Le Quai Bourbon

Le charme de l'ile saint-louis

Le Quai Bourbon

En sortant, prenons à gauche la rue Saint-Louis-en l’Ile jusqu’à la rue Le Regrattier, qui sera quant à elle du côté droit. Au croisement avec la rue Le Regrattier, prenons-la à droite jusqu’au quai Bourbon. Avançons jusqu’au 19 du quai de Bourbon.

Nous découvrons ici la majestueuse façade de l’hôtel de Jassaud. Regardons le début du toit : nous y voyons trois frontons : un curviligne, et deux triangulaires. Si elle est accessible, la cour, très sobre et remaniée a une certaine allure. Pensons à Camille Claudel qui y a eu son atelier. Elle a vécu et sculpté là de 1889 à 1913, avant que sa famille ne la fasse interner. On peut voir à Paris ses très belles sculptures au Musée d’Orsay –notamment l’Age Mûr, inspiré par l’expérience douloureuse de sa rupture avec Rodin, ou plutôt de Rodin avec elle – et d’autres au musée Rodin. Rendons-nous maintenant devant le 15 quai Bourbon.

Nous sommes maintenant devant l’hôtel Charron, construit vers 1640 pour un « contrôleur des guerres ». Le grand toit en pavillon fait penser à ceux de la place des Vosges, mais l’hôtel est en pierre, comme tous ceux de l’île. Quelques transformations ont été réalisées au 18e siècle autour du portail : le mascaron, les consoles, l’arc surbaissé. Plusieurs artistes ont vécu ici, parmi eux le peintre Meissonnier, spécialiste de la peinture militaire, le sculpteur Geoffroy-Dechaume, collaborateur de Viollet-le-Duc pour la restauration de Notre-Dame, le peintre Emile Bernard, qui a été une des grandes figures de l’école de Pont-Aven. Essayons d’ouvrir la porte, et entrons dans la cour. Remarquez l’aile droite et le bâtiment du fond, semblables au bâtiment du quai. Avançons -à pas de loup- jusqu’au passage que nous voyez au fond de la cour à gauche : n’essayons pas d’ouvrir la porte vitrée, mais regardons à travers : Eh oui, c’est le jardin de l’hôtel, un vrai jardin cette fois,même s’il n’est pas très grand.L’hôtel Charron est donc à la fois entre quai et cour, et entre cour et jardin… Ressortons et allons maintenant devant le n°11 quai Bourbon

Nous sommes devant la maison de Philippe de Champaigne, le portraitiste du cardinal de Richelieu, et plus tard le peintre de Port-Royal. Il fut l’un des plus grands peintres français du 17e siècle, mais aussi il faut bien le reconnaître, l’un des plus austères, ce qui allait bien avec Port-Royal, et peut-être même avec l’île Saint-Louis. Il a acheté le terrain en 1637, et fait construire le bâtiment peu après. Il y a vécu de 1643 à 1656 et c’est l’une des rares maisons de peintre de cette époque que l’on puisse montrer à Paris.
Avançons jusqu’au nº 1 du quai Bourbon. Finissons notre flânerie de la façon la plus gouleyante possible en jetant à nouveau un coup d’œil sur un cabaret, le Franc-Pinot. Il est installé ici depuis le 17e siècle. Ses vieilles grilles remontent en partie au 18esiècle. En effet, un règlement des années 1720 imposait aux « marchands de vin » de protéger leurs boutiques à l’aide de grille, ce qui en dit long sur les mœurs des parisiens et leur goût pour certains excès.

Ici s’achève notre promenade. La boucle est bouclée puisque nous sommes revenus à notre point de départ : le Pont Marie. Mais nous vous invitons à poursuivre la découverte du quartier en allant vous promener sur les quais en contrebas.


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