L’ancienne église

Laeken : le quartier royal.

L’ancienne église

Revenons maintenant en arrière sur le chemin 11. Au coin, tournons à droite et marchons jusqu’à ce que nous croisions une allée plus large. Là, arrêtons-nous.

Nous sommes au coin d’une large allée. D’où nous venons, nous prenons cette allée vers la droite. Après quelques mètres, nous croisons une autre large allée, perpendiculaire. Nous la traversons et continuons toujours tout droit. A ce moment, nous longerons à notre droite la « pelouse », ensemble de tombes, portant le numéro 10. Au-delà de cette pelouse 10, vous apercevrez le chœur gothique de la vieille église paroissiale de Laeken. Mais nous continuons dans l’allée principale. Un peu plus loin, un chemin part vers la droite, en direction de la vielle église. Nous prendrons ce chemin et nous arrêterons devant le vieux chœur.

Le chœur qui se dresse devant nous est tout ce qu’il reste aujourd’hui de l’église médiévale du vieux village de Laaken. Elle semble bien frêle à côté de l’inquiétant mastodonte de Poulaart, que l’on voit s’élever un peu plus loin à notre droite. Elle date du 13ème siècle. La légende veut que son plan ait été donné par la Vierge elle-même. Le plan du futur édifice fut marqué au sol par un léger fil couvert de cendres, découvert à l’aube par les habitants émerveillés. C’est pourquoi le lieu était un important pèlerinage jusqu’au 19ème siècle. C’est dans la crypte de cette petite église qu’ont été enterrés la reine Louise-Marie et Léopold premier, avant de pouvoir être déplacés vers la nouvelle crypte. L’enterrement de Léopold premier posa d’ailleurs des problèmes. En effet, d’origine allemande, Léopold premier était de conviction protestante. Il avait aussi des liens avec la franc-maçonnerie. Aussi, tout roi qu’il était, lorsque son cercueil arriva pour la cérémonie, le prêtre ne voulut pas le laisser entrer dans l’église. Le service eut donc lieu sous une tente installée devant l’église. Cela dit, après la cérémonie, il fallait bien que le cercueil passe par l’église pour aller dans la crypte royale construite en sous sol. Et bien non !! le curé ne voulait toujours pas. Et la situation était à ce point bloquée par ce rétif curé que le Cardinal -primat de Belgique- du intervenir pour empêcher que le cercueil ne soit introduit dans la crypte par un trou aménagé dans les fondations à l’extérieur de l’église !

Revenons à ce que nos voyons. Devant le chœur de l’église se trouvent une série de tombes. L’une d’elles, la plus simple de toutes, porte le numéro de concession 1485. C’est la tombe de l’architecte Alphonse Balat, maître du grand architecte Victor Horta, créateur de l’art nouveau. La tombe de Balat est simplissime. C’est un simple sarcophage, sans aucune ornementation. Toute sa vie, Alphonse Balat, qui est l’auteur des fameuses serres royales du palais de Laaken, rechercha la rigueur et la simplicité dans l’architecture. En ce sens, il occupe une place importante dans l’histoire de l’art, cherchant à dépouiller l’architecture du 19ème siècle de ses ornements inutiles. Son élève, Victor Horta, ira encore plus loin, et cela l’amènera à être un des créateurs de l’art nouveau. C’est à des gens comme Balat que Bruxelles doit d’être une des principales capitales de l’architecture au 19ème siècle. La simplicité de son tombeau reflète ainsi bien ses idéaux artistiques.

Bien d’autres tombes seraient à mentionner dans ce cimetière. Des discours interminables pourraient évoquer les richesses esthétiques et symboliques de l’art funéraire du 19ème siècle. De nombreux personnages pourraient encore être évoqués, à commencer par Joseph Poulaart, qui a sa tombe vers le milieu du cimetière, qui porte le numéro de concession 93. Mais il faudrait pouvoir passer au moins un demi-journée dans ce cimetière. Comme il nous reste bon nombre de choses à voir, nous vous proposons de continuer. Pour cela, revenons sur nos pas. C’est-à-dire que nous reprenons le chemin en laissant la tombe de Balat et la vieille église à notre droite. Au croisement, reprenons la large allée vers la droite. Elle nous mènera tout droit vers une porte de sortie secondaire. Mais arrivé près de cette grille, nous vous mentionnerons encore une tombe intéressante, décorée par une œuvre de Rodin.

Lorsque vous êtes au bout de cette allée, face à la grille de sortie, un chemin part vers la droite, longeant le mur. Tournons-nous vers ce chemin. Nous voyons alors, sur notre droite, une tombe surmontée du fameux « Penseur » de Rodin. Approchons-nous.
La tombe ne porte aucune inscription. En fait, l’épitaphe se trouve gravée à l’arrière de la tombe. C’est le tombeau de Joseph Dillen (Dilèn), un expert en antiquités et critique d’art, mort en 1935. On dit qu’il estimait que son nom était indigne de figurer sous l’œuvre de Rodin, ce qui explique qu’il le fit graver à l’arrière de la tombe. Le « Penseur » que nous voyons ici est un moulage fondu dans le moule de la première version de cette œuvre, dont l’original, de 1904, se trouve actuellement au musée Rodin, à Paris.

Prenons maintenant la grille de sortie. Nous serons alors dans une rue portant le nom de « Square Cardinal Cardijn ». Très vite à droite, une rue nous permettra de retrouver le grand axe de la large rue royale, grande avenue à la circulation très dense. Nous vous y attendons.

Nous voilà au bord de la cette large avenue. A partir d’ici, elle porte le nom d’avenue du Parc Royal. Sur le trottoir d’en face, tout le long de l’avenue, se dresse une longue grille. Derrière se trouve le grand parc privé du palais royal de Laaken. Mais restons de côté-ci de la rue. Lorsque nous tournons le dos au cimetière, et avons donc en face de nous le parc royal, nous prenons l’avenue du Parc royal en partant vers la gauche. Nous marcherons ainsi pendant environ 1000 mètres, en restant toujours le long de cette avenue qui serpente légèrement, jusqu’à ce que le paysage change un peu. En fait, nous nous arrêterons seulement quand nous verrons à notre droite, c’est-à-dire sur le trottoir opposé où nous sommes, les grandes grilles d’entrée du palais royal, avec le palais lui-même au fond, et à gauche un parc montant en pente douce, avec au sommet un monument en forme de flèche néo-gothique. Impossible de se tromper.


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