La maison Tiskiwin

La vieille ville: le sud de la medina

La maison Tiskiwin

Sortant du palais de la Bahia, nous allons maintenant nous rendre à la "maison tiskiwin". Pour cela, revenez à la porte d'entrée du "palais Bahia" sur la rue "riad zitoun".

Quand vous êtes dos à la porte du palais Bahia, tournez à droite et marchez environ 150 mètres sur le trottoir de la rue Riad Zitoun. Puis vous tournez dans la première ruelle à droite. L'entrée de cette ruelle se présente comme un passage couvert de quelques mètres. Une vingtaine de mètres plus loin, sur votre droite, vous trouvez l'entrée de la maison Tiskiwin.

Nous voici devant la maison Tiskiwin, maison du 19e qui fut transformée en musée des arts et traditions populaires à la fin des années 50. Pour ce qui est de son style, elle est surtout remarquable par ses patios de style hispano-mauresque. Pour ce qui est du musée, étant donné le droit d’entrée modique, nous ne saurions que trop vous conseiller de le voir.
La transformation du palais en musée est due à l’initiative d’un hollandais du nom de Bert Flint, professeur à l’université des beaux-arts à Casablanca. C’est avant tout un passionné et un collectionneur infatigable. Il est convaincu de la supériorité de l’art populaire sur l’art officiel de la peinture. Il se plonge dans les années 1950 dans l’histoire des caravanes, étudie les pistes empruntées, les échanges commerciaux, le troc et se lance dans une collection d’objets extraordinaires. Bientôt, sa collection est si importante que deux musées lui sont consacrés, ici même et à Agadir. L’architecture traditionnelle est aussi l’objet de son attention, il se bat bec et ongles pour sauvegarder les greniers collectifs de la région d’Agadir. Le musée comprend donc une part importante de sa collection et le fil conducteur qui nous mènera de salle en salle est constitué par les pistes caravanières traditionnelles. Marrakech a en effet été très longtemps le point de départ et d’arrivée de pistes caravanières menant jusqu’aux confins du Mali. Les dynasties médiévales berbères Almoravides et Almohades doivent une grande partie de leur puissance et de leur richesse à ces transits caravaniers. Sel, or, esclaves, ambre gris, peaux d’animaux sauvages étaient échangés contre des objets manufacturés, des grains ou des chevaux. Pour défendre leurs routes commerciales, les Saadiens ont lancé de grandes conquêtes jusqu’à Tombouctou –qui est la grande ville aux portes du désert et à l’entrée du Mali. Ils espéraient ainsi devenir les seuls intermédiaires des richesses du Mali. Mais au 16ème siècle, des comptoirs européens s’installèrent sur les côtes et le commerce maritime commença à prendre l’avantage sur le commerce caravanier. De plus, les produits européens concurrençaient les produits marocains dans les échanges. Après le règne d’Ahmed le doré, Marrakech perdra sa suprématie et les échanges lointains se raréfieront. Une partie des objets témoignant de ces échanges est exposée dans ce musée et des cartes permettent de situer ces routes et de suivre le cheminement caravanier.


<< 16 - Le grand riad...         18 - La salle n°1 du musé... >>

Sommaire complet du dossier :