La Salle Blanche

Quelle note donneriez-vous à Berlin ?

Le château de charlottenburg et son quartier

La Salle Blanche

Si vous le désirez, nous vous proposons d’entrer dans cette aile du château pour admirer la plus belle salle, un chef-d'œuvre du 18e siècle et quelques tableaux qui sont considérés comme des icônes de l’art français du 18e siècle, ainsi que l’appartement du roi Frédéric-Guillaume 2.

A la gauche de la caisse s’élève un majestueux escalier, montez cet escalier pour joindre le palier de l’étage.

Quand vous tournez le dos à l’escalier, allez sur votre gauche et arrêtez-vous un instant dans la première salle.

Cette salle offre un bel espace avec ses murs marbrés en blanc et ses colonnes à chapiteaux dorés. Cette salle est typique des salles des palais de l’époque alors nous allons voir sa structure un peu plus en détail. Alors, tout en marchant, regardons tout d’abord les longs côtés : ils sont percés par de grandes baies vitrées se faisant face à gauche et à droite et permettant ainsi à la lumière d’inonder l’espace. Cet aménagement trouve son origine dans les palais italiens et à la galerie des glaces du château de Versailles où à chaque fenêtre répond un haut miroir. Admirez aussi la régularité de l’ensemble avec ses pilastres blancs qui accentuent la structure et qui en même temps lui donne un rythme et brise la monotonie éventuelle. Quant à la décoration dorée : voyez où elle se trouve : on la trouve sur les chapiteaux et aux bases des pilastres. On la trouve aussi utilisée pour l’ornementation des portes et enfin pour tracer la fine corniche sous le plafond. Bref, le doré est utilisé avec parcimonie. Ce qui est reposant pour l’œil. Vous remarquez également que l’ensemble est dominé par une grande symétrie. Ainsi, nous voyons 4 portes placées en enfilade et deux cheminées centrales surmontées d’un beau miroir ouvragé et se répondant des 2 côtés de la salle. Ce principe typique du 18e siècle fut inspiré par l’architecture française. En effet, dans l’aménagement des châteaux et hôtels particuliers français, les portes sont situées en enfilade et l’un des murs est toujours occupé au centre par une vaste cheminée dominée par une glace. Concentrez un instant votre attention sur la couleur blanche des murs. Voyez-vous elle brille légèrement, mais est-ce vraiment du marbre ? Eh bien non, il s’agit en réalité de stuc qui fut poli pour imiter le marbre. Ce matériau était facile à travailler, car il était posé sous forme d’un enduit humide. Mais quelle peut bien être la composition de cet enduit ? Il est constitué d’un mélange de chaux ou de poussière de marbre, d’eau et de pigments colorés. Le stuc est appliqué sur les murs à l’aide d’un couteau ou d’une spatule par couches fines et serrées puis lissées soigneusement. Cette technique originaire de Venise fut très à la mode aux 17e et 18e siècles en Europe centrale et jusqu’en Russie. Levez maintenant un instant les yeux vers le plafond. Surprise n'est-ce pas ? Nous y voyons une débauche de couleurs pastelles formant comme des nuages. Il n’est absolument pas figuratif sauf les bords qui montrent des coquilles dorées et des ornements déchiquetés blancs sur un fonds doré. Cette composition fut exécutée en 1972-1973 par un peintre berlinois au moment des restaurations du château de Charlottenburg. En effet, en 1943, le bâtiment avait été complètement détruit par un bombardement anglais et il ne restait de lui que les murs extérieurs à quelques exceptions prêts. Au moment de la reconstruction à l’identique de cette superbe salle, il fut impossible de réaliser le plafond original, car les restaurateurs ne disposaient que de photographies noires et blanches. Aussi le peintre Hann Trier exécuta cette fresque qui rappelle par ses couleurs un peu l’ambiance du 18e siècle, mais reste néanmoins moderne par sa conception. Pour notre part, nous restons stupéfaits devant la qualité de cette reconstruction. Voilà, nous avons vu cette belle salle : souvenons nous : symétrie, rythme avec les pilastres, alliance des couleurs, délicatesse du doré unifiant toute la salle ; utilisation du stuc, des cheminées, et des miroirs ; le tout dégageant une impression d’élégance solennelle et de raffinement.


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