle possédait autrefois une grande tour à l’entrée, qui s’écroula en 1715. Puisqu’il ne nous est pas possible d’entrer maintenant, continuons notre chemin en longeant la bourse par la droite, par la rue de la Bourse.
Allons jusqu’au numéro 20, à notre droite, où se trouve un café assez connu, le Cirio.

Nous sommes ici à proximité des boulevards du centre, que nous allons découvrir dans un instant. C’était, au 19e siècle, un haut lieu du commerce de luxe et des cafés à la mode. Le Cirio date de 1886.

Jetons un coup d’œil à l’intérieur. Son décor très riche est assez éclectique, couvert de dorures. Le Cirio était un établissement de luxe, spécialisé à l’origine dans les vins italiens. C’était typiquement un lieu de détente où, dans une atmosphère calme, loin des jeux bruyants des cafés plus populaires, la haute société peut déguster des boissons de luxe, dans le confort d’un intérieur très enveloppant. Il y avait, au 19e siècle, de nombreux cafés de ce genre dans ce quartier. De l’autre côté de la bourse, il en existe encore un autre, plus influencé par l’art nouveau, le style 1900, dans son décor : le Falstaff.
Maintenant, ressortons.

Continuons à longer la bourse, en restant sur le même trottoir.
Un peu plus loin à notre gauche, nous trouverons un petit édifice de verre, dans lequel nous pourrons observer des fouilles archéologiques. Ce sont les restes du vieux port de Bruxelles. Ces fouilles sont visitables, accompagnés d’un guide de la ville de Bruxelles. Pour cela, mieux vaut se renseigner à l’office du tourisme de la ville, sur la Grand-place.

Mais continuons encore quelques mètres. Nous arrivons alors sur un large boulevard, le Boulevard Anspach (prononcez Anspak). Nous le traverserons pour aller nous placer sur le trottoir face à la bourse, et observer ainsi sa façade.

Alors nous voilà sur les boulevards du centre, grands boulevards construits vers 1865, sur le parcours exact de la Senne, qui continue à couler sous nos pieds, soigneusement canalisés. Comme nous l’avons signalé au début de notre tour, la Senne était une rivière capricieuse, parfois presque à sec, parfois débordant. Au 19e siècle, elle était aussi le réceptacle de presque tous les égouts de la ville, et c’est par souci d’hygiène qu’elle fut enterrée. Une épidémie de choléra a d’ailleurs décimé la population de Bruxelles en 1866, et cet événement a encore renforcé le désir de la ville de se débarrasser de cette désagréable rivière.

Si nous regardons à droite, le boulevard s’en va à perte de vue, en direction de la gare du Midi. A gauche, il va vers la place de Brouckère, célèbre par la chanson de Jacques Brel, « C’était au temps où Bruxelles chantait ». Au-delà, il continue jusqu’à la gare du Nord. Donc, en fait, cet immense boulevard relie les deux grandes gares de Bruxelles. Tous les voyageurs étrangers passant de l’une à l’autre devaient traverser la ville, et ce boulevard fut pensé comme une véritable vitrine du luxe et du commerce belges. Et un bâtiment comme la bourse y trouve aussi tout à fait sa place, symbole qu’il est de la prospérité économique du pays. Aussi, son architecture, édifiée en 1873, fait-elle l’objet d’un soin très particulier. Observons sa façade.

Sa façade est précédée d’un escalier. Elle est constituée d’une colonnade, surmontée d’un fronton triangulaire. Un temple en quelque sorte. Un temple de la finance ! Dans l’ensemble, le style du bâtiment est très classique, influencé essentiellement par la Renaissance italienne. Témoins : les vocabulaires très antiques du décor : colonnes, fronton, sculptures en bas-relief. Parlons des reliefs justement, sur le grand fronton.

Regardez au centre : s’y tient une femme, qui représente la Belgique, entre deux figures allégoriques évoquant l’Industrie et la Navigation. C’est là un bel exemple de cette tendance du 19e siècle à toujours évoquer les grandes idées par des allégories dont la pompe nous amuse un peu aujourd’hui. Notons encore la belle décoration de guirlandes végétales sur les grandes frises qui surmontent les murs. Ces sculptures sont le fruit de la collaboration de nombreux sculpteurs. Parmi ceux-ci, il y a eu un moment le fameux sculpteur français Albert-Ernest Carrier-Belleuse, qui dirigea les travaux de sculpture de la bourse pendant un an. Mais en fait, il fut éclipsé par la suite par l’un de ses brillants élèves, qui contribua aussi à certaines parties du décor, sans qu’on puisse dire exactement lesquelles : il s’agit d’Auguste Rodin. Notons qu’à l’intérieur du bâtiment se trouve une grande statue féminine de Rodin, malheureusement invisible pour le simple visiteur.

Nous allons maintenant revenir sur nos pas, c’est-à-dire retraverser le boulevard et reprendre la rue en direction de l’église Saint-Nicolas. Nous vous attendons au coin de cette rue, un peu après le café Cirio.

Au lieu de reprendre la rue du marché au beurre, nous allons prendre à gauche, la rue de Tabora, pour contourner l’église Saint-Nicolas, et nous arrêter face au numéro 11 de cette rue.


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