Le palais royal

Laeken : le quartier royal.

Le palais royal

Et nous voilà à hauteur du palais royal. Il n’est pas nécessaire de traverser la rue, nous pouvons très bien le voir d’ici. L’accès n’y est d’ailleurs pas autorisé. Il faudra donc regarder de l’extérieur.

Le palais que nous voyons au fond du parc, au-delà des grilles, est le lieu de résidence du roi. Il s’agit à l’origine d’un palais du 18ème siècle. A l’époque, l’actuelle Belgique, alors nommée « Pays-Bas du Sud », dépendait de l’Autriche, représentée par des gouverneurs. Le dernier d’entre eux, Albert de Saxe-Teschen, fit construire ce palais en 1781. C’était une résidence d’été, pas trop loin de la ville, mais pas trop près non plus, par crainte des émeutes. Il est nommé château de Choonenbèrgh, qui veut dire « Belle colline », car juste derrière, le terrain descend en pente, offrant une belle vue sur le parc et, au-delà, Bruxelles. En 1803, il fut racheté par Napoléon, qui l’offrit à Joséphine de Beauharnais. En 1815, il appartint au roi de Hollande. Enfin, en 1831, le nouvel état belge le met à la disposition du roi.

L’état actuel du palais, de son parc et de tout l’environnement urbain, avec les larges avenues et les nombreux monuments, est dû à l’action infatigable du roi Léopold 2, qui toute sa vie se battit pour le prestige de la royauté, et pour faire de la Belgique une grande nation industrielle et commerciale. A titre indicatif, Léopold 2 a régné de 1865 à 1909, soit plus de 40 ans. Sur sa propre fortune, et surtout avec les richesses venues du Congo, la colonie qu’il acquit pour la Belgique, il réalisa à Bruxelles de gigantesques travaux de modernisation.
Pour ce qui est du château lui-même, Léopold 2 l’a fait entièrement réaménager. Le roi était fasciné par le château de Chantilly, récemment reconstruit. Il aurait voulu faire quelque chose d’aussi grandiose ici à Bruxelles. Sur le conseil de Daumet, l’architecte de Chantilly, Léopold s’adressa à l’architecte français Charles Girault, auteur du petit palais des Champs Elysée, à Paris, afin de mettre sur pied un projet d’aménagement de son château. Et ce fut le début d’une longue collaboration.

Mais pourquoi s’adressa-t-il à un architecte français, quand on sait que Bruxelles et la Belgique furent un des principaux centres de la création architecturale en Europe à cette époque ? En fait, Léopold 2 n’aimait pas la nouveauté artistique. Pour lui, l’art du pouvoir se devait d’être classique et grandiose. La France était porteuse de cette grande tradition du classicisme. Les architectes belges étaient en général, aux yeux du roi, trop novateurs, ne présentant d’intérêt que dans le cadre de l’architecture plus privée. Et Charles Girault sera donc le maître à penser des grandes créations officielles du roi.

Que veut Léopold 2 pour le palais ? A droite de l’aile principale : il voulait une grande chapelle et de grandes écuries. Si cela n’est pas visible d’ici, à cause des arbres, cette partie du projet, sachez le, a bien été exécutée. A gauche de l’aile principale, il voulait une immense salle de réception : un palais de la nation, où pourraient se tenir des réunions de congrès, des réceptions publiques et solennelles. Une ligne de chemin de fer souterraine devait arriver jusque là et déposer les visiteurs aux pieds des escaliers d’entrée du palais. Mais ces projets faramineux, en revanche, ne verront jamais le jour. Les Belges n’en comprennent pas l’intérêt. On trouve le roi mégalomane. D’ailleurs, ce roi était bien encombrant semble-t-il, pour un petit pays qui n’aspirait qu’à la tranquillité. Ce roi donne au pays une immense colonie, une des plus grandes d’Afrique, il fait faire des travaux que personne ne réclame … En fait, Léopold aime la Belgique, mais il n’aime pas les Belges, qu’il trouve petits et mesquins. Léopold est un grand rêveur, qui voit de grands horizons, et qui essaye de les imposer. A sa mort, tous ses projets sont abandonnés, à commencer par la fameux « Palais de la Nation » et sa gare souterraine.

Le parc lui-même fut agrandi et aménagé par le paysagiste français Laîné. A cette occasion d’ailleurs, l’entrée du palais fut déplacée ici, pour être dans l’axe de l’entrée du château. Souvenons-nous que l’entrée originale se trouvait beaucoup plus loin, vers l’église Notre-Dame. Nous l’avons vue au début de notre visite. Sur les grilles devant lesquelles nous nous tenons, nous voyons à plusieurs endroits la double lettre « L », monogramme de Léopold 2. Et d’ailleurs, vous trouverez ce symbole un peu partout à Bruxelles et en Belgique, rappelant l’action urbanistique du roi.
Et maintenant, nous allons tourner le dos au palais, et regarder vers le monument néogothique qui se trouve au sommet du parc.


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