Le site archéologique

La rome antique : la colline du palatin et le colisee

Le site archéologique

En avançant encore un peu, nous allons voir, sur la droite, une zone archéologique en contrebas. Approchons-nous des barrières qui la surmontent, tournant ainsi le dos aux ruines de la Domus Flavia.

Nous voilà face à un site archéologique manifestement très dense, peuplé de toitures de protections pour les parties les plus précieuses des fouilles. Il n’est malheureusement pas possible de descendre dans cette zone, sans une autorisation particulière.Il est néanmoins important de la signaler, car c’est là un des lieux d’occupation les plus anciens du Palatin. Cette partie est tournée vers le Tibre, qui coule au-delà, dans la vallée. D’après la légende, c’est sur ce versant que se trouvait la grotte du Lupercal, celle où vivait la louve qui a allaité Romulus et Remus. Nous comprenons alors l’importance que le site avait pour les romains de l’Antiquité !

C’est ici aussi qu’Auguste, le premier empereur, avait sa maison. C’est donc là que « l’impérialisation» -dirions nous- du Palatin a commencé. En tournant le dos aux palais impériaux, deux bâtiments couverts se trouvent à nos pieds.
Celui de gauche abrite les restes de la maison d’Auguste. Celui de droite abrite la maison dite de Livie, l’épouse d’Auguste. Cette maison a été identifiée comme telle, car lors des fouilles, fut trouvé un reste de conduite d’eau en plomb portant l’inscription « Iulia Augusta ». Un titre impérial qui rattache cette femme à la gens Iulia, c’est à dire à la grande famille de César et d’Auguste. Ces maisons, quoique appartenant à des familles impériales, sont des demeures patriciennes en tout point semblables à toutes les autres maisons qui s’élevaient ici à l’époque. Auguste, homme sobre, vivait comme les citoyens de sa classe et sa maison ne présentait pas de signes extravagants de richesse. Il fit simplement relier deux grandes villas. La maison dite d’Auguste aurait alors été la partie publique et liée à sa fonction d’empereur. La maison dite de Livie, aurait été la partie plus privée. Dans ces deux maisons se trouvent de magnifiques ensembles de fresques. Superbes, mais extrêmement fragiles. Raison pour laquelle on ne peut y accéder librement.

Revenons à notre espace archéologique. Une chose est facile à repérer. Voyez, face à nous, au-delà des maisons d’Auguste et de Livie, s’élèvent, sur une butte, les restes d’un temple coiffé d’un bosquet de chênes nains. Cette ruine domine tout cet espace archéologique. C’est l’ancien temple de la Magna Mater, Cybèle, déesse de la terre et de la fécondité. C’est aussi l’un des plus anciens temples de Rome, déjà présent au 5ème siècle avant Jésus Christ. Cela nous rappelle à nouveau la haute antiquité du lieu. Juste aux pieds du temple de Cybèle, se trouve une petite structure rectangulaire en pierres. C’est le soubassement de la maison des augures, les devins. Autant dire l’un des principaux lieux de Rome. Les augures lisaient l’avenir, en interprétant notamment le vol des oiseaux. Debout devant la maison, ils traçaient dans le ciel un rectangle symbolique avec leur baguette, définissant ainsi la zone qu’ils allaient observer. Lorsqu’un oiseau y passait, son espèce et son vol faisaient l’objet d’un présage, aussitôt interprété par l’augure. Ceux ci étaient consultés avant chaque événement important de la vie privée ou publique. Pour interpréter le vol des oiseaux, les augures pouvaient s’aider de livres, les livres sibyllins. Sibyllin vient de sibylle, l’équivalent féminin des augures. Ces livres étaient conservés dans le soubassement du temple d’Apollon. Pour voir l’emplacement de ce temple, tournons nous vers la gauche.
Nous avons alors, à notre droite, la zone archéologique que nous venons de décrire, et, à notre gauche, la domus Flavia. Face à nous s’élevait le temple d’Apollon, dont l’entrée était tournée non pas vers nous, mais de l’autre côté, vers le versant de la colline. Ce temple était une des plus importantes constructions de l’époque d’Auguste. Il était entièrement recouvert de marbre blanc. Ses portes étaient d’or et d’ivoire. Si Auguste a donné tant de soins à ce temple, voisin de sa maison, c’est parce que lui-même, en tant que politicien, s’identifiait au dieu Apollon, défenseur de l’ordre, de la morale, de la modération et de la paix. Toutes qualités souhaitables, après les dernières années si troublées de la république.


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