Un panorama sur l’est de Berlin

Le bundestag et le quartier du gouvernement

Un panorama sur l’est de Berlin

Et jusqu’à il y a peu, le mur de Berlin passait juste devant la porte de Brandenbourg qui, ainsi, symbolisait la séparation entre l’ouest de Berlin -au niveau du Tiergarten- et l’est que nous découvrons à l’instant. Nous allons maintenant regarder les bâtiments situés à l’est et qui sont sur ou proches de la fameuse avenue « Unter den Linden ». D’ailleurs, tous ces bâtiments ainsi que l’avenue font l’objet d’une visite intitulée « L’avenue Unter den Linden ».

À droite de la porte, nous voyons dépasser un vaste toit en verre, d’allure bombée, qui semble entrer dans un arc de cercle, également en verre. Est-ce que vous cette structure étrange? Elle ressemble à une vague brisée ou à un énorme poisson plongeant dans une vague. Il s’agit du toit recouvrant la cour centrale de la DG Bank due à l’architecte Frank O Gehry. Ce dernier fait partie des architectes internationaux les plus reconnus aujourd’hui. Il réalisa en particulier le musée Guggenheim à Bilbao. Depuis le Bundestag, nous pouvons parfaitement admirer la structure complexe de la Banque inaugurée en 2000. Le bâtiment est situé sur la Pariser Platz juste en face de l’Ambassade de France, qu’il est impossible de distinguer d’ici.
A côté de la DG Bank, nous voyons dépasser une longue toiture de couleur verte qui se continue sur une aile perpendiculaire. Ce toit recouvre l’un des lieux légendaires de l’hôtellerie de luxe européen : l’hôtel Adlon. Cet hôtel fut reconstruit dans les années 1995-97 à l’emplacement d’un palace de 1907 détruit par les bombardements de 1945. L’ancien palace avait reçu de grandes célébrités comme le duc et la duchesse de Windsor, ainsi que de nombreuses stars de cinéma.

Un peu plus au fond, nous voyons deux tours identiques couronnées par une coupole. Elles sont reconnaissables aux colonnes qui soutiennent leur coupole verte ornée de lucarnes dorées et d’une sculpture au sommet. Ces deux tours sont ceux du Dom allemand et du Dom français. Ce sont deux églises du 18e siècle présentes sur la petite place des Gendarmes, le « Gendarmenmarkt » en allemand. C’est le cœur du quartier historique et monumental de Berlin. Elles furent élevées sous Frédéric 2 vers 1770. En fait, elles sont toutes deux une extension de deux temples calvinistes, l’un germanophone, l’autre francophone. N’oublions pas qu’une grande communauté protestante française, qui fuyait les répressions religieuses de Louis 14, s’installa au 17e à Berlin. Très éduquée et industrieuse, elle permit à la Prusse de se doter d’un tissu industriel important, bref de s’enrichir, et certainement, quelque part, de gagner en puissance. Puissance, qui comme on le sait finit par se retourner contre la France. Bref, un retour de boomerang douloureux.

Déplaçons-nous un peu vers la gauche. Et maintenant, dans le fond de notre panorama, nous voyons encore une coupole, mais cette fois plus imposante. Elle est encadrée de deux autres coupoles plus petites. Ces coupoles sont facilement repérables : elles sont placées exactement à droite d’un gigantesque immeuble noir encadré de blanc qui nous cache l’horizon. Et derrière cet immeuble, nous voyons dépasser la tour de télévision couronnée d’une sphère, mais revenons d’abord à la grande coupole : il s’agit de celle de la cathédrale de Berlin, inaugurée par l’empereur Guillaume 2 en 1904. Autrefois, elle faisait face au château royal qui fut dynamité en 1956 par le gouvernement de la RDA. Quant au grand immeuble blanc et noir à gauche de la cathédrale, il fut érigé en 1978 par le gouvernement de la RDA pour recevoir les représentations de grandes sociétés internationales. Malheureusement, avec ses 25 étages, il défigure désormais la silhouette historique de la ville. Derrière ce bâtiment, nous voyons la fameuse tour de télévision de l’Alexanderplatz avec son restaurant panoramique situé dans la sphère. Les jours de plein soleil, cette sphère brille au loin. Avec ses 365 mètres de haut, cette tour en béton, inaugurée en 1969, devait être un reflet de la puissance technologique de la RDA.

Mais regardez encore un instant à droite de la cathédrale de Berlin. Nous voyons encore une haute tour rectangulaire de couleur rouge avec une pointe au sommet. Et nous remarquons qu’il y a un cadran circulaire et blanc sur cette tour, celui d’une horloge. Il s’agit de la tour –qui imite un beffroi- de la mairie centrale de la capitale.
Continuons notre tour d’horizon en reprenant à gauche de la cathédrale et de l’immeuble blanc et noir. Nous voyons désormais apparaître le fleuve qui dessine un méandre dans notre direction. Presque au niveau de l’immeuble blanc et noir, nous voyons un édifice assez long en métal et verre qui précède un pont. Il nous fait immédiatement penser aux gares de la fin du 19e. Eh oui, il s’agit de la gare de Friedrichstrasse qui est desservie par le S-Bahn, le métro aérien.

Derrière la gare, à l’arrière-plan, nous apercevons encore une coupole bien ronde et de couleur grise. Elle recouvre le musée Bode qui marque l’extrémité de l’île des Musées. Jusqu’à 1989, le musée Bode abritait les magnifiques collections de peintures de Berlin Est. Mais depuis la réunification, tous ces tableaux –ceux de l’ouest anciennement au musée de Dahlem et ceux de l’est du musée Bode- se trouvent réunis dans un nouveau bâtiment du forum culturel près de la Potsdamer Platz. Il se nomme tout simplement Gemälde Galerie, la galerie des Peintures. Quant au musée Bode, il doit recevoir désormais les collections de sculptures.

Et en particulier, c’est sur cette île que se trouve le Musée Pergamon dont nous pouvons apercevoir l’entrée en forme de temple antique avec un grand fronton triangulaire porté par des colonnes. Le voyez-vous : il est situé derrière la gare entre la coupole du Musée Bode et de l’immeuble de commerce ? Le Pergamon est certainement le ou tout du moins l’un des plus célèbres musées de Berlin. Il est une référence dans le domaine de l’Archéologie. Nous pouvons en particulier y voir la fameuse porte d’Ischtar, gigantesque porte d’entrée dans Babylone ou le gigantesque Autel grec, rapporté de Pergame.

Maintenant, continuons à gauche du pont et de la Spree : nous voyons dans le fond un étrange dôme doré. C’est le seul élément doré qui domine l’ensemble des immeubles de la rive gauche. Ce dôme, faisant penser à une mosquée, est en réalité celui de l’ancienne grande Synagogue et abrite aujourd’hui un centre culturel judaïque. Victime des bombardements américains, la coupole fut reconstruite après la guerre. Son style mauresque était typique de la fin du 19e siècle au moment de sa construction. La grande synagogue fut construite par l’architecte Knoblauch et inaugurée par le chancelier Bismarck en 1866. A l’époque régnait la tolérance religieuse en Prusse. Aujourd’hui, Berlin dispose de 6 synagogues, d’écoles hébraïques, et d’un théâtre Yiddisch. Nous achevons notre découverte par les immenses bâtiments qui longent le Bundestag. Ils impressionnent particulièrement par leur longueur. Regardez, ils s’étendent de part et d’autre du fleuve et sont reliés ensemble par un pont. D’où nous sommes, nous voyons parfaitement leur long toit plat recouvert de verre. La façade alterne de grands montants de béton blanc et les parois de verre circulaires. Nous avons déjà vu l’une de ces constructions à gauche des marches du Bundestag. Vous vous souvenez, il s’agit des bureaux des parlementaires. Ces longs bâtiments s’harmonisent magnifiquement avec la Chancellerie que nous voyons à nouveau. En fait, cet ensemble gigantesque est composé, comme nous le remarquons, de 2 bâtiments distincts séparés par la Spree. Le 1er bâtiment, soit celui à droite du fleuve, abrite la bibliothèque, les archives et autres services des députés. Il se nomme la maison « Marie Elisabeth Lüder » en hommage à l’une des premières personnalités politiques a avoir lutté pour les droits des femmes. En 1933, elle fut arrêtée, mais relâchée suite à des protestations internationales. En 1949, elle fut chargée des affaires socialistes et remit à niveau le système de santé en RFA. Elle fut 2 fois présidente du parlement entre 1956 et 1966.

Nous avons déjà vu le bâtiment de gauche qui porte le nom de Paul Löbe et contient les 900 bureaux des députés et de leurs services. Voyez !: ces deux complexes forment une ligne avec la chancellerie que nous revoyons désormais ! Cette ligne des 2 bâtiments des députés et de la chancellerie s’appelle officiellement « Band des Bundes », la bande fédérale. Elle symbolise la réunification démocratique des 2 Allemagne, car la maison Marie Elisabeth se trouve dans l’ancien Berlin est tandis que la maison Paul Löbe est dans l’ancien Berlin ouest. Et autrefois, la courbe de la Spree marquait la frontière à cet endroit.
Nous avons enfin achevé le tour circulaire du panorama et nous pouvons amorcer la descente. Nous nous retrouvons en bas de la coupole devant le cylindre pour présenter un peu le fonctionnement de ce parlement.


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