Le château

La medina de tripoli

Le château

Nous avons déjà évoqué la fondation de Tripoli en tant que halte des Phéniciens, l’établissement d’un comptoir par les Carthaginois, son époque romaine, celle de l’occupation byzantine et la conquête arabe. Et en fait ce château, qui développe des façades de 115 à 140 m de longueur, résume toute l’histoire de la ville, car il a toujours été le lieu de résidence du pouvoir en place.
Construit sur des thermes romains à l’époque où la cité s’appelle Oéa, il est la forteresse byzantine, puis passe tour à tour aux Arabes qui la consolident, aux Espagnols qui la restaurent, puis aux chevaliers de l’ordre de malte, aux pachas ottomans et enfin même aux gouverneurs italiens. Cette citadelle est connue à l’époque turque sous le nom de sérail rouge, en raison de l’enduit ocre dont elle était revêtue. Durant des siècles, la construction, édifiée sur le port, a résisté aux assauts de la mer, et ceci parce qu’elle fut construite sur une butte, entourée de fossés qui l’isolaient complètement de la ville. Son allure extérieure date du 16e siècle. A cette époque, de 1510 à 1551, l’importance stratégique et commerciale de Tripoli apparaît clairement aussi bien aux ottomans qu’à l’Espagne. Ferdinand d’Aragon est bien décidé d’interdire aux turcs l’accès à la méditerranée occidentale. En 1510, son chef de guerre, Pedro de Navarra, à la tête de 50 galères et de 15 000 hommes se rend maître de tripoli. Les Espagnols se retrouvent enfermés dans le château, dans une ville dépeuplée, parce que saccagée, face à un arrière pays hostile et sous la menace de la flotte turque depuis que les ottomans se sont emparés de la Syrie et de l’Égypte en 1517. Charles Quint renonce alors à assurer la défense d’une place faible et choisit en 1531, d’en charger les Chevaliers de saint jean de Jérusalem. Cet ordre avait été chassé de Rhodes en 1522 par Soliman le magnifique. Il errait depuis en méditerranée à la recherche d’une base nouvelle pour emplir sa mission de défense des chrétiens contre les infidèles. C’est alors que Charles Quint leur donne malte à condition qu’ils se chargent également de garder Tripoli. Ils en relèveront les murailles …jusqu’à ce qu’ils soient chassés par le pirate Draghut En 1551, la ville est conquise par les Turcs donc, et Tripoli devient un important centre de piraterie et de trafiquants d’esclaves, qui rançonnera les navires jusqu’au début du 19e. Les turcs réaménagent la citadelle, la kelaa, pour en faire une petite ville autonome, avec son fossé, ses murailles, et sa porte unique. A l’intérieur, il y a un palais avec ses salles réception, accessible par des cours à différents niveaux. Elles sont bordées par des portiques et par des jardins agrémentés de fontaines. Mais il y a aussi les espaces dévolus au culte avec sa mosquée, et aux fonctions militaires et autoritaires que sont ceux de ses bâtiments de casernement et de prison. Ce château connaît sa véritable splendeur sous le règne des caramanli au 18e siècle. Ils en feront leur principale demeure et embelliront son intérieur. Cet ensemble aujourd’hui ne se visite pas. On peut seulement en apercevoir quelques parties lors de la visite du musée archéologique. Lorsqu’il revient aux turcs en 1835, il se dégrade peu à peu, servant de résidence aux gouverneurs, puis devenant caserne. Les Italiens le restaureront, et y placeront, dans une partie, le musée archéologique des sites qu’ils ont restaurés. Son portail d’honneur qui donne sur la place, date de 1922. Le musée a été modernisé par le colonel qadafhi en 1988. Le reste du bâtiment abrite l’administration générale des antiquités libyennes depuis 1952.


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