Les deux pavillons du château

Le château de charlottenburg et son quartier

Les deux pavillons du château

Nous voici devant les grilles. Avant de découvrir le faste des rois de Prusse, nous vous proposons de tourner le dos au château un instant et de regarder la rue qui s’ouvre exactement dans l’axe de la tour du château, c’est à dire droit devant nous. Nous voyons tout de suite deux pavillons identiques surmontés d’un dôme et encadrant la rue à droite et à gauche. Un point de vue particulièrement harmonieux et majestueux. Voyez comme ces pavillons sont parfaitement quadrangulaires, un peu comme des cubes avec des rangées régulières de fenêtres. Regardons-les un peu plus et voyons quels sont leur style et leur fonction. Regardez celui de gauche, par exemple, et regardez la partie au milieu: on y voit un haut fronton triangulaire surmontant les trois fenêtres centrales que séparent des pilastres. Donc, on note qu’il y a des éléments pris à l’antiquité. Et à part cela, il n’y a pas décoration exubérante. C’est plutôt dépouillé : c’est donc une architecture classique. Disons le, ces deux pavillons sont particulièrement élégants. Mais surtout, leur originalité se trouve dans la présence de leur imposant dôme. Regardez au-dessus des frontons : nous voyons se dresser un véritable belvédère, d’où l’on peut admirer le paysage. Ne ressemble-t-il pas aux temples de l’amour que nous trouvons dans les jardins publics ? Il a en effet exactement la même structure : un dôme porté par des colonnes disposées de manière circulaire. Nous avons donc deux structures distinctes : le pavillon proprement dit et au-dessus une sorte de temple circulaire. Mais pourquoi ces belvédères si hauts et un peu utiles ? Il s’agit d’un trait de génie de l’architecte. Car imaginez que vous soyez au fond du par cet imaginez que vous observez la façade du château : et bien on voit alors les deux belvédères affleurer sur la façade du château et ils donnent l’illusion de faire partie du château. Ainsi, le promeneur a l’impression que le château est muni de 3 tours. Nous verrons cet effet tout à l’heure. Mais revenons aux pavillons. A quoi servaient-ils donc ? Ils abritaient le régiment de la Garde royale. Celui de gauche servait pour les écuries et celui de droite pour les officiers. Ils furent édifiés en 1856 par Auguste Stüler, un élève du grand architecte Karl Friedrich Schinkel dont nous allons voir au cours de cette promenade 3 bâtiments. Aujourd’hui, le pavillon de gauche est momentanément vide après avoir abrité le musée égyptien transposé désormais dans le centre de Berlin. Quant au pavillon de droite, il est lui dévolu au fascinant musée Berggruen. Berggruen est un marchand d’art moderne qui habitait à Paris et possédait l’une des galeries d’art les plus réputées de la capitale. Il s’était spécialisé dans l’art moderne et était lié d’amitié avec Pablo Picasso et Giacometti. Juif d’origine, il avait fui l’Allemagne en 1936 pour se réfugier aux USA. En 1992, il revint à Berlin, sa ville natale, à laquelle il offrit sa collection privée de Picasso, Matisse, Braque et autres artistes clefs du 20e siècle. Pendant votre séjour à Berlin, nous vous recommandons de visiter cette très belle exposition.


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