La grande salle de réception du palais

La ville haute et la place royale

La grande salle de réception du palais

Nous voilà maintenant dans le sens de la montée. Nous allons découvrir la grande salle de réception du palais. Pour cela, remontons la rue jusqu’en haut. Nous dépassons même la porte par où nous sommes sortis de la chapelle. Un peu plus haut, sur notre gauche, une deuxième porte s’ouvre dans le mur de la chapelle. Nous la passons encore et continuons tout droit dans la rue Isabelle, qui continue à monter. Quelques mètres plus loin, nous verrons à notre gauche les restes d’un escalier. Ils portent le numéro 18, juste face aux toilettes qui se trouvent à droite.

Vous êtes devant l’escalier ? Bien. Alors, sachez que cet escalier permettait autrefois d’accéder de la rue Isabelle jusqu’à la cour du palais. A droite de l’escalier, nous voyons le reste d’un mur de pierre, avec la base d’une tour de forme polygonale. C’est le mur de la grande salle qui se trouve juste derrière. Montons donc encore un peu la rue Isabelle. Et nous arrivons dans un espace, où le plafond devient de plus en plus bas. C’est normal, la rue commence à rejoindre le niveau actuel de la place Royale, sous laquelle nous nous trouvons. Quand nous regardons dans le sens de la montée, le mur à notre droite est toujours celui de l’hôtel d’OOgstraaten. A gauche par contre, c’est celui de la grande salle gothique construite à l’époque des Ducs de Bourgogne.

Cette grande salle d’apparat du palais a été édifiée entre 1452 et 1460, à la grande époque des Ducs de Bourgogne, qui, plutôt qu’en Bourgogne même, préféraient vivre dans les Flandres, à Bruges, à Gand, à Lille, à Bruxelles, C’était un lieu de prestige, destiné à recevoir les plus grands souverains et princes d’Europe. Le décor de cette salle devait donc être particulièrement soigné, fait de sculptures, de tapisseries. Nous en avons vu un exemple avec la statue de l’apôtre. Là ont eu lieu de nombreuses grandes cérémonies. Une des plus célèbres est sans doute, en 1552, l’abdication volontaire de l’empereur Charles Quint. Agé, fatigué, malade, il souhaitait passer le pouvoir à son fils, le futur roi Philippe 2. Face aux dignitaires de l’empire, face à la gouvernante -sa sœur Marie de Hongrie-, face aux représentants des Etats Généraux et à son fils Philippe, agenouillé devant lui, Charles Quint a prononcé ici un discours émouvant, dans lequel il reconnut notamment les erreurs et les violences inutiles de son règne. Il manifesta surtout sa tristesse d’abandonner le gouvernement de ce peuple flamand qu’il aimait tant. « Ces larmes, je les verse non parce que je renonce aux honneurs, mais à cause du chagrin que je ressens d’abandonner mon pays natal et de loyaux compatriotes ». Charles Quint était de fait né à Gand. Après son abdication, il se retira jusqu’à la fin de ses jours au monastère de Yuste, en Estremadure.

Un escalier de fer permet de jeter un coup d’œil à l’intérieur de la salle. A ce niveau, nous sommes toujours dans la rue Isabelle. Devant nous, au-delà de la grille, c’est le reste des sous-sols de cette salle, les cuisines. A droite et à gauche de la grille d’entrée se trouvent deux gros piliers de pierre, portant le numéro 23. Ce sont ceux d’une cheminée, qui existait à cet endroit. Un peu plus loin, entre les piliers de cheminée, un canal court sur le sol. Il porte le numéro 24. C’est un égout du 17e siècle. Regardons le mur, côté rue Isabelle. La gargouille portant le numéro 24 est l’aboutissement de ce canal.

Tournons à nouveau notre regard vers l’intérieur de la grande salle. Au milieu se trouve un amas de terre et de briques, marqué du numéro 25. En regardant bien, nous observons qu’au sommet de ce tas se trouvent quelques dallages. Ce sont ceux du sol de la salle proprement dite, qui certes étaient au niveau au dessus, mais qui se sont écroulés lors de l’incendie.

Plus en arrière encore, portant le numéro 27, nous voyons les restes d’un escalier en briques et en pierre, qui permettait d’accéder de la cuisine à la salle proprement dite. Sous cet escalier, on a mis au jour, en 1998, un conglomérat d’armures et des casques en partie fondus, rangées dans des coffres dont on a retrouvé les ferrures. Il devait s’agir des armes de parade de la garde à cheval du 17e siècle.

Enfin, presque devant nous, posée au sol et portant le numéro 27, une grosse clef de voûte, c’est-à-dire la pierre sculptée qui se trouvait au centre d’une voûte de plafond. Ces clefs de voûte étaient presque toujours décorées, comme ici. Cela nous montre quoi ? Et bien tout simplement que les salles de ce sous-sol étaient couvertes de voûtes.
Et voilà ce qu’il reste de ce qui fut un prestigieux palais, un endroit où régnèrent quelques-uns des plus grands souverains de l’Europe du Moyen Age et de la Renaissance. Sans aucun doute une belle réflexion sur l’éphémère des choses.

Redescendons maintenant l’escalier de fer pour retrouver le pavement de la rue Isabelle. Ce pavement, justement, est en grande partie une reconstitution sauf, à divers endroits, où des groupes de pavés plus blancs sont entourés d’un cercle de cuivre. Là, ce sont des pavements originaux.


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