La fonction de ces deux édifices 

Laeken : le quartier royal.

La fonction de ces deux édifices 

Quelle est la fonction de ces deux édifices ? La maison chinoise devait être un restaurant de luxe. Cela n’a jamais marché, car aucun restaurateur ne s’est jamais présenté pour l’administrer. La tour japonaise quant à elle, était le lieu d’une exposition permanente belgo-japonaise, présentant des produits des deux pays. Elle dépendait du ministère des affaires étrangères. Pendant l’occupation allemande, en 14-18, elle fut fermée, car les allemands avaient peur des bâtiments hauts, qui pouvaient servir à envoyer des signaux, ou même à abriter un éventuel tireur isolé. Ce fut le début de la fin pour la tour. Pendant sa fermeture, elle a été très abîmée, son mobilier pillé aussi par des voleurs. Après la guerre, personne ne voulu reprendre cet encombrant et inutile monument, qui échoit finalement au Département des Sciences et des Arts, comme la maison chinoise. Aujourd’hui, les deux édifices dépendent des Musées Royaux d’Art et d’Histoire. La maison chinoise sert à exposer des vases chinois, et la tour japonaise sert à exposer l’art japonais.


Observons d’abord la maison chinoise. Ce n’est pas une maison démontée en Chine et reconstruite ici. Si tous ses matériaux ont bien été fabriqués en Chine, le bâtiment lui-même est l’œuvre de l’architecte Alexandre Marcel. En fait, cette maison n’est pas si chinoise. Si vous entrez à l’intérieur, vous constaterez que son décor relève plus du rococo, d’une aimable chinoiserie, teintée, vers 1900 d’influences art nouveau.

Maintenant, toujours d’où nous sommes, tournons-nous pour observer la tour japonaise. Celle-ci a été faite avec beaucoup plus de sérieux que la maison chinoise. Observons le rez-de-chaussée de la tour, côté rue. Il s’y trouve un porche de bois. Ce porche, œuvre de l’architecte japonais Komatsu Mitsushige, vient directement de l’Exposition universelle de Paris, où Léopold l’a acheté à la fin de la manifestation. On voit encore, de part et d’autre de la porte, les guichets à ticket de l’époque, aujourd’hui fermés par des volets de bois.

La tour elle-même a été édifiée entre 1901 et 1905. A cette date, elle fut inaugurée par une somptueuse garden party. Elle est conforme en tout point aux méthodes de construction traditionnelles au Japon, ce qui est unique en Europe. Notamment, il n’y a aucun clou de fer, mais uniquement des chevilles de bois. Par contre, au niveau de la structure, quelques aménagements occidentaux y ont été faits.
Levons les yeux : nous observons une loggia en avancée qui court sur toute la hauteur de la façade côté rue. Cette loggia abrite un escalier. Dans les véritables pagodes, l’accès aux différents étages se fait par une échelle. Mais peut-on imaginer les élégantes belges de la Belle-époque, coincées dans leurs corsets, emmêlées dans leurs longues jupes et jupons, coiffées d’impressionnants chignons et de chapeaux aux décors extravagants, bref ces jolies femmes-fleurs et ces beaux messieurs en redingote, aux prises avec une échelle ? Et bien sûr, dans cette tour, il y a aussi l’eau et l’électricité.


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