L’intérieur de l’église Notre Dame de Kazan

La place du palais et la 1ere partie de la perspective nevski: de l'amiraute au gostini dvor

L’intérieur de l’église Notre Dame de Kazan

Nous allons rejoindre le tombeau du maréchal Koutouzov. Vous êtes près de la porte par laquelle vous êtes entrés dans l'église : cette porte vous a permis de pénétrer dans un des bras de l’église appelé transept. A votre gauche, vous voyez que ce transept ouvre sur la nef principale. Avancez jusqu'au bord de cette nef.

Et maintenant, repérez à votre droite l'angle que fait le transept avec la nef principale. Vous remarquez que cet angle est occupé par un tombeau. Approchez-vous de cet angle :
Il s'agit du tombeau du maréchal Koutouzov. Au-dessus de grosses clefs suspendues au mur sont des clefs de villes et rappellent ses victoires notamment dans la guerre contre Napoléon. Nous allons maintenant parler de l’histoire et de l’architecture de cette église et à présent observez l'intérieur de l'église, et en particulier son plan. Quelque chose ne vous a-t-il pas sauté aux yeux en entrant ? Et maintenant que vous êtes à l'intersection du transept, c'est-à-dire de la transversale, et de la nef principale, où se trouve l'autel ? Regardez bien.

Quand vous avez la porte d’entrée dans le dos, il est à votre gauche, en effet. Et cela ne vous étonne-t-il pas de voir que l'entrée n'est pas en face de l'autel ? En fait, vous êtes entré par une porte qui donne sur le transept, ce qui veut dire que la porte qui ouvre sur la place en hémicycle n'est pas la porte principale de l'Eglise. La porte principale doit ouvrir sur la nef principale. Et la nef principale ouvre droit sur le chœur. C’est en tout cas comme ça que Saint-Pierre de Rome se présente. Alors pourquoi ce changement par rapport au modèle ? C'est simple, cela tient à l’orientation. Regardez, si le chœur avait été face à la porte d’entrée, il aurait été orienté vers le sud-ouest. Et cela aurait constitué une hérésie, car les chœurs doivent plus ou moins être orientés vers l’est, vers Jérusalem. Du coup, l'architecte a été contraint de mettre l’entrée principale de l’église, non pas dans la nef principale, mais dans le transept. Pourquoi pas après tout : si ce n’est les habitudes, aucun interdit religieux n’était contre cela.
Parlons maintenant des proportions entre la nef et le transept. Vous remarquez que la nef principale est bien plus longue que le transept. Cela ne correspond pas du tout au plan des églises orthodoxes qui est doté d’une croix à quatre branches égales. Certes, Pierre 1er a voulu ce changement pour casser le carcan dans lequel le clergé orthodoxe tenait enfermé les architectes et les fidèles de façon générale. Mais entre temps, Elizabeth a régné et a restauré la tradition. Et Catherine qui s'est convertie au christianisme orthodoxe pour pouvoir épouser le futur tsar Pierre 3 n'a rien fait contre cette nouvelle tendance. Mais ici, l'architecte a voulu sans doute respecter le plan de la basilique romaine qui offre un plan en croix dite "latine". Toujours dans le même ordre d'idée, on constate que les nefs sont divisées en trois par des colonnes en pierre comme cela se fait en occident et qui sont ici en granit. L'architecte a donc respecté les églises de type occidental. Regardez vers le chœur. Que remarquez-vous ? Une superbe iconostase toute rayonnante d'or et de peintures illustrant l'histoire sainte.!! L’iconostase est ce mur recouvert d'icônes qui marque traditionnellement la limite entre l'espace des fidèles et celui des officiants. Cette iconostase est une référence directe à la tradition orthodoxe car en occident on a depuis longtemps abandonné ce mur de séparation qu'on appelle le jubé. Peut-être avez-vous remarqué qu'une longue file de pèlerins se déroule devant une petite icône de la Vierge. C’est l'icône de Notre Dame de Kazan. Elle aurait été découverte miraculeusement à Kazan par une jeune fille aveugle alors que la maison où elle se trouvait était en feu. C'était en 1578. L’icône aurait été ramenée en grande pompe dans la capitale et depuis vénérée par des fidèles en attente de quelques miracles. Volée en 1904 cette icône aurait été récupérée il n’y a pas si longtemps. Cette adoration d'icônes dites miraculeuses est fréquente en Russie et les adorateurs appartiennent à toutes les générations de la population et aux deux sexes. On y rencontre une majorité de femmes âgées et sans doute fort démunies.


<< 19 - L’église Notre Dame ...         21 - L’ immeuble de Rastr... >>

Sommaire complet du dossier :