Le jardin de la Tour

La tour de londres

Le jardin de la Tour

Et maintenant, continuons notre promenade en passant entre le donjon et la façade de la maison des joyaux de la reine. Nous nous dirigeons ainsi vers la chapelle de Saint-Pierre ad vincula, c'est-à-dire Saint-Pierre au lien. C’est l'édifice isolé percé de nombreuses fenêtres que nous apercevons dans le prolongement du bâtiment des joyaux. Arrêtons-nous à l'angle de la pelouse.

Toute cette partie, constituée de jardins et pelouses, est appelée le jardin de la Tour. Légèrement surélevé par rapport à la cour intérieure, cet espace comprend plusieurs édifices dont l'histoire nous intéresse. Le premier d'entre eux est celui à notre droite.
Cet édifice isolé, plus bas que celui que nous venons de dépasser est la chapelle du château qui se trouvait incluse dans les murailles à l'époque du roi Henri 3 au 13e siècle. Elle ne se découvre qu’en se joignant à une visite guidée des beefeaters. Cette chapelle a le triste privilège d'être située à proximité du lieu de l'échafaud. Cet emplacement sinistre lui valu d'être le reposoir des corps décapités des prisonniers. Avant ce rôle morbide, cette chapelle était tout simplement la paroisse du quartier jouxtant les murs de la forteresse. Remanié plusieurs fois, l'édifice que nous voyons aujourd'hui date du règne d'Henri huit. Pendant la sinistre période des exécutions au 16e, elle servait de lieu d'inhumation aux condamnés royaux. On inhumait les corps décapités sous le pavement du choeur. Parmi eux : trois reines: Anne Boleyn et Catherine Howard, toutes deux épouses malheureuses d'Henri huit et la très jeune Jane Grey qui ne régna que 10 jours. L'histoire de cette jeune reine est peut-être la plus triste et émouvante de la tour de Londres. Au 16e siècle, Jeanne est une petite nièce d'Henri huit. Très cultivée quoiqu’élevée loin de la cour, cette jeune femme naïve, n'est en aucun cas destinée à devenir reine. Et pourtant, hasard des successions et des décès et succès des intrigues, à la mort d'Édouard six, elle se retrouve désignée reine d'Angleterre. La demi-sœur du roi Édouard six, Marie Tudor, refuse ce couronnement et réussit à créer un parti d'opposition demandant la destitution de la jeune reine. Neuf jours après être montée sur le trône, alors même qu'elle ne s’opposait en rien à sa propre abdication, elle est emprisonnée dans la tour de Londres avec son époux. Ce mariage, à l’origine politique, était devenu très vite un vrai mariage d'amour. Et ils ne demandaient qu’à céder le pouvoir. Mais Marie Tudor ne voyait pas les choses ainsi : pour être plus sûre, pour éviter qu’une faction vienne un jour la destituer en ressortant Jeanne de l’ombre, elle fit trancher la tête des deux jeunes gens. Depuis, Marie Tudor est surnommée Marie la sanglante, en anglais bloody Mary. L’histoire d'Anne Boleyn est encore plus terrible si cela est toutefois possible. Après qu'elle ait été accusée d'avoir trompé son royal époux, Henri 8, dont elle était la seconde épouse, elle fut enfermée dans la tour de Londres. Exécutée quelques temps après, son corps fut enfermé dans un cercueil très petit et très vieux. On prétend que le trouvant trop inconfortable, elle erre toujours autour de la chapelle. Son fantôme décapité apparaît à chaque date anniversaire de son exécution suivi par un cortège d'hommes et de femmes en costume d'époque. Catherine Howard, quant à elle, était la 5e épouse d’Henri 8. Vous comprenez pourquoi Henri 8 et Barbe bleue ont décidément beaucoup de points communs. Auprès de ces femmes reposent la dépouille de Thomas More que nous avons déjà évoqué.


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