La tombe de Marie Pleyel

Laeken : le quartier royal.

La tombe de Marie Pleyel

Après cette visite de la crypte royale, ressortons par la porte principale, et prenons tout de suite vers la droite, pour rejoindre l’entrée du cimetière, près du monument aux morts que nous avons vu tout à l’heure.

Nous allons maintenant découvrir brièvement ce magnifique cimetière du 19ème siècle. Ce cimetière romantique, à l’ombre de la crypte royale, est un des cimetières chics du Bruxelles du 19ème siècle. Beaucoup de monde voulait être enterré près des rois. De nombreux beaux monuments marquent l’emplacement de célébrités. Sans doute faut-il surtout profiter de l’atmosphère et se promener calmement sous les grands arbres, à l’ombre des croix de pierre. Le cimetière étant assez vaste, nous nous limiterons, en ce qui nous concerne, à la partie la plus romantique, celle qui se trouve directement à droite quand on entre, marquée par la présence des grands arbres.

Pour le moment, nous nous tenons à l’entrée du cimetière. Une grande allée s’ouvre devant nous, bordée de tombes ornées de sculptures variées. Le patrimoine funéraire du 19ème siècle est vaste et passionnant. De nombreux livres existent à ce sujet, et des associations tentent de préserver et de faire mieux connaître cet art un peu particulier. Ici par exemple, juste avant l’entrée du cimetière, sur la gauche, se trouvent les anciens ateliers du sculpteur de tombeaux Ernest Salu. Ils peuvent se visiter et abritent aussi une association, « Epitaaf », dont l’objet est la préservation du cimetière de Laeken. De nombreuses tombes ont déjà pu être sauvées grâce à son action.

Et maintenant, entrons dans le cimetière, et prenons de suite à droite, le chemin qui longe le mur. Après 10 mètres environ, un autre chemin débouche sur la gauche, C’est le chemin numéro 17. Au coin de ce chemin s’élève un monument en pierre jaune, un sarcophage sur un socle, flanqué d’une pleureuse voilée. Il porte le numéro de concession 106.

Nous sommes sur la concession N°106. Sur le côté du socle, un médaillon représente une femme de profil. C’est la tombe de la grande pianiste Marie Pleyel, dont le nom est inscrit sur le côté du tombeau.
Marie Pleyel, Marie Mock de son nom de jeune fille, était française. Elle avait été fiancée au compositeur Hector Berlioz. Mais alors que celui-ci était en Italie, elle avait rompu pour épouser le pianiste Camille Pleyel. Berlioz, au désespoir, tenta un retour théâtral à Paris, projetant d’assassiner l’infidèle, son époux, et puis de se suicider. Il devait se présenter à elle déguisé en femme de chambre, pour ne pas éveiller de suspicion, et pouvoir ainsi accomplir son acte de vengeance. Mais Berlioz égara son costume de femme de chambre au cours du trajet. Arrivé à Nice, il commença aussi à s’inquiéter pour sa rente de pensionnaire français à Rome. Il rebroussa donc chemin, rentra à Rome et laissa Marie et Camille Pleyel à leur bonheur conjugal. Nous voilà en plein romantisme.

Mais Marie Pleyel ne fut pas heureuse longtemps. Après son divorce avec Camille Pleyel, en 1848, elle vint s’installer à Bruxelles, et enseigna le piano au conservatoire royal. Avec sa technique et ses méthodes pédagogiques de qualité, elle porta l’école belge du piano à un niveau très élevé. Sa gloire musicale est évoquée par la couronne de feuillages et la lyre posés sur le couvercle du sarcophage. La pleureuse voilée, appuyée contre le tombeau, tient sous le bras gauche un flambeau allumé, signe d’éternité, éternité de sa gloire bien sûr.


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