La salle consacrée à la période de Néron

La rome antique : la colline du palatin et le colisee

La salle consacrée à la période de Néron

Passons à présent dans la salle suivante. Cette salle est consacrée à la période de Néron. Nous l’avons évoqué au cours de la promenade dans le palais. Nous avions entre autre mentionné le fait qu’il s’était fait construire un étrange et extravagant palais, dont plus rien, ou presque, n’est visible en surface. Cette petite salle évoque ce palais de Néron. Néron fut le dernier empereur de la dynastie des Julio-claudien, avant de céder le pas à la famille des Flaviens. Il régna entre 54 et 68 de notre ère. Il avait pour Rome des projets radicaux de transformation. On le tient, mais ce n’est pas prouvé- pour l’auteur du grand incendie de 64 qui ravagea la ville. Peut-être dans sa démence voulait-il faire place nette pour reconstruire une Rome fidèle à ce qu’il en attendait. Toujours est-il que cette destruction du vieux Rome l’arrangeait bien, afin d’en reprogrammer la construction à son goût. Néron se voyait comme une sorte de dieu soleil dont le règne marquait pour Rome une aube nouvelle. Bien avant l’incendie de 64, il avait déjà entrepris la construction d’une gigantesque maison, le « Domus transitoria », la « maison transitoire » ou « de passage. » On ne sait pas pourquoi cette maison était ainsi nommée. Peut-être reliait-elle différents pavillons répartis sur le Palatin et dans la vallée. Toujours est-il qu’elle était très richement ornée de fresques et de dorures. Ce luxe fut critiqué du vivant même de l’empereur. Mais pour lui, la richesse ornementale était un signe de gouvernement fortuné et heureux. Ce mode de pensée et de décor est sans doute inspiré par les palais orientaux, en particulier ceux des souverains d’origine grecque en Arabie et en Egypte. La domus transitoria disparaîtra, elle aussi, dans le grand incendie de 64. Elle sera alors remplacée par un palais encore plus grandiose, « la villa dorée », gigantesque ensemble de pavillons et d’édifices reliés par des portiques. Ce nouveau palais néronien s’étendait sur le Palatin, dans la vallée occupée aujourd’hui par le Colysée et même au-delà, sur la colline Oppio. Sur l’Oppio, il est toujours possible de visiter un reste impressionnant de cette villa dorée, de l’autre côté du Colisée.

La petite salle-couloir, où nous nous tenons, présente, sur le plafond et sur une partie des murs, des fresques murales et de plafond, retrouvées lors des fouilles du Palatin. Elles proviennent d’un nymphée, situé sous le niveau du grand triclinium de la Domus Flavia. Sur les voûtes sont représentées des scènes tirées de l’histoire de Troie. L’histoire de la destruction de Troie plaisait fort à Néron. Pour lui, elle représentait symboliquement la Rome ancienne qui renaît de ses cendres. L’auteur latin Suétone nous raconte d’ailleurs qu’au moment de l’incendie de 64, Néron regardait les flammes détruire la ville en chantant des odes à la destruction de Troie.

Les scènes peintes sont encadrées de très riches motifs de guirlandes florales. En outre, les fresques étaient rehaussées d’incrustations d’or et de pierres précieuses.
Passons à présent dans la salle suivante.

Cette salle ainsi que la suivante, présentent des portraits d’empereurs et de leurs familles, du premier siècle jusqu’au 4ème siècle. Tous ces visages qui nous regardent nous racontent 400 ans de la plus prestigieuse histoire de la ville éternelle. Ils ornaient les différentes parties du palais, nous rappelant que nous sommes ici au cœur du pouvoir. Ce sont des œuvres, de qualité, qui présentent généralement des visages idéalisés, favorisant l’équilibre classique plutôt que le détail réaliste.

Dans la salle où nous sommes, une œuvre retiendra particulièrement notre attention. C’est une tête de Néron, placée contre le mur de droite quand nous pénétrons dans la salle. Regardons le bien. C’est un portrait précieux, car l’empereur n’y apparaît pas idéalisé. Il a une tête massive, un aspect charnu, en particulier la bouche et les arcades sourcilières. La barbe est finement représentée. Les mèches retombent savamment sur le front selon la vogue de l’époque. Nous avons là le visage de Néron tel qu’il dut apparaître à ses contemporains.
Prenons le temps de regarder les butes de ces empereurs en traversons la salle suivante.
Puis, nous prendrons la porte dans le mur de droite, pour nous retrouver dans le couloir d’entrée.


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