La mosquée Gurgi

La medina de tripoli

La mosquée Gurgi

Quand on sort de l’hôtel, juste à 5m à notre gauche se trouve une des plus belles mosquées de la médina. Il s’agit de la mosquée Gurgi. D’ici, vous pouvez d’ailleurs voir son minaret. Il est le plus haut de la ville et puis regardez le bien, il porte 2 balcons, ce qui est caractéristique de l’art ottoman. Et maintenant, allez sur votre gauche et entrez sous cet arc mauresque de marbre blanc, cerné de bandeaux de céramique. Puis déposez vos chaussures et retrouvons-nous dans la salle de prière.

Nous voici dans la salle de prière. Cette mosquée date des années 1830, et est la plus belle de la ville. Elle est postérieure d’1 siècle à la mosquée des Caramanli, une des mosquées majeures de la médina dont elle s’inspire, et que nous verrons tout à l’heure. Ici, il s’agit d’un complexe cultuel, dont l’espace principal est la salle de prières. Mais à gauche de l’entrée, il y a aussi une medersa, c'est-à-dire un collège religieux. Elle n’est pas visible, mais se trouve derrière un des murs de la salle de prières. La beauté de cette mosquée vient essentiellement de son décor. Regardez les murs et notez comme ils sont couverts d’une très belle série de plaques de majolique, cette faïence aux tons colorés et vifs. Approchez de ces carreaux. Vous pouvez voir que les motifs sont géométriques et floraux, avec une prépondérance d’œillets stylisés. Ce type de motif est habituel dans les lieux de culte, où toute image humaine est exclue.
Au dessus des carreaux, vous pouvez admirer la décoration de stuc. Ce matériau est composé pour l’essentiel de poussière de marbre et de colle. Il est donc très peu cher et très facile à travailler. En effet, le stuc peut être étalé sur les murs, moulé ou sculpté ; il est alors utilisé à la place du marbre en chapiteau. Ici le décor est ajouré et très élégant.
Regardons au centre : 9 colonnes de marbre supportent des arcs en plein cintre, c'est-à-dire à forme de demi-tonneau. Portez votre regard vers le plafond à présent. On voit des petites coupoles de diamètre identique. Ce type de couverture n’existe qu’en Libye. Certaines d’entre elles sont surélevées : au dessus des endroits particuliers que l’on veut souligner. Nous les verrons dans un instant. Par ailleurs, quand on entre, regardez à droite. On voit une tribune, qu’on appelle la seddah. Regardez de près le décor peint et polychrome. C’est à cet endroit magnifié, que prenait place pour la grande prière du vendredi, le fondateur de cette mosquée Mustafa Iusef Gurgi. Gurgi veut dire «le georgien ». Il était un riche commerçant qui devint ministre de la marine. Rendez vous à présent en face de cette tribune, vers le mur opposé. Tout en vous déplaçant, portez votre attention sur le décor des majoliques. Notez la profusion des motifs et cette horreur du vide, caractéristique de l’art musulman.

A ce mur sont associés 2 éléments essentiels du culte musulman. Ce mur est celui de la qibla, ce qui veut dire «la direction», sous entendu la direction de la Mecque, la 1ère des villes saintes de l’islam, là où est né le prophète Mohamed. Dans ce mur, nous voyons une petite niche en forme d’abside : c’est le mihrab, toujours inscrit dans la qibla, qui matérialise la direction vers laquelle les fidèles prient. C’est le Saint des Saints où est déposé le coran, le livre saint des musulmans.

A côté de ce mur, il y a le second élément : c’est le minbar. C’est cette chaire que vous voyez à droite du Minbar. Elle assure la fonction du tronc de palmier sur lequel le prophète s’adressait à ses fidèles. Aujourd’hui, c’est l’imam qui y monte. Dans le monde sunnite, l’imam est celui qui dirige la prière. Et presque tout le monde peut le faire. Dans le monde chiite, il est en outre le chef de la communauté religieuse et est soumis à une stricte série d’examens théologiques qu’il franchit après de longues études. De cette chaire, l’imam prononce la kutba, le prêche qui précède la grande prière collective de midi le vendredi, qui est le jour saint de la semaine musulmane. Cette prière du vendredi midi est obligatoire pour les hommes pubères et est la plus importante des 5 prières quotidiennes. Ce chiffre 5 est aussi celui des 5 piliers de L’islam, c'est-à-dire des 5 devoirs du croyant. Ce sont la shahada, ou profession de foi ; puis le jeune du Ramadan. Puis le Hajj qui est le grand pèlerinage à la Mecque. Ce pèlerinage est obligatoire au moins une fois dans sa vie, pour tout musulman qui en a les moyens physiques et financiers. Puis il y a les 5 prières et enfin l’aumône. Portez maintenant votre regard sur la partie haute des murs. A l’étage, se situe une galerie réservée à la prière des femmes. Pourquoi sont elles séparées des hommes ? Et bien parce que la prière des musulmans réclame plusieurs prosternations, et la séparation est donc une mesure de décence.


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