L’intérieur de la chapelle Notre-Dame

Laeken : le quartier royal.

L’intérieur de la chapelle Notre-Dame

Mais revenons plus spécifiquement à l’espace dans lequel nous nous tenons. Nous le voyons : il est vaste et aéré. Il est divisé en trois longues nefs parallèles, séparées par de hautes colonnes composites, qui reposent sur des socles très élevés. Regardons une colonne : l’expression « colonne composite » signifie que chaque colonne est en fait constituée d’un ensemble de colonnes disposées en faisceau, comme nous pouvons le voir. Les voûtes des trois nefs sont à la même hauteur exactement, ce qui renforce aussi le sentiment d’unité. Ce type d’église est appelé « église halle », c’est-à-dire avec le plafond des trois nefs à la même hauteur. C’est un trait caractéristique des églises d’Europe du nord et d’Allemagne en particulier.

Observons les colonnes : elles sont très fines et longues, accentuant beaucoup la hauteur de l’édifice. C’est là une des obsessions du néo-gothique : la hauteur exagérée. En fait, l’architecte crée ici un paysage architectural original, constitué d’éléments gothiques disparates, mais assemblés d’une manière très fine et profondément influencée par l’imaginaire romantique. Le gothique, à l’origine, faisait ce qu’il pouvait, et souvent de façon empirique pour faire monter ses églises le plus haut possible : mais il avait quand même de lourds piliers à l’intérieur et aussi d’arcs-boutants à l’extérieur pour faire tenir le tout. Ici, l’aspiration d’origine est la même : donner de la légèreté. Simplement, les moyens techniques de la fin du 19ème permettent d’utiliser des colonnes plus décoratives que porteuses.

Toujours dans la nef centrale, levons les yeux pour observer maintenant le haut des murs, au-dessus des colonnes. Nous voyons alors une tribune qui court tout le long du mur. Au dessus de cette tribune, appelée aussi « triforium », se trouvent les fenêtres. Dans les vraies églises halles médiévales, il n’y a jamais de triforium ni de fenêtres dans la nef centrale. C’est donc ici à nouveau une création purement 19ème siècle. Remarquons aussi que le triforium est ici assez profond, alors que dans les vraies églises gothiques du Moyen Age, il est toujours très peu profond. Pourquoi cette autre nouveauté ? Cette profondeur correspond à nouveau à l’esprit néo-gothique, qui aimait donner de l’ampleur aux espaces. Un triforium trop peu profond donnerait un effet plus étriqué. En l’approfondissant, nous avons l’impression d’un espace qui respire.


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