L’enfance de Paul Cezanne

La vie et l'oeuvre de paul cezanne

L’enfance de Paul Cezanne

L’œuvre de Cézanne s’élabore autour de 2 lieux prioritaires : Paris et Aix en Provence, où il naît le 19 janvier 1839 et où il meurt le 23 octobre 1906 à l’âge de 67 ans.
Son enfance se déroule dans une famille initialement modeste, qui aura 3 enfants. Le jeune Paul est l’aîné de 2 sœurs, Marie et Rose. Le père de Cézanne est négociant en chapeaux de feutre comme on l’est dans la famille depuis des générations. De sa mère, ouvrière de la chapellerie, on ne sait pas grand-chose. Discrète, voire effacée, elle sut néanmoins s’affirmer, au moment de l’engagement de son fils dans une carrière artistique, lui apportant alors un précieux soutien.

Paul va suivre un enseignement traditionnel dans l’école primaire de la rue des Epinaux à Aix, puis il est demi-pensionnaire à l’école Saint Joseph. C’est durant l’enfance de son fils que le père de Cézanne rachète une banque en faillite, devenant de fait banquier. La fondation de la «banque Cézanne et Cabanol» va offrir rapidement à la famille une vie plus confortable. Et, 10 ans plus tard, la famille va même s’offrir le Jas de Bouffan, à 2 kilomètres d’Aix. En provençal, un jas est une bergerie.  C’est en l’occurrence une belle propriété de 15 ha aux arbres centenaires, avec plusieurs corps de bâtiments et une serre. Il s’agit d’une de ces belles demeures du 18e siècle encore nombreuses en Provence aujourd’hui.
En 1858 Paul a 19 ans. Depuis l’année précédente, il fréquente l’école municipale gratuite de dessin. Il y suit des cours de modèle vivant et des cours de dessin d’après l’antique. Il est également, depuis 6 ans, proche camarade de collège, d’un jeune homme promut à une grande réussite littéraire, Emile Zola. Ils vont ensemble partager ces moments de l’adolescence où l’amitié est chose essentielle et éternelle. Zola écrit : «  Nous nous échappions à courses folles à travers la campagne, nous avions besoin de grand air, de grand soleil, de sentiers pertinents au fond des ravins, dont nous prenions possession en conquérants… ». Pourtant, cette amitié sera rompue 28 ans plus tard en 1886, date à laquelle Zola fait paraître son roman « L’œuvre ». Eh oui ! L’un des personnages principaux, Claude Lantier, est un peintre raté, un «génie avorté» et suicidaire, et il semble emprunter beaucoup à la personnalité de Cézanne. Le peintre ne le pardonnera jamais au romancier. Zola envoie un exemplaire de son livre à Cézanne. La lettre que celui-ci lui adresse en retour ne révèle ni rancœur ni ressentiment, elle est brève et froide et marque la fin de leurs relations. Plus jamais ils ne se reverront. En outre la célébrité précoce de l’écrivain et la longue obscurité qu’a connue le peintre de son vivant, n’ont guère aidé les deux hommes à maintenir des rapports harmonieux. Toutefois, tant qu’ils se fréquenteront, Zola, va, sans relâche, encourager Cézanne et l’aider matériellement à intervalles réguliers, mais le critique d’art écouté qu’il était ne le soutiendra jamais vraiment. A la mort de l’écrivain en 1902, sa collection de peinture est mise en vente. Ce furent alors les Cézanne, 10 œuvres de jeunesse, qui atteignirent les meilleurs prix : de 3000 à 4000 francs, contre 2000 francs pour un Monet et environ 750 francs pour un Pissarro.

Pour l’anecdote, sachez qu’au collège Bourbon qu’ils fréquentent tous deux, Cézanne rafle les prix de littérature et Zola ceux de dessin amusant, non ? On a dit que les dons exceptionnels de Cézanne pour les langues anciennes, grec et latin, et pour les matières scientifiques, mathématiques et chimie, caractériseront plus tard la rigueur de son style.
Le père de Cézanne, qui n’imagine pas encore le conflit qui va l’opposer à son fils, lui installe un atelier de peinture au Jas de Bouffan. Zola, déjà monté à Paris en 1858, écrit souvent à son ami. Il lui vante cet air de liberté qui souffle sur la capitale, cette effervescence qui le stimule et il l’encourage à le rejoindre. Entre-temps, Paul passe son baccalauréat ès lettres et, pour contenter son père, il s’inscrit à la faculté de Droit. Mais il sait déjà qu’il veut se consacrer à la peinture. A cette vocation artistique, le père Cézanne répond avec hostilité. Qu’est-ce que c’est que cette histoire ? Mon fils, peintre ! Jamais !


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