Le tour d’horizon

Le bundestag et le quartier du gouvernement

Le tour d’horizon

Nous commençons notre visite au pied des marches du Bundestag. Mais avant d’entreprendre sa découverte, tournons-lui un instant le dos pour contempler l’espace vert qui s’étend devant lui afin de nous orienter.

Nous voyons une vaste étendue rectangulaire de pelouse qui est fermée dans le fond par une rangée d’arbres. Et cette pelouse dégage totalement le Parlement qui semble trôner en majesté et presque seul. Le nom de cette étendue verte est particulièrement symbolique puisqu’il s’agit de la Place de la République. Le lieu, anciennement place royale, fut rebaptisé ainsi en souvenir de la proclamation de la république le 9 novembre 1918. Auparavant, l’espace était dominé par une colonne de la Victoire qui rappelait les grandes victoires militaires qui entraînèrent la fondation de l’empire allemand. Rappelons-les : il y eut d’abord la victoire contre le Danemark qui rattacha le Schleswig Holstein à l’Empire, celle contre l’Autriche qui montra la supériorité militaire prussienne et celle contre la France qui s’acheva par l’occupation de l’Alsace-Lorraine.

Regardons un instant sur notre gauche. Nous voyons un espace boisé qui semble s’étendre à l’infinie. Quelle surprise de trouver près du principal bâtiment du gouvernement allemand une forêt ! Eh oui, il s’agit effectivement d’un immense parc appelé le Tiergarten (jardin des animaux) qui couvre une superficie de quelque 220 hectares. Nous pourrons mieux apprécier son étendue depuis la coupole du Bundestag. Le Tiergarten est un peu le poumon vert de Berlin et peut être comparé au Central Park de New York. Les Berlinois aiment s’y rendre le week-end pour faire du Jogging, se promener, faire des barbecues et même s’y bronzer totalement nus en été. Le naturisme fait partie intégrante de la vie allemande et surtout dans le nord du pays.

Regardons encore une fois droit devant nous au bout de la place de la république.
Nous voyons dépasser des arbres un toit étrange en forme de V ou d’aile pliée vers le milieu à la manière d’un avion en papier. Alors de quoi s’agit-il ? Il s’agit du toit de la maison des cultures du monde, un complexe de plusieurs salles de spectacles utilisé pour des manifestations multiculturelles comme des expositions de peinture orientale, des ballets contemporains ou des concerts de musique traditionnelle étrangère. Si vous en avez le temps, nous vous conseillons d’aller y jeter un œil.

Regardons maintenant à gauche de la maison des cultures du monde : nous apercevons une tour noir. Remarquez comme elle est élancée avec ses 4 piliers et son toit plat les reliant. Regardez bien, vous devez apercevoir des cloches blanches entre les piliers. Il s’agit en effet d’une tour carillon de 42 mètres de haut. C’est le plus grand carillon d’Europe avec 68 cloches qui furent inaugurées en 1987, pour les 750 ans de la ville. Mais cette tour fut aussi offerte par le président de Daimler Benz, Edzard Reuter, en souvenir du blocus que Staline imposa à Berlin pendant près de 9 mois. Alors pourquoi, nous direz-vous, est-ce que le président de Daimler Benz fait don de ce bâtiment ? Et bien tout simplement parce que le maire de Berlin lors du blocus s’appelait Ernst Reuter, le père de Edzar Reuter.

Maintenant, continuons notre tour d’horizon et regardons vers la droite de la maison des cultures.
Nous voyons un imposant bâtiment moderne et blanc à la structure excessivement compliquée. Il se constitue d’un énorme cube précédé de hautes colonnes blanches et couronné par un grand toit plat qui ressemble presque à une toile de tente. Sur le côté gauche, c'est-à-dire en direction du carillon, il est orné d’une grande fenêtre en demi lune. Il est aussi encadré à gauche et à droite d’une aile plus basse et très longue. Cette fenêtre fait penser à un tambour de machine à laver le linge. Ce bâtiment que les Berlinois ont justement surnommé « la machine à laver » est en fait très respectable : il s’agit de la Chancellerie.
Elle fut inaugurée à l’été 2001 par Gerhard Schröder après 5 ans de travaux. Commandée à l’époque d’Helmut Kohl, elle a coûté la modique somme de 100 millions d’Euros et fut dessinée par les architectes berlinois Axel Schultes et Charlotte Frank.
Continuons un peu notre tour d’orientation en regardant à droite de la chancellerie. Nous voyons un immeuble en pierre grise qui semble ancien et surtout qui porte sur son toit le drapeau blanc avec la croix de la Suisse. Il s’agit effectivement de l’ambassade de la Confédération Helvétique qui trône un peu isolée près de la chancellerie. Ne trouvez-vous pas cette construction un peu étrange ou tout au moins disproportionnée ? Regardez bien. Le bâtiment ancien avec ses hauts pilastres de pierres séparant de hautes fenêtres régulières est comme encastré dans un bloc moderne de béton lisse. Nous avons presque le sentiment que la vieille bâtisse du 19e siècle sort d’une boite à chaussure. En effet la façade ancienne remonte à 1870, tandis que le rajout moderne fut élevé en 1999 par un cabinet d’architecture de Bâle. La petite histoire veut que cette adjonction fut commandée par l’épouse américaine de l’ambassadeur. Le couple vit aujourd’hui de l’autre côté de l’Atlantique. L’ambassade reste et fut très critiquée par les Suisses. Mais pourquoi cette ambassade est-elle ici entre le parlement et la chancellerie ? Avant la Seconde Guerre mondiale, elle occupait déjà cet emplacement et le terrain de la chancellerie lui appartenait. Aussi, après la réunification, les Suisses exigèrent de récupérer leur terrain, mais malheureusement la construction de la chancellerie avait commencé. Après maintes discussions, les 2 pays parvinrent à un accord et la Suisse se réinstalla ici.

Finissons notre tour d’orientation en nous tournant vers la droite. Nous voyons un gigantesque bâtiment moderne qui longe le Bundestag. Il s’agit de la maison des députés. Il s’agit du centre névralgique du parlement, car ce complexe abrite les 900 bureaux des députés allemands et des secrétariats, ainsi que des salles de réunions, un restaurant et la salle des séances de la commission européenne. Cette maison des députés porte le nom de Maison Paul Löbe, en hommage au dernier président du parlement avant l’élection de Hermann Göring à ce poste en 1932.

Ce bâtiment fut construit entre 1997 et 2000 par l’architecte munichois Stephan Braunfels qui est, depuis le début des années 1990, une star en Allemagne. Cette architecture rappelle le fonctionnalisme du Bauhaus, courant d’architecture créé en 1919 à Weimar par Walter Gropius. Deux mots sur ce mouvement qui posa les bases pour l’architecture du 20e siècle.
L’architecte ne doit plus être un artiste uniquement, mais aussi un véritable ingénieur capable de créer des formes nouvelles et fonctionnelles utilisant toutes les ressources des différents matériaux. L'architecture du Bauhaus, quant à elle, est caractérisée par l'usage de la ligne droite, par le refus du décor qui n'est pas partie intégrante de la structure, par la fabrication et la pose en série des formes, et par le recours aux grandes surfaces vitrées. Et d’ailleurs, l’architecture moderne a repris une grande partie de ces préceptes. Nous en avons l’exemple sous les yeux : nous voyons ici de grandes surfaces planes donc bien droites et lisses, donc sans décor, ni ornement. De même, il y a d’immenses baies vitrées. Et d’ailleurs, en regardant bien ce long côté faisant face au Bundestag, on voit qu’il y a une série de formes géométriques claires. Voyez-vous cette alternance de grands cylindres de verre et de plaques de séparations en béton blanc. ? Ce phénomène de série est encore une caractéristique du Bauhaus.

Regardons maintenant l’entrée du bâtiment à gauche : le toit forme comme un auvent soutenu par 4 colonnes blanches sans fioriture. L’entrée n’est constituée que d’immenses plaques de verre transparentes. Alors là, c’est vraiment très bauhaus : C’est la pureté et l’absence de décor, la mise en avant de la fonctionnalité qui créent la beauté.
Et, on doit reconnaître que malgré ses 22 mètres de hauteur et ses 200 mètres de longueur, le bâtiment des députés est beau à voir.


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