Le tableau d’autel

La salzbourg de mozart : la getreidegasse et la ville bourgeoise de salzbourg

Le tableau d’autel

Maintenant, tournons le dos à l’autel et rendons-nous, pour finir, vers le tableau d’autel situé dans le transept latéral droit, c’est à dire à droite de la coupole centrale.

Enfin de la couleur ! Avec cette grande composition baroque cette fois très polychrome. Admirez la construction de ce magnifique autel avec sa belle table de marbre rose et vert et ses 4 hautes colonnes de marbre vert agrémentées de chapiteaux dorés. Et bien ici encore, c’est une astuce trompeuse, car l’autel est entièrement réalisé en bois peint.
De part et d’autre du tableau, deux superbes statues d’évêques portant mitre dorée et tenant une crosse. Voyez comme le drapé de leurs longs manteaux forme de vastes plis poussés par le vent. Il s’agit des 2 saints patrons de Salzbourg : Rupert et Virgil. Saint Virgil est facilement reconnaissable avec, à ses pieds, le modèle d’une église à deux tours : c’est la cathédrale de Salzbourg qu’il consacra en 774.

Pour finir et ce sera notre dernier commentaire, admirons le tableau dû au pinceau de Rottmayr en 1721. Nous avons sous les yeux un chef-d'œuvre de la peinture baroque autrichienne. Admirons-en la vitalité de la composition, la richesse des couleurs, et la superbe mise en page.
Regardons en haut du tableau : nous voyons le christ en majesté, torse nu, enroulé dans un large manteau rouge. Il figure sur des nuages peuplés d’anges et de figures de saints. En bas, une foule en désordre. A droite, au premier plan une femme couchée, tête en bas, plus haut, un vieillard et un jeune homme lèvent les bras vers le Christ pour l’implorer ou le remercier. Regardez à gauche maintenant : au premier plan, des personnages renversés et recroquevillés. Il s’agit de victimes de la peste, rappelons-nous que l’église dépend d’une université où l’on étudiait aussi la médecine. Le baroque de ce tableau repose naturellement dans la multiplication des attitudes des personnages. Nous ne voyons pas de figures statiques et droites, mais elles sont toutes en mouvement. Et même celles qui gisent sur le sol, regardez : elles dessinent des courbes.
Au centre du tableau, une femme richement vêtue tient un enfant endormi sur les genoux : devant elle un jeune homme porte un cierge. Regardez bien ce personnage au visage chaleureux qui porte une robe ecclésiastique. Il s’agit de saint Charles Borromée soignant les malades de la peste. Autre détail, à droite du tableau, au-dessus du vieillard nous reconnaissons aisément une église: c’est celle dans laquelle nous sommes ! bel hommage du peintre à son ami l’architecte Fischer va Erlach ! Et puis enfin, il y a là encore 2 autres caractéristiques baroques : le feu d’artifice de couleurs bien sûr. Et puis aussi, la composition ascendante de la toile, où en partant depuis les corps renversés sur le sol, le regard est naturellement happé par le christ triomphant au sommet. En tournant le dos à cet autel, vous voyez en face dans l’autre branche du transept, une composition similaire.

Même structure de bois imitant le marbre, mais les statues ne représentent plus des évêques, mais des nonnes : à droite, il y a sainte Scolastique et à gauche, il y a Sainte Erentrudis, avec à ses pieds une maquette du couvent Nonnberg fondée par elle sur les hauteurs de Salzburg vers 700. Le tableau central, dû à Rottmayr, représente Saint Benoît convertissant un prince barbare.


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