La salle consacrée au Palatin à l’époque d’Auguste

La rome antique : la colline du palatin et le colisee

La salle consacrée au Palatin à l’époque d’Auguste

Allons face à la longue vitrine qui s’étend à notre gauche lorsqu’on entre dans la pièce. Nous voici plongés à la fin du premier siècle avant Jésus Christ. Souvenons-nous qu’Auguste était le premier empereur et fondateur d’une nouvelle Rome, la Rome Impériale. Il s’identifiait politiquement au dieu Apollon, et apporta, en conséquence, un soin particulier à la décoration de son temple, qui jouxtait sa maison. Quelques mots sur Apollon. Apollon était fils de Zeus-Jupiter, le chef des dieux, et de Léto. De leur union sont nés Apollon, dieu de la musique, et Diane, déesse de la chasse. L’attribut majeur d’Apollon est la lyre, instrument à corde qu’il reçut du dieu Mercure, son inventeur. Mais ce dieu avait plus d’une corde à son arc, ou devrait-on plutôt dire, à sa lyre. Il possédait des facultés divinatoires, était habile au tir à l’arc, et connaissait aussi l’art de guérir. Ce dernier don, il le légua d’ailleurs à son fils Esculape. Un autre attribut d’Apollon est la couronne de laurier, qu’il portait en souvenir d’une nymphe dont il était amoureux : Daphné. Celle-ci s’était changée en arbre, en laurier plus précisément, afin de se soustraire aux assauts amoureux du dieu. Mais Apollon lui garda intact son amour et prit l’habitude de se coiffer de ses feuilles. Il existe d’autres attributs à ce dieu. Nous allons en découvrir encore en observant la vitrine.
Les œuvres présentées ici proviennent du temple, et laissent imaginer la somptuosité de son décor.

La vitrine présente une série de plaques carrées en terre cuite peinte, où les motifs apolliniens reviennent de manière obsessionnelle. Elles étaient fixées sur les murs, sans doute sur des frises, du temple d’Apollon.
Deux thèmes sont récurrents, disposés de manière alternée dans l’ensemble de la vitrine. Le premier présente deux hommes qui s’affrontent autour d’un trépied que chacun tient d’une main. Le deuxième thème représente deux femmes autour d’un objet en forme de pain de sucre, où sont accrochés une lyre, un arc et un carquois.

Commençons par le premier des deux thèmes. Il s’agit d’Apollon, à gauche, et d’Hercule, à droite, qui se disputent la possession du trépied de Delphes. Parmi ces nombreux dons, Apollon avait celui de prédire l’avenir et de rendre des oracles. C’est ainsi qu’il est le fondateur, en Grèce, du fameux sanctuaire de Delphes. A Delphes, il était représenté par un grand trépied, sorte de tabouret haut, sur lequel était assise la pythie, une femme qui communiquait avec lui et transmettait ses prophéties. Le trépied de Delphes était donc, dans l’Antiquité gréco-romaine, un attribut d’Apollon. La mythologie raconte qu’un jour, Hercule, le fameux héros des 12 travaux, demanda conseil à Apollon. Mais la pythie refusa de lui communiquer la moindre prophétie, car il était chargé d’un crime. Il avait en effet volé les chevaux et tué le fils d’un de ses hôtes. Hercule s’emporta alors et, dans sa colère, s’empara du trépied pour fonder son propre sanctuaire. Jupiter résolut le différend en faveur d’Apollon qui, ici, tient un arc, des flèches et un carquois. Sur la droite, Hercule est reconnaissable par sa massue et la peau du lion de Némée qu’il porte sur la tête.

Le deuxième thème présente donc les deux femmes, des prêtresses, qui entourent et décorent un objet en forme de pain de sucre. Cet objet est le « béthyle ». C’est un objet sacré qui représente également Apollon de manière abstraite. Sur le béthyle sont attachés la lyre d’Apollon, ainsi que l’arc et le carquois. Ces derniers rappellent l’habileté du dieu au tir à l’arc.

Le long du mur du fond, entre les fenêtres, se trouvent des statues de marbre noir. Ce sont des cariatides, bustes de femmes qui reposent sur un long socle lisse. Ces trois statues semblent bien être tout ce qui reste des cinquante statues semblables qui ornaient les arcades du temple d’Apollon, à proximité de la bibliothèque que l’empereur y fit établir. Elles évoquaient les cinquante Danaïdes. Les Danaïdes étaient liées au monde de l’au-delà et de la mort. Selon la légende, elles tuèrent leurs époux au cours de leur nuit de noce, sur le conseil de leur père, le roi Danaos, qui s’était vu imposer ces mariages. Leur punition fut de remplir pour l’éternité un tonneau sans fond.

Au bout de la salle, une magnifique statue de jeune homme en basalte noir.

L’idée devait certainement être d’imiter un original en bronze, grec probablement. La statue a malheureusement perdu ses jambes et une partie du visage. Mais elle reste d’une très grande finesse, d’un équilibre classique parfait, dans les proportions des membres du corps les uns par rapport aux autres, dans la finition du poli de la pierre également. Ce jeune athlète, peut-être Apollon, a la tête ceinte d’une couronne. L’œuvre semble avoir été commandée par Auguste, à l’époque où il se nommait encore Octave, après sa victoire à la bataille navale d’Actium contre son collègue et rival dans le pouvoir, Marc-Antoine. Cette bataille d’Actium consacre Octave comme seul maître de Rome et lui ouvre la voie au titre impérial, qu’il prendra sous le nom d’Auguste. L’éphèbe victorieux représenté ici pourrait alors être une sorte d’Apollon-Octave.


<< 10 - Le Musée consacré à ...         12 - La salle consacrée à... >>

Sommaire complet du dossier :