Le Colysée

La rome antique : la colline du palatin et le colisee

Le Colysée

Cet amphithéâtre, le plus grand de Rome, a été construit à partir de 72 après Jésus Christ, sous le règne de l’empereur Vespasien, et inauguré par son fils Titus en 80. Ces empereurs étaient issus de la famille des Flaviens. C’est pourquoi le Colysée porte aussi le nom d’amphithéâtre flavien. Le mot « colysée » est plutôt une appellation populaire. Avant sa construction, toute cette zone était incluse dans la fameuse villa dorée de Néron, évoquée sur le Palatin. Ici se trouvait un grand étang, autour duquel Néron avait fait aménager des villages et des forêts, afin de donner l’illusion d’une mer et de ses rivages. A proximité s’élevait le portique d’entrée du palais. Dans le hall se dressait une grande statue dorée de Néron, d’environ 30 mètres de haut. Au 2ème siècle, le hall de cette maison dorée fut détruit, et la statue transportée sur la place à côté de l’amphithéâtre, construit à la place de l’ancien étang. Ce colosse de Néron donna alors son nom à l’amphithéâtre, qui devint le Colosseo, le Colysée.

Le Colysée est le plus ancien amphithéâtre romain encore existant. Il est aussi l’un des premiers à avoir été construit. Avant, les combats de gladiateurs avaient lieu sur le forum, ou bien au cirque Maxime. Il y eut un autre amphithéâtre en pierre datant du début du premier siècle, dans le quartier du Champ de Mars, mais il brûla lors de l’incendie de 64, et n’existait donc plus quand l’amphithéâtre flavien fut construit.

Ici avaient lieu, l’après-midi, les fameux jeux de gladiateurs. Le matin avaient lieu les « venationes », ou chasses aux fauves. Les gladiateurs combattaient contre les animaux, ou bien les animaux s’affrontaient. Nombre d’empereurs : Domitien, Trajan ou Hadrien, adoraient ces spectacles et y participaient parfois eux-mêmes. On sait qu’Hadrien tua un jour un lion de ses propres mains. En certaines occasions, on pratiquait aussi des naumachies, spectacles de combat naval. L’arène centrale était alors remplie d’eau.
Les jeux n’avaient pas lieu en permanence. Ils étaient offerts par les hauts dignitaires ou les empereurs à certaines occasions. Pour la célébration d’un événement historique, pour une victoire, un anniversaire, ou même des funérailles. Les combats de gladiateurs, déjà pratiqués par les Etrusques, avaient une origine magico-religieuse, probablement liée au culte des morts. Très anciennement, ils avaient lieu dans des cimetières. Le sang des combattants coulait sur le sol, en imprégnait la terre et, symboliquement, la revivifiait, ainsi que les corps enfouis des défunts. Les dates de jeux étaient notifiées au public par des édits, qui mentionnait aussi celui qui les offrait et pourquoi.
Les jeux ont été de plus en plus pratiqués à Rome et finirent par devenir une véritable drogue qui permettait au pouvoir une relative stabilité dans la ville.
Ainsi, alors qu’à la période républicaine, il y avait environ 77 jours de jeux par an ; au 2ème siècle, à l’apogée de l’empire, il y en avait 175. Ces spectacles cruels et abrutissants étaient offerts de façon plus massive au fur et à mesure que les empereurs cherchaient à renforcer leur pouvoir dictatorial sur le peuple romain. En satisfaisant les instincts les plus bas du peuple, ils entendaient ainsi endormir sa capacité de réflexion. Les plus beaux jeux, entendons par là les plus cruels, eurent lieu sous l’empereur Commode, à la fin du 2ème siècle.

L’inauguration du Colisée, en 80, fut marquée par 100 jours de jeux, au cours desquels 2000 gladiateurs et 9000 bêtes perdirent la vie.

Regardons le bâtiment. A l’extérieur, il est bien conservé, bien qu’en partie écroulé à la suite de tremblements de terre au Moyen Age. L’ensemble a une forme elliptique. Sa façade est formée de quatre étages. Les trois premiers sont ouverts par 80 arcades chacun, et le dernier étage par une fenêtre rectangulaire. Au rez-de-chaussée, les arcades sont numérotées de 1 à 80. On entrait par tel ou tel numéro, pour rejoindre les gradins correspondant à son rang social.

Observons les piliers qui encadrent les arcades, ils varient selon les étages. Au rez-de-chaussée, ils sont simples, leur chapiteau ou sommet, n’a aucun décor. C’est le style dorique. Souvent utilisé en rez-de-chaussée afin de permettre le support du reste du bâtiment. Ils donnent une impression de grande solidité. Au premier étage, les piliers sont ioniques, leur chapiteau est décoré de deux volutes latérales. Au 3ème étage, c’est le style corinthien. Le chapiteau des piliers est décoré de petites feuilles frisées. Le mur est de pierres sèches. Il n’y a donc pas de mortier entre les pierres, elles tiennent avec des goujons de métal. Les trous dans la paroi ont été fait au Moyen Age. Les gens allaient chercher, pour le récupérer, le métal à l’intérieur des maçonneries.

Plus incroyable encore, imaginez-vous qu’à l’époque, il y avait une toile amovible qui servait de toit à l’ensemble. Le système était ingénieux. A l’origine, le sommet du mur était hérissé de 160 piquets de bois, placés verticalement. A chacun de ces 160 piquets correspondait au niveau du sol une borne de pierre et un treuil. Le bâtiment était donc entouré d’un cercle de 160 bornes de pierres et de leur treuil. A chaque borne était attachée une corde, qui montait jusqu’au piquet. De là, elle redescendait vers le centre de l’arène, et l’ensemble des cordes se retrouvait attaché à un anneau central. Lorsque on actionnait les treuils des bornes extérieures, les cordes étaient tirées, et l’anneau central surmontait l’arène. Sur cet ensemble de cordage, on posait alors le velarium, une grande toile qui recouvrait les gradins pour les protéger du soleil. Pour l’entretien de ce velarium, il y avait en permanence, dans une petite caserne jouxtant le Colisée, un détachement de 100 marins de la flotte de Misène. Misène, au sud de l’Italie, était l’un des principaux ports militaires de Rome. Lorsque le velarium devait être installé ou enlevé, au début et à la fin de la période des jeux, 1000 marins arrivaient alors à Rome pour y travailler et ceci deux fois par an.

Entrons maintenant à l’intérieur. L’entrée de l’édifice se fait par l’une des arcades côté arc de Constantin. Prenez alors le couloir tout droit sans faire la queue, car votre billet vous donne accès au Colisée. Après le portique automatique, suivons le couloir jusqu’au bout. Là, deux possibilités : monter par l’ascenseur, au fond à gauche, ou par l’escalier, au fond à droite. Dans tous les cas, retrouvons nous à l’étage.


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