Les sous-sols archéologiques de la place

La ville haute et la place royale

Les sous-sols archéologiques de la place

Nous sommes maintenant au coin de la place royale, la rue montagne de la cour dans notre dos, Godefroid de Bouillon et l’église Saint Jacques face à nous. Nous allons maintenant aller découvrir les sous-sols archéologiques de la place. Pour cela, longeons la place en partant vers la gauche, jusqu’à la rue Royale, que nous traverserons au feu.
Alors, tournons le dos à la Place Royale et prenons la rue royale jusqu’au coin avec la Place du Palais, à une dizaine de mètres. Le mur que nous longeons à notre droite est celui de l’hôtel Bellevue. Ce bâtiment abrite le musée de la dynastie, consacré à l’histoire de la famille royale de Belgique. Arrivés au coin de la place du Palais, donc, nous regarderons vers la droite et nous voilà à nouveau sur un site prestigieux. Nous voyons face à nous une très large avenue, la place du palais, entre le parc de Bruxelles à gauche, et le palais Royal, cet immense bâtiment à droite. Notez que ce palais royal n’est pas le palais résidentiel du roi, mais seulement le palais de fonction. Le palais résidentiel se trouve à quelques kilomètres de la ville, dans un quartier appelé Laaken et qui fait l’objet d’une autre promenade.
Mais pour l’heure, nous allons entrer dans l’hôtel de Bellevue, qui sert aussi d’accès aux sous-sols médiévaux. Dans ces sous-sols, nous découvrirons ce que fut autrefois le palais du Cowdenbèrgh. Nous évoluerons parmi les ruines de l’ancien quartier, et pourrons mieux, pris par l’ambiance des lieux, imaginer ce qu’était le vieux Bruxelles à cet endroit.

Nous voici au niveau du sol médiéval, à l’endroit où s’élevait le premier palais de Bruxelles qui a brûlé en 1731.

De ce palais, la visite nous permettra de découvrir une partie des caves, le sous-sol de la chapelle et celui de la grande salle de réception. Plusieurs campagnes de fouilles ont permis ces découvertes. Grâce notamment à l’iconographie, les gravures et peintures représentant ce quartier avant l’incendie du palais, nous pouvons aujourd’hui bien le connaître. Toutefois, le fait que nous soyons aujourd’hui en sous-sol nous imposera de faire souvent appel à notre imagination, afin de récréer autour de nous et en plein air les espaces de cet ancien palais.

Et déjà, où sommes-nous ? Ici, nous sommes exactement sous la rue Royale, à l’extrémité des caves de l’ancien corps de logis du palais. Quand nous descendons de la rampe, tournons-nous pour faire face au mur à droite de la rampe. Voilà.
Nous regardons dans la direction du parc de Bruxelles, et la place royale est dans notre dos. Le corps de logis s’étendait sur notre droite, tout en longueur, ouvert sur l’ancien parc. C’est dans cette partie de bâtiment que se trouvaient les appartements princiers, des courtisans et des hôtes du palais.

Vous constatez qu’à différents endroits sur les murs, sont collées de petites étiquettes rouges portant un numéro. Nous nous servirons de ces numéros pour vous indiquer les endroits à regarder. Par exemple, sur le mur en face de vous, sur la droite, se trouve le numéro 2. Ce mur est sans doute un des vestiges les plus anciens du palais, car il daterait du 12e siècle, c’est-à-dire des premières années du palais. A cette époque en effet, les premiers ducs de Brabant, qui résidaient à Bruxelles, ont déménagé leur palais depuis le bas de la ville jusqu’ici au sommet du Cowdenbèrgh. Ils en feront leur résidence permanente à partir du 13e siècle, et depuis, l’endroit restera toujours le lieu du pouvoir. Observons, toujours dans la partie droite du mur, qu’il y a des archères, fentes verticales permettant de tirer des flèches depuis l’intérieur du château. Ce que nous voyons ici, c’est l’extérieur de ces archères. Conclusion : Nous sommes donc ici en dehors du palais primitif. Il devait s’élever donc un peu plus loin du côté du parc actuel.
A la base de ce même mur, toujours dans la partie droite, une porte donne vue sur deux pièces jumelles, qui faisaient partie des caves du palais. Elles portent le numéro 3. Ces caves datent sans doute du 15e siècle.

Nous allons maintenant lever les yeux. Le plafond est recouvert de deux voûtes épaisses installées lorsque cet endroit fut transformé en cave, sans doute à la fin du 12e siècle. L’accès à ces caves s’est fait par un escalier, dont nous voyons encore des traces au bout du mur à notre gauche. Il porte le numéro 5. Juste aux pieds de cet ancien escalier, contre le mur du fond de la cave, le sol est marqué du numéro 6. C’est l’ancien niveau du sol médiéval. Celui sur lequel nous marchons en ce moment date sans doute du 18e siècle.

Nous tournons toujours le dos à la rampe par laquelle nous sommes descendus. A droite du mur qui nous fait face, une ouverture nous permet de continuer la promenade. Nous allons prendre ce couloir jusqu’au premier croisement, où nous nous arrêterons. Mais juste en entrant dans le couloir, vous regarderez à votre gauche. Là, vous verrez les traces d’un deuxième grand escalier, qui date sans doute du 15e siècle. Il permettait d’accéder à la grande cour du palais, ouvert sur la place des Bailles, donc, du côté de l’actuelle place Royale.

Nous voici au premier croisement. Le couloir qui part à droite mène à une petite salle d’exposition. Nous irons plus tard. Nous, nous allons maintenant prendre celui qui part à gauche. Là, tournez tout de suite à droite, par la première porte, qui porte le numéro 8.

Tout l’espace dans lequel nous nous trouvons est celui de l’ancienne chapelle du palais, construite sous le règne du roi d’Espagne Charles Quint. Il est difficile d’imaginer que nous sommes dans l’espace uni d’une chapelle, à cause de tous les murs qui séparent cet espace. En fait, tous ces murs ont été rajoutés pour soutenir la place et les rues situées au-dessus de nous. Et de plus, la chapelle à proprement parler était un niveau au-dessus. Elle était dédiée à saint Philippe et saint jean, en mémoire des parents de Charles Quint, Philippe le Beau et Jeanne de Castille, dite Jeanne la Folle. Sans doute est-ce ici l’occasion de parler du rapport entre la Belgique et l’Espagne. Car aux 16e et 17e siècles, la Belgique était bien espagnole. Pourquoi ? Pendant tout le 15e siècle, ces régions appartenaient au duché de Bourgogne. Elles en étaient même un des principaux fleurons. Des ducs comme Philippe le Bon ou Charles le Téméraire en ont fait le centre de leurs états. En 1477, après la mort du dernier grand-duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, il ne restait qu’une fille comme héritière : Marie de Bourgogne, qui épousera l’archiduc Maximilien d’Autriche. Quand Marie de Bourgogne mourra d’un accident de Cheval, au cours d’une chasse en Flandre, elle laissait notamment un fils, Philippe le Beau, qui héritera de sa mère. Philippe le Beau, époux de Jeanne d’Espagne, aura un fils, Charles, le futur Charles Quint, qui est né à Gand en 1500. Comme Philippe le Beau est mort très jeune également, il a laissé très tôt à son fils ses territoires de Flandres. Et par sa mère, Charles Quint hérite aussi de l’Espagne, et c’est ainsi que la Belgique entre dans la mouvance espagnole pour deux siècles.
Revenons à la pièce dans laquelle nous nous trouvons. Lorsque nous entrons, nous voyons au milieu de la pièce deux forts piliers de forme octogonale, reliés à leur sommet par un arc épais. Ce système soutenait en fait le niveau du sol de la chapelle, au dessus de nos têtes.
Au fond de la pièce, à gauche, une porte ouvre vers la deuxième partie de cette pièce.

Nous voilà dans une deuxième partie de cette pièce. N’oubliez pas que tous ces murs que nous traversons n’existaient pas à l’origine. Il faut faire un effort d’imagination pour reconstituer un vaste espace uni. Remarquons que face à nous, quand nous entrons, le mur est courbe. Nous y reviendrons. Au fond de la salle, à droite, se trouve un escalier métallique en colimaçon. Il date du début du 20e siècle, quand une banque, la Lloyd’s, occupait l’hôtel Bellevue. Cette salle était déjà connue et servait de cave, où étaient entreposées les archives.
Nous allons ensuite prendre la porte au fond à gauche, nous retrouver dans le couloir, que nous traversons pour passer dans la pièce qui fait face à celle où nous nous trouvons.

Le même espace que précédemment, mais inversé.Un mur courbe se trouve à notre droite. Vous comprenez ainsi que ce mur a en fait un plan semi-circulaire. C’est la base du mur du chœur de l’ancienne chapelle. Regardons au sol: ce sont des carreaux de terre cuite rouge et noire qui forment un motif de damier. Sur le mur du fond, à gauche, les restes d’un gros pilier portent le numéro 12. Comme ce pilier est démoli sur une partie de sa hauteur, nous voyons bien ici la manière dont ils étaient construits : des blocs de pierre bien taillés à l’extérieur, et un remplissage de blocs mal équarris à l’intérieur du pilier.


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