L’Eglise Santa Maria Blanca

Le barrio de santa cruz et le barrio san bartolomeo

L’Eglise Santa Maria Blanca

Continuons, traversons cette place et prenons la calle Cruces qui aboutit dans la rue Ximenez de Enciso, une des rues les plus empruntées du quartier.

Arrivés au bord de cette rue Ximenez de Enciso, tournons à droite pour aboutir à une place triangulaire, sur laquelle se trouvent de nombreuses terrasses de restaurants.

Cette place, qui ne porte pas de nom, a une forme triangulaire. Tournons le dos à la rue Ximenes de Enciso, la rue par laquelle nous sommes arrivés. On voit une large rue qui longe le plus grand côté de la place. Sur sa partie à notre gauche, cette rue porte le nom la calle San José, et sur sa partie à droite, elle devient Santa Maria Blanca. Et c’est là que nous nous rendons.
Traversons donc cette place pour prendre sur la droite la rue Santa Maria Blanca.

Empruntons la calle Santa Maria la Blanca sur notre droite. Parcourons quelques dizaines de mètres. Et, sur le trottoir d’en face, nous verrons une façade blanche dont la porte est surmontée d'un clocher blanc, percé de 4 fenêtres: c'est l'église Santa Maria Blanca qui a donné son nom à la rue. Allons jusqu’à cette église.

Cette église était une synagogue au 13e avant d’être transformée en église.
Devant nous se dresse une façade discrète et dépouillée : c’est un simple mur blanc qui est percé par un unique porche de style gothique. En levant les yeux au-dessus de cette porte, nous voyons le clocher qui surmonte le mur de l'entrée. Ce clocher, qui fut construit au 17e siècle, n'est pas une tour, mais un simple mur percé d'orifices qui accueillent les cloches. On appelle ce type de campanile un "mur-clocher" qui fut très à la mode à partir de cette période.

L'église actuelle a été consacrée en 1665. Et c’est à cette époque que l'intérieur fut complètement transformé en style baroque, ce qui ne manque pas de surprendre étant donné l’extérieur très sobre.

En pénétrant dans l'église, on est immédiatement frappé par l'abondance décorative de l'intérieur.
L'église est divisée en 3 nefs par des rangées d'arcades, soutenues par des colonnes de marbre rouge qui sautent aux yeux. Celles-ci, ainsi que les voûtes ont été recouvertes d'une décoration en stucs très abondante.
C’est donc l’occasion de dire deux mots sur cette technique, le stuc, très utilisée au 17ème pour la décoration architecturale. Alors de quoi s’agit-il ? Et bien, il s'agit de plâtre auquel on ajoute souvent de la poudre de marbre. Ce matériau est appliqué ensuite sur les murs ou sur les plafonds afin de les orner de motifs en reliefs. Ces reliefs ont souvent été réalisés grâce à des moules ou bien sculptés une fois sec. Les stucateurs utilisent parfois une armature métallique et mettent de la paille dans le stuc encore humide afin de consolider les parties qui ont un relief important.
A Santa Maria Blanca, le stuc est utilisé sur les voûtes. Les motifs dessinés ont la forme de rinceaux, c'est-à-dire de végétaux qui prennent la forme d'arabesques. Ces rinceaux sont très proliférants et donnent une impression de grande richesse. C’est d’ailleurs un motif décoratif que l’on retrouvera souvent dans les églises baroques.
Cela dit, pour notre regard français formé par le classicisme, cela peut sembler étouffant. Mais en tout cas, ce décor foisonnant était particulièrement apprécié par l'église à l'époque baroque. En effet, la somptuosité et l'abondance étaient un support aux discours des prédicateurs ; une manière de montrer le Paradis promis dans les sermons.

Avançons dans la nef centrale, c'est-à-dire l'allée centrale, et tournons-nous vers le choeur. Au-dessus de l'autel, situé dans l'abside de l'église, regardons la statue de la Sainte Marie de la Neige, ou Sainte Marie la Blanche. Nous remarquerons qu'elle est vêtue d'une robe et d'un manteau de tissus somptueusement rebrodés de brocards.
Elle est un témoin des actions de la contre-réforme. De quoi s’agit-il ? La Contre-Réforme est l'ensemble des réformes qu'entreprit l'église catholique, à partir de la seconde moitié du 16e, afin de répondre aux critiques des protestants. Le but est bien sûr de faire cesser l’hémorragie de fidèles. Les attaques des protestants portaient aussi bien sur les pratiques religieuses et sur l’église catholique que sur le dogme. Notamment, ils –les protestants- remettaient en cause les saints et aussi la place de Marie, qui –selon eux- est la mère de Dieu, mais pas la vierge marie. Elle a conçu et enfanté naturellement comme toute femme. La réponse de Rome fut d’apporter des aménagements à la pratique religieuse : par exemple, les jubés disparaissent. Les jubés sont ces grandes barrières qui auparavant séparaient visuellement les religieux des fidèles pendant la messe.
En revanche, pour ce qui est du dogme, Rome se refuse à toute modification et même contre-attaque en réaffirmant encore plus fortement le culte de la Vierge Marie et des saints. C’est vrai que si l’église catholique avait commencé à accepter la remise en cause d’un de ses dogmes, il est envisageable que tout, en tout cas beaucoup, se serait écroulé comme un château de carte.
Pour sa part, pour revivifier ce culte Marial, le clergé espagnol développa une piété plus émotive. Le culte de la Vierge et des saints fut à nouveau exalté. Et on privilégia de plus en plus une représentation des personnages sacrés plus naturaliste, plus doloriste –c'est-à-dire qui recourt à la douleur ou du moins à son image. On utilisa ainsi fréquemment de vrais vêtements qui revêtaient des statues en bois polychrome, mais aussi des cheveux véritables voire même des larmes de verre. Ainsi, les fidèles pouvaient identifier plus facilement leurs souffrances à celles des personnages sacrés qu'ils venaient prier. La statue que nous voyons devant nous relève de cette tradition toujours très respectée à Séville. Les paroissiens changent les vêtements de la Vierge à l'occasion de fêtes religieuses importantes. Cette statue est aussi emmenée en procession vers la cathédrale, sur un paso, c'est-à-dire un brancard, lors de la Semaine Sainte.


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