La salle de la Galerie dorée

Le château de charlottenburg et son quartier

La salle de la Galerie dorée

Maintenant, traversez la salle droit devant vous pour vous rendre dans la longue galerie qui fait suite dans l’enfilade. Vous vous arrêterez juste après la porte dorée.

Après la solennité de la salle blanche que nous venons de quitter, nous sommes désormais plongés au milieu d’une incroyable richesse. Autant la salle blanche était solennelle, autant cette salle nous semble propice à l’organisation de fêtes somptueuses ? Et en effet, cette superbe salle était destinée aux bals de la cour et aux concerts. Imaginez-vous un instant l’effet que pouvez rendre cette galerie empli de dames en robes à panier et de gentilshommes en costume de soie se mouvant au son de la musique de chambre.

Mais cessons de rêver et concentrons-nous sur le décor. Nous voyons une longue galerie percée de chaque côté par des baies vitrées allant jusqu’au sol. Les murs sont entièrement peints en vert clair et recouverts de magnifiques ornements dorés. Là, le doré s’en donne à cœur joie. Nous remarquons encore une fois que les murs brillent. En effet, nous avons ici un exemple parfait d’utilisation du stuc dont le grand avantage est de pouvoir varier les couleurs à l’infini. Concentrons-nous un peu sur les ornements dorés qui furent également sculptés en stuc. Tout d’abord, nous avons un sentiment de légèreté. Nous ne voyons pas de lourdes colonnes, d’immenses sculptures, mais au contraire des enroulements fins et gracieux qui se déploient harmonieusement sur le fond vert pâle. Levez les yeux vers la corniche du plafond. Nous y voyons à distance régulière de petits enfants joufflus s’amusant au milieu de guirlandes de fleurs et de diverses plantes. Louis 14 dit un jour à son architecte, « je veux voir des enfants partout » et ainsi il fut ordonné de sculpter des bambins sur les corniches de Versailles. Frédéric 2 connaissait peut-être cette citation ? Mais au fait quel est ce style ? Et bien, observez les murs entre les fenêtres. Quelles sont les formes qui vous semblent dominer le décor ? Regardez au sommet des glaces. Vous voyez quoi ? Des formes en « C » nous direz-vous. C’est vrai !! Mais surtout, regardez bien : on voit des plantes, des palmes et des guirlandes de fleurs. Tous ces éléments sont empruntés à la nature. Nous voyons même des jets d’eau. Et puis naturellement les coquilles découpées. Les cadres des glaces sont absolument dominés par les éléments de coquille s’enroulant et formant des C. Ce style, vous l’avez deviné, se nomme rococo. Mais d’où vient ce terme ? Du français Rocaille qui signifie un amoncellement de rochers irréguliers et de coquillages ornant les fontaines des jardins. Le terme est apparu pour la première fois en 1737 et fit, comme nous le voyons, école dans toute l’Europe. Le roi Frédéric le grand fut un amoureux de ce style qu’il fit transposer dans tous ses palais jusqu’à la fin de ces jours. Les plus belles réalisations conservées à Berlin sont cette galerie et le célèbre château de Sans Souci à Potsdam. Knobelsdorff, son architecte, dessina ce fastueux décor en 1740.

Avançons-nous lentement pour apprécier ce magnifique décor et arrêtons-nous au bout de la galerie devant la cheminée située entre les 2 portes.

Avez vous apprécié la variété des ornements et la délicatesse de la réalisation ? Ce décor fut pourtant entièrement refait après la guerre. Nous pouvons ainsi juger de la qualité des artistes et restaurateurs allemands, car comme nous l’avons déjà mentionné l’ensemble du château fut réduit en cendre en 1943. Néanmoins, ce décor est très fidèle à l’original du 18e siècle. Non seulement les autorités nazis avaient ordonné des campagnes complètes de photographies, mais surtout les archives berlinoises possèdent encore tous les dessins originaux de l’architecte Knobelsdorf et de ses collaborateurs. Levons les yeux au dessus de la cheminée. Voyez-vous, sur la corniche, la superbe femme encadrée encore une fois d’angelots ailés ? Ils semblent voler et jeter des fleurs sur nos têtes. Il s’agit de la maîtresse de ce décor : Flore, la déesse de la nature et du printemps. Avouons-le un thème très réjouissant et délicat.


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