La calle Levies

Le barrio de santa cruz et le barrio san bartolomeo

La calle Levies

Continuons à avancer un peu dans la calle Cespedes. La première rue que nous allons croiser est la calle Levies; prenons-la sur notre droite et avançons de quelques pas pour nous arrêter devant le n°23. En chemin, racontons un peu l’histoire de cette rue qui doit son nom au banquier Samuel Levies qui fut, au milieu du 14e siècle, le trésorier du roi de Castille, Pierre le Cruel. Il faut savoir que Séville était alors la capitale du royaume de Castille et le roi Pierre le Cruel y séjournait très souvent. Samuel Levies possédait une riche demeure dans la rue. Elle se trouvait alors au cœur de la juderia qui connaissait à cette époque son âge d'or, car toute la communauté juive bénéficiait de la protection des souverains.

Nous voici donc devant ce n°23, qui fut la Maison natale de Miguel de Mañara. Elle est actuellement occupée par le conseil culturel de la Junta de Andalucia. La Junta de l'Andalucia est le nom espagnol qui désigne le gouvernement de la région autonome de l'Andalousie.
Mais parlons un peu de l'histoire des principaux occupants de ce palais.

Le père de don Miguel de Mañara, qui vivait durant la première moitié du 17e siècle, était un négociant d'origine corse. Il racheta ce palais, car il s'était enrichi considérablement grâce au commerce avec l'Amérique.
Don Miguel de Mañara fut, quant à lui, une des figures les plus hautes en couleurs de la Séville du 17e siècle. Jeune homme libertin, hautain et orgueilleux, il mena une vie des plus dissolues avant d'entrer dans les ordres afin de se mortifier et de se purifier pour le salut de son âme. La légende attribue cette conversion subite à l'image qu'il eut de son propre cortège funèbre dans les rues de la Juderia alors qu'il revenait d'un bal. Il consacra ensuite le reste de sa vie aux malades et aux misérables de Séville, si nombreux dans la ville, alors en passe d'être supplantée économiquement par Cadix. C'est dans ce contexte que Don Miguel de Mañara fonda l'hospital de la Caridad, l’hôpital de la charité, institution encore en activité, situé non loin des arènes.

Revenons au palais. Il mélange tous les styles et est couvert de placages de marbre, de jaspe et de pierre blanche ou de pierre noire.
Durant les horaires d'ouvertures des bureaux (en général le matin, jusqu'à 14h) nous pouvons entrer dans le patio du palais.
Allons y. Traversons le zaguan, qui est, on s'en souvient, l'entrée qui précède le patio, et accédons au patio. Celui-ci correspond à la cour intérieure d'un palais renaissance : la partie à l'air libre est entourée d'arcades reposant sur des colonnes. Au centre, une fontaine de marbre blanc, de style italien donne une impression de fraîcheur. Des plantes accentuent encore ce sentiment. Vous pouvez y rester un peu puis ressortons du bâtiment et retrouvons nous dehors


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