L’hospital de los Venerables

Le barrio de santa cruz et le barrio san bartolomeo

L’hospital de los Venerables


Continuons dans la calle pimienta sur une petite centaine de mètre et prenons la 1ère rue à droite, la calle Gloria, qui débouche immédiatement sur la Plaza de los Venerables. Arrêtons-nous devant le n° 8 de cette place : devant nous se dresse l'hospital de los Venerables.

Avant d'observer cet édifice, nous allons tout d'abord évoquer brièvement son histoire qui se confond avec celle de la chute de Séville fin 17e.

« L'hospital de los Venerables » fut fondé en 1675. Il ne s'agissait pas -à proprement parler- d'un hôpital mais d'un hospice. Il était destiné aux prêtres âgés ; en espagnol, "los Vénérables". La seconde moitié du 17e à Séville fut marquée par un terrible déclin : il y eu une brusque chute de l’économie, qui s'accéléra encore à la suite de la grande épidémie de peste de 1649, qui tua presque la moitié de la population de Séville. Si bien que de nombreux prêtres âgés, ou malades, ne pouvant plus remplir leur fonction et n'ayant plus de famille furent recueillis dans cet édifice. Cette fondation est emblématique des nombreuses institutions caritatives qui se multiplièrent à l'époque en raison de la paupérisation dramatique que connut Séville à la fin du siècle d'or.
L'hôpital fut conçu par le grand architecte Leonardo de Figueroa, auteur également du portail du Palais de San Telmo à Séville. L'hôpital est sa première œuvre importante. C'est l'un des meilleurs exemples du baroque sévillan du 17e siècle.
Mais, que signifie ce terme de baroque, tellement employé. Le mot baroque provient d'un terme de joaillerie portugaise, signifiant "perle irrégulière". Ce mot fut repris en français, de manière péjorative, dès le 18e siècle pour désigner un style architectural bizarre, étrange, voire fou, ne correspondant pas à l'harmonie classique. Le baroque trouve en Andalousie une de ses terres de prédilection.
A Séville, le baroque est beaucoup plus décoratif que structurel. Il s'agit souvent d'un décor théâtral, plaqué sur des murs droits. Ici, ce n'est pas le mur lui-même qui ondule, contrairement à ce qu’on voit à Rome ou en Europe centrale. Non, ici ce sont plutôt les ornements qui ondulent. Comme nous allons le voir : le décor est surchargé, dense et se décline en brique, en céramique et en stuc. Bref, il utilise des matériaux et des coloris contrastés.
L'édifice est actuellement le siège du FOCUS (c'est-à-dire le Fondo de Cultura de Sevilla) et est le cadre d'expositions artistiques temporaires.


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