Fédor Dostoïevski 

La place du palais et la 1ere partie de la perspective nevski: de l'amiraute au gostini dvor

Fédor Dostoïevski 

Le temple luthérien se trouve inséré entre les immeubles numérotés 22 et 24 mais ne porte pas, lui de n°. Donc si vous reprenez votre promenade vous passerez, juste après ce temple luthérien, devant l'immeuble n°24, où au rez-de-chaussée différents magasins tentent de séduire les passants et où se trouvait avant la Révolution le "restaurant "Dominique" que fréquentait l'écrivain Fédor Dostoïevski, et dont l'intérieur fut dessiné plus tard par le peintre Ila Repine.

Fédor Dostoïevski : eh bien, il a vécu de 1821 à 1881. Il a donc une génération de moins que Pouchkine et il est beaucoup plus jeune que Gogol. Si Pouchkine appartient à l'âge d'or de la poésie, si Pouchkine et Gogol connaissent les balbutiements du roman, Dostoïevski participe quant à lui à l'âge d'or du roman en Russie, avec Tolstoï bien sûr.
Dostoïevski est né à Moscou, et suit des études d'ingénieur à Saint-Pétersbourg. A la fin de ses études, il décide de se consacrer à l'écriture. Son 1er roman, les pauvres gens, paraît en 1846. L’ouvrage suscite l'enthousiasme de la critique, ce qui ne sera pas le cas des romans suivants. A cette époque, Dostoïevski participe à des réunions clandestines à cause de la censure qui règne sous Nicolas 1er. Et ce qui devait arriver arriva. Dostoïevski est arrêté et condamné à mort par pendaison. Finalement, alors qu'il a déjà la corde au cou, sa condamnation est commuée en 4 ans de travaux forcés en Sibérie. Il ne revient dans la capitale qu'en 1859 et publie plusieurs romans, dont Crime et Châtiment, et le Joueur. Comme il est toujours criblé de dettes, il doit fuir à l'étranger. Puis il écrit notamment L'Idiot, l'Eternel Mari, les Possédés et revient à Saint-Pétersbourg en 1872. Mais Dostoïevski a d'autres soucis, notamment de santé car il est sujet à des crises d'épilepsies. De plus il est bouleversé par la mort de sa petite fille née d'un 2nd mariage. Quoiqu'il en soit, il finit par voir son œuvre reconnue, et son dernier roman, Les frères Karamazov, est acclamé. Signalons enfin que Dostoïevski n'a cessé de déménager à Saint-Pétersbourg d'où une grande connaissance de la ville qui transparaît à travers son œuvre, en particulier dans Crime et Châtiment.
En ce qui concerne Ila Repine, c’est un peintre qui a vécu de 1844 à 1930. Il est donc d'une génération plus jeune que Dostoïevski. Ila Repine a marqué la vie culturelle de la Russie, davantage en tant que membre actif qu’en tant que créateur. C'est l'un des principaux représentants du mouvement dit des ambulants. C’est un mouvement qui s'est développé dans la 2ème moitié du 19ème siècle en Russie. A cette époque, l'Académie continue à imposer des règles et des sujets académiques, tandis que la libération du servage et l'évolution rapide de la société et des idées favorisent un goût de plus en plus important pour le Réalisme. Plusieurs étudiants aux Beaux-Arts décident alors de rompre avec l'Académie et refusent de se soumettre aux règles de l'examen. Quelques années plus tard, ces peintres décident d'aller au-devant de leur public et organisent des expositions itinérantes, d'où leur surnom de "Ambulants". Rejoints peu à peu par d'autres peintres, dont Repine, ils développent un réalisme critique comme cela se faisait déjà en littérature. Leur idée maîtresse est l'affirmation que le contenu est plus important que la forme. De façon générale, ils considèrent que l'art a pour mission d'éduquer les masses afin de les aider à prendre conscience de leurs pouvoirs. D'où le développement de thèmes critiques à l'égard de l'aristocratie, du clergé, de la police, des conditions de vie de certains groupes sociaux. Les tableaux les plus connus de Ila Repine le sont davantage pour leur qualité esthétique que par les sujets dont ils traitent. Ils représentent des portraits de grandes personnalités critiques comme l'écrivain Tolstoï, des personnages historiques critiquables comme Ivan le terrible meurtrier de son fils, des pauvres gens comme les bateliers de la Volga, ou d'autres figures fières de leur liberté comme les Cosaques zaporogues.


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