L’Intérieur de l’église

La salzbourg de mozart : la getreidegasse et la ville bourgeoise de salzbourg

L’Intérieur de l’église

Gravissons à présent les trois marches qui conduisent à l’entrée et restons un instant sous la galerie face à la porte principale.

Levons les yeux au dessus de la porte, c’est à dire sur le linteau. Nous pouvons y lire quelques mots en latin : en l’honneur de Marie immaculée conception, érigé et dédié sous Johann Ernst archevêque et prince de Salzbourg 1707. Regardons le plafond et sa structure ovale, la corniche joliment sculptée d’une guirlande de chêne, les petits angelots que l’on surnomme putti. Tout un répertoire décoratif délicat et frais, typique de la fin du baroque et du début du 18 e siècle.
Maintenant entrons dans l’église et restons au bout de la nef juste derrière la porte d’entrée.

N’êtes vous pas saisis par la grandeur du lieu, la majesté de ses proportions, son calme presque méditatif. Et n’avez vous pas un sentiment de froideur face à cet espace ? Si tel est le cas, ceci est dû à une curiosité : l’église, chose rare, est entièrement blanche, aucune fresque ne l’orne sur les murs ou sur la voûte. Piliers ornements et sculptures se détachent en blanc sur fond blanc. Un principe tout à fait inhabituel en ce début de 18e siècle où l’Autriche comme la Bavière et les pays de l’est multipliaient alors les plafonds à fresque et les compositions en trompe l’œil. Nous verrons dans les autres églises de Salzbourg de telles fresques réalisées par Rottmayr, ami et collègue de Fischer von Erlach.
Deuxième observation maintenant : …Regardons en l’air, au-dessus de nous. La nef dans laquelle nous sommes est surmontée d’une voûte en berceau, c’est à dire d’un arc régulier continu formant comme une tonnelle. Et cette voûte semble constituer un couloir vers le centre de l’église spacieux et ovale. Tout au fond, nous voyons le maître autel inondé de lumière dans une véritable mise en scène architecturale. De chaque côté de la nef, nous voyons deux rangées de niches superposées qui sont occupées par de grandes statues de Saints. Elles semblent former une garde d’honneur au milieu de laquelle nous passons alors que la lumière nous attire vers le chœur. Dans les églises à l’époque du baroque, c’est à dire fin 17, début 18es siècles, les artistes multiplièrent les représentations de saints en réaction à l’austérité du protestantisme qui avait envahi une grande partie de l’Europe centrale et de l’Europe du Nord. Cette volonté de montrer la grandeur de l’église catholique par l’intermédiaire de ses principaux représentants, les Saints, fut une des actions de la contre-réforme. Avançons-nous vers le centre de l’église jusque sous la coupole, au niveau de la table d’autel située au milieu.

Regardons le sommet de la coupole. Les 4 gigantesques fenêtres ovales qui l’entourent et la lanterne percée de fenêtres à son sommet laissent pénétrer un flot de lumière qui inonde le centre. A l’origine, la coupole devait être recouverte de fresques réalisées par le peintre Rottmayr, mais ce projet fut abandonné et à défaut, le maître réalisa les grands tableaux des autels latéraux que nous pouvons voir à droite et à gauche.
Mais avant toute chose, tournons sur nous même pour comprendre la structure de l’église.

Comprenez-vous l’architecture générale de l’édifice ? Nous avons au centre un vaste espace dans lequel se croisent les deux branches de la croix, l’une par laquelle nous sommes entrés et qui s’achève dans le chœur et l’autre perpendiculaire dont vous avez les bras à gauche et à droite chacun se terminant par un autel orné d’un grand tableau. Regardez en direction du chœur : à droite et à gauche de ce dernier se trouve une grande chapelle dans laquelle nous pénétrons par de hautes arcades qui sont comme surmontées par des loges de théâtre. Le rez-de-chaussée était occupé par les élèves et le personnel de l’université tandis que l’étage était dévolu aux supérieurs de l’institution et au haut clergé. Tournons encore une fois le dos au chœur et regardons en direction de l’entrée. Les 4 chapelles de l’église, c’est à dire les 2 situées de part et d’autre de l’entrée et les 2 situées de part et d’autre du chœur, sont consacrées aux saints protecteurs des facultés ou disciplines universitaires : Thomas d’Aquin pour la théologie, Ivo pour la Jurisprudence, Catherine pour la Philosophie et Thomas pour la médecine.


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