L’armurerie royale

La tour de londres

L’armurerie royale

Sortons de cette salle en suivant le parcours fléché pour arriver dans l'armurerie royale où sont entreposées armes et armures.

Comme on le voit, cette immense salle contient des vitrines dans lesquelles sont exposées des armures entières. En fait, au 15e siècle, le donjon du château est déserté par les rois qui lui préfèrent des résidences plus confortables, le palais Saint James puis Whitehall. Et les grandes salles que nous voyons sont alors transformées en dépôt d'armes, raison pour laquelle elles ont été réaménagées plus tard en musée de l'armement. Regardez les vitrines au centre, elles présentent l'équipement du chevalier sous Henri huit, c'est-à-dire au 16e siècle. Voyez dans la première vitrine un cheval et son cavalier : tous deux sont recouverts de leur armure. Le cheval était un bien précieux qu'on ne pouvait se permettre de perdre au milieu d'un combat. Il fallait donc le protéger des coups. Comme vous pouvez le constater, l'armure recouvre toutes les parties de son corps à l’exception des pattes. C'était évidemment le point sensible du cheval. Et d’ailleurs, il existait effectivement dans l'armée une unité à pied qui était armée de faucilles et dont la fonction essentielle était de couper les jarrets des chevaux. Une fois le cheval à terre, le cavalier alourdi de son armure très incommode, ne pouvait plus se relever. Les coupe-jarrets étaient suivis de soldats armés qui venaient ensuite faire prisonniers ou achever les cavaliers à terre. Même pour l’armure, l’élégance était de mise, elle reprenait souvent la forme du manteau. Les chevaux, quant à eux, n'étaient sûrement pas de fringants palefrois, mais bien plutôt de solides chevaux. Cavalcades et galops étaient très réduits pour ne pas épuiser l'animal. Le choc, au moment de l'affrontement, était d’une violence extrême. Regardez la lance présentée dans la vitrine, voyez comme elle est longue. Pendant les tournois, elle était tenue par le cavalier du côté le plus épais. Il en passait une partie sous son bras et il la coinçait avec son armure en essayant d’équilibrer l’ensemble par un jeu de balancier.
Sur le mur face à nous en entrant, un portrait du roi Henri huit. Ce roi du 16e siècle et de la famille des Tudor fut considéré par ses concitoyens comme le Barbe Bleue de la tour. Plusieurs de ses femmes furent emprisonnées et décapitées ici. Sous son règne, la tour fut dévolue exclusivement à sa fonction de prison. En raison des émeutes et des troubles que suscita sa prise de direction de l'église d'Angleterre, en lieu et place du Pape, les geôles royales se trouvèrent très vite débordées. L’un des prisonniers les plus connus fut Thomas More qui s'opposa au roi, à sa prise de pouvoir sur l'église et à son divorce d'avec Catherine d'Aragon. Le comte d’Essex fut également emprisonné ici après avoir, comble d’ironie, été chargé de renouveler les défenses et l'armement de la tour. Avançons vers la gauche et le fond de la salle et arrêtons-nous devant la dernière vitrine pour admirer une armure envoyée par un chef de guerre japonais au roi d'Angleterre au début du 17e siècle. Cette armure diffère considérablement de tout ce que nous avons pu voir jusqu'à présent. Aucun morceau de métal n'y apparaît, car elle est faite de passementerie, c'est-à-dire de fils de soie. C'était bien sûr une armure d'apparat ! !
Face à cette armure, deux bustes en bois du 17e siècle. Celui de gauche, supporté par des cordages, tient à la main un pot à gin. Son compagnon, à droite, tient une chope à bière, ce sont là les 2 boissons favorites des soldats, consommées sans modération pour se donner du cœur au ventre. Ces deux personnages, à l'origine placés au-dessus des portes de la fabrique d'armes de Greenwich, sont appelés « gin » et « bière » et sont les mascottes des soldats.
Nous vous laissons maintenant flâner librement dans la salle.


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