La salle du conseil

La vieille ville: le sud de la medina

La salle du conseil

Le palais s’articule en fait en 5 parties visitables, le reste étant réservé à la famille royale qui l'utilise toujours. L’endroit où nous nous trouvons s’appelle le petit riad. Le terme « riad » désigne au départ un jardin, mais il s’emploie plus largement pour des ensembles comprenant jardins, pavillons et cours. Ce lieu servait de lieu d’audience pour Ba Ahmed. C’est là qu’il recevait les ministres de son gouvernement. Observons l’organisation de l’espace, un rectangle sur lequel s’ouvrent des salles et des niches. Très rythmé, cet espace est d’une grande sobriété de forme, mais les matériaux utilisés, marbre et céramiques, évoquent la richesse du propriétaire. Entrons maintenant dans la grande salle en face de nous dans l'axe de l'entrée. Pour visiter le palais, il suffit en fait de suivre le fléchage qui nous mènera d'un endroit à l'autre.

La première salle dans laquelle nous pénétrons depuis cette cour est la salle du conseil. Observons le plafond peint et ajouré, c’est l’une des merveilles de ce palais. Les artisans marrakchis sont passés maîtres dans l’art du bois et les plafonds travaillés sont un héritage de l’art hispano-mauresque. Cette forme d'art est due aux artisans maures qui, ayant fuis l'Espagne, sont venus au Maroc en amenant techniques et savoir-faire. Remarquez en effet l’abondance de la décoration tout comme la marqueterie des plafonds. Ce sont deux spécificités de l’art hispano-mauresque qui s’est développé dès la conquête de l’Espagne. Cordoue et Séville restent des modèles jugés parfaits et imités dans les grands palais de Marrakech. La finesse du travail est spectaculaire. Si nous comparons les motifs avec ceux vus aux tombeaux saadiens, nous voyons qu'à partir de mêmes thèmes, comme les étoiles par exemple, on arrive ici à une décoration plus fine et plus soignée qui donne davantage l'impression d'une tapisserie. Prenez le temps de regarder ces détails. Vous avez vu ? … Parfait. Continuons. Mais, avant de quitter ce lieu, il faut évoquer ici un personnage important de l’histoire récente du Maroc puisque le Maréchal Lyautey avait installé ici même ses bureaux. Louis Hubert Lyautey était né à Nancy en 1854. Militaire de carrière, il est aussi un adepte du catholicisme social et en 1891, il publie une étude s’intitulant : » du rôle social de l’officier dans le service militaire universel ». Cette étude le fera remarquer par ses supérieurs et rapidement des missions importantes lui sont confiées. D’abord accompagnateur de Gallieni au Tonkin –qui est le nord du Vietnam actuel-, il est nommé en 1906 à la tête de la division d’Oran. En 1912, il est nommé résident général de France au Maroc et installe ici même ses bureaux. En dehors d’un bref séjour à paris comme ministre de la guerre en 1917, il reste en poste au Maroc jusqu’en 1925. Rappelé à Paris en pleine guerre du rif. Il organise l’exposition coloniale de Paris en 1931. Cette exposition aura un succès considérable. 30 millions de visiteurs en 6 mois ! . Il meurt en 1934, et est inhumé à Rabat dans un 1er temps avant que son corps ne soit rapatrié aux Invalides à Paris en 1961. Dans la chapelle des Invalides, un cénotaphe reprend quelques phrases de ses beaux écrits sur le Maroc qu'il a tant aimé.


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