La Hofstallgasse

La salzbourg de mozart : la getreidegasse et la ville bourgeoise de salzbourg

La Hofstallgasse

Nous allons apprécier l’immensité du complexe des écuries en traversant la rue et en nous rendant vers celle s’ouvrant à gauche en prolongement de la place Karajan : c’est la Hofstallgasse.

Regardez ce gigantesque bâtiment. Il date de 1606 et il s’étend sur plusieurs dizaines de mètres occupant toute la partie droite de la rue. Impressionnant pour une écurie n’est-ce pas ? L’uniformité du rez-de-chaussée est cassée par les 2 portes principales mises en avant par un bel encadrement de marbre blanc couronné par le blason aux armes du prince évêque Wolf Dietrich de Raitteneau, dont la folie des grandeurs transforma Salzbourg en Rome alpine. C’est à lui que l’on doit ces gigantesques écuries. A l’étage, l’architecte a voulu créer un petit effet en remplaçant la couleur grise par un enduit jaune et en remplaçant les portes circulaires par 2 rangées superposées de fenêtres rectangulaires. Mais pour être honnête, nous trouvons que l’ensemble créé un sentiment de grande monotonie.
En réalité, nous n’avons pas un seul bâtiment, mais deux constructions jumelles en enfilade qui sont aujourd’hui parmi les lieux les plus prestigieux de Salzbourg : ce sont les salles du festival.
L’idée de fonder un festival remonte à 1917. On la doit au metteur en scène Max Rheinard. Il réussit à gagner à son projet l’écrivain Hugo Von Hofmannsthal et le compositeur Richard Strauss. En 1920 eut lieu la première représentation du « Jedermann » de Hofmannsthal  devant la cathédrale. Depuis lors, chaque année, cette pièce est jouée devant la cathédrale et inaugure la manifestation. Tout au long du 20e siècle, le festival prit de plus en plus d’ampleur pour finalement devenir le principal événement musical mondial. En 1922 on donna les premières représentations d’opéra. Il s’agissait naturellement de 4 opéras de Mozart. En 1938, le chef d’orchestre Bruno Walter décida de diriger pour la 1ere fois un opéra non plus dans sa traduction allemande, mais dans sa langue d’origine : l’italien, ce fut une véritable révolution musicale. Après la Seconde Guerre mondiale, le festival connut un essor époustouflant. Les chefs d’orchestre les plus célèbres de l’histoire de la musique se succédèrent, Wilhelm Fürtwangler ou Karl Böhm qui dirigea à lui seul 338 représentations dans la ville. Mais le plus célèbre d’entre eux donna son nom à la place que nous venons de quitter: Herbert von Karajan. Il travailla ici pendant plus de 30 ans tout en dirigeant parallèlement les philharmonies de Berlin et de Vienne. Présentons en quelques mots ces lieux prestigieux. La première salle fut aménagée en 1926. Sur l’initiative d’Herbert von Karajan, elle fut entièrement réaménagée en 1962 et contient 1324 places. Entre 1956 et 1960 fut aménagée la grande salle à laquelle nous accédons par les portes baroques au début de la rue. Extraordinaire prouesse technique, car la montagne, contre laquelle les bâtiments sont accolés, fut creusée et 55000m3 de pierre retirés pour obtenir l’espace nécessaire pour une scène d’une largeur de 100m indispensable aux grandes productions. La salle fut naturellement inaugurée par Karajan. Elle contient 2177 fauteuils. La troisième salle, située dans le prolongement des deux autres, contient 1549 sièges. Si vous désirez découvrir l’une de ces salles, il vous faudra réserver un billet pour l’un des spectacles. Le festival d’été, qui se déroule de fin juillet à début septembre est l’un des rendez-vous mondain de la vieille Europe, en conséquence, ne soyez pas étonné du prix des places. Pour un opéra, il faut compter jusqu’à 360 euros. Les hommes sont tenus aux costumes sombres et nœuds papillons ou cravates et les femmes aux robes de soirée.


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