La plaza de la Mercederias

Le barrio de santa cruz et le barrio san bartolomeo

La plaza de la Mercederias

En tournant le dos au palais, reprenons sur la droite la calle Levies. Puis, tournons immédiatement à droite pour déboucher sur la plaza de la Mercederias.

Ombragée d'orangers et ponctuées de quelques bancs, cette place est la plus agréable et la plus fréquentée du quartier, notamment en fin d'après-midi, c'est-à-dire -pour les Sévillans-, à partir de 20h00. Elle prend la forme d'un triangle irrégulier où la rejoint la rue Levies qui est très tortueuse, car elle a conservé son tracé moyen-âgeux.
Décrivons cette place et les bâtiments qui l’entourent. Regardons sur notre gauche, en diagonale par rapport à la place : nous voyons les murs blancs du couvent et de l''église de la Mercederias. Cet ordre religieux, fondé à la fin du Moyen-Age, était spécialisé dans le rachat des prisonniers chrétiens, enlevés par les barbaresques, c'est-à-dire les pirates musulmans qui étaient alors basés essentiellement à Alger.
De l'autre côté de la place, nous apercevons un autre bâtiment en brique : le couvent des Salésiens avec son église attenante. La façade de l'église des Salésiens se trouve dans le prolongement du mur du couvent. Regardons la façade ornée d'arcades en briques qui s'entrelacent. Pour Séville, elle est assez récente puisqu'elle date de la fin du 19e siècle. Il s'agit d'un pastiche néo-gothique.
Et maintenant, regardons à côté de la porte du couvent, sur la gauche : on peut voir l'inscription "Nodo". C'est la devise de Séville. Vous l'avez peut-être déjà remarqué cette inscription sur les plaques d'égouts, sur les bancs, les bus municipaux. Mais que signifie Nodo? C’est un rébus.
En fait, ce "No" et ce "Do", entourent un écheveau, qui se dit « madeja » en espagnol. Ce rébus se traduit par "no madeja do".
Et attention, ce n’est pas fini. Car « No madeja do » est la contraction de "No me ha deja Do", qui veut dire "elle ne m'a pas abandonné".
Bien, on progresse, mais qu'est-ce qui n’a pas été abandonné et par qui ? Et bien, cette devise remonte au 13e siècle, au règne d'Alphonse10 de Castille. Elle fait allusion à la fidélité de Séville envers ce roi, alors qu'il était en guerre contre son propre fils. Toutes les villes d'Espagne s'étaient révoltées contre lui et seule Séville lui demeura fidèle. Alphonse 10 ne l'oublia jamais et lui donna cette devise pour la remercier. C'est pourquoi encore de nos jours, nous pouvons voir cette inscription, omniprésente à Séville.
Nous avons constaté une nouvelle fois que ces couvents sont très proches l'un de l'autre. La proximité de ces deux couvents, qui sont toujours en activité, vous étonne peut-être. Elle démontre une nouvelle fois l'importance de la place des congrégations religieuses dans les centres historiques des villes andalouses.


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