Le Quai de Béthune

Le charme de l'ile saint-louis

Le Quai de Béthune

Nous sommes au 18, quai de Béthune devant l’hôtel de Coomans, ou hôtel de Richelieu.
À dire vrai, la façade sur quai a été largement remaniée, mais appréciez quand même le bel encadrement du portail, et notamment, de chaque côté ces consoles très longues, si étranges et élégantes. L’hôtel date de 1647, et a peut-être été construit par Pierre Le Muet, le dernier architecte du Val de Grâce. Quant à son nom d’hôtel de Richelieu, il ne doit rien au cardinal. En effet l’hôtel a appartenu au 18e siècle au maréchal de Richelieu, plus connu pour ses débauches que pour ses victoires. A l’exception notable de celle remportée sur les Anglais à Port-Mahon, dans les Baléares, où le maréchal fit improviser par son cuisinier une sauce froide préparée avec les moyens du bord, mais promise à la gloire ! Cette sauce fut appelée « La Mahonnaise » et, vous l’aurez compris, devint La Mayonnaise. Allons maintenant devant les n°20 et 22.

Sans être jumeaux, ces 2 hôtels –le Febvre de la Barre au n°2O et Le Febvre de Malmaison au 22 ont un air de famille. De fait, ils ont été bâtis en même temps, vers 1644, pour deux frères, dont l’un était François Le Febvre, seigneur de la Malmaison, un domaine que Joséphine et Bonaparte rendront célèbre. Regardons les quelques sculptures présentes : tout d’abord, les visages grimaçants sculptés au n°20 sous les console du balcon et au-dessus du portail le mascaron (c'est-à-dire le visage sculpté utilisé comme motif décoratif) et les ailes de chauve-souris qui lui servent de fond. Mais ce balcon, avec sa ferronnerie de qualité en forme de balustres est-il bien d’origine ? Ou un peu plus tardif que la construction de l’hôtel ? Regardez de près comment ses consoles de pierres s’ajustent dans les montants du portailet faites vous une opinion… Remarquez aussi le portail du n° 22 : il est renforcé de pièces de bois cloutées: c’est le portail type du milieu du 17e siècle à Paris : vous en verrez d’autres semblables dans l’île. Une plaque signale le séjour de Baudelaire dans cet hôtel : de 1842 à 1843 : c’est là en effet sa 1re adresse dans l’île, avant celle du quai d’Anjou : il s’y est installé après son voyage écourté dans l’Océan Indien. Souvenons-nous : le conseil de famille de Baudelaire, et surtout le beau-père, le général Aupick, l’avait envoyé dans l’Océan Indien, mais Baudelaire a rebroussé chemin à la Réunion. Traversons maintenant la rue Poulletier et allons de l’autre côté jusqu’au nº 24-26 quai de Béthune.

Ce bâtiment, assez réussi dans son genre, a été construit en 1935 par l’architecte Louis Süe, en remplacement hélas, d’un superbe hôtel de Le Vau, l’hôtel Hesselin, démoli au préalable : il n’en reste que les vantaux de la porte qui donnent à l’immeuble le plus beau portail de l’île : regardez les mufles de lion . C’est dans cet immeuble qu’habitait le président Georges Pompidou. Revenez maintenant sur vos pas jusqu’à la rue Poulletier, que vous trouverez donc sur votre gauche, et par cette rue allez jusqu’à la rue Saint-Louis-en-l’Ile.


<< 8 - La rue de Bretonvill...         10 - L’église Saint-Louis... >>

Sommaire complet du dossier :