Le pavillon de Schinkel

Le château de charlottenburg et son quartier

Le pavillon de Schinkel

Êtes-vous bien devant l’entrée précédée des 4 colonnes ? Oui ? Bien !! Donc, quand vous tournez le dos à la porte, longez le bâtiment sur votre gauche jusqu’au bout. Vous tournez ensuite à gauche toujours en longeant le bâtiment et arrêtez vous devant le pavillon carré que vous verrez aussitôt à l’angle.

Sur notre gauche, nous voyons deux colonnes surmontées d’une victoire ailée et qui encadrent une allée longeant le château. Placez-vous entre ces deux colonnes et regardez le pavillon. Nous serons alors face à son entrée principale.

Une étrange construction ne trouvez vous pas ? Elle semble avoir été transportée d’Italie jusqu’à Berlin. Regardez ce toit entièrement plat. Étonnant pour un pays où il neige énormément en hiver. Ce type de toit en terrasse est naturellement impropre à la rigueur des pays nordiques et correspondants beaucoup plus aux régions méditerranéennes. Ensuite, nous voyons au rez-de-chaussée trois portes-fenêtres précédées de quelques marches et encadrées de volets de bois peints en vert. Encore une fois, une spécialité du sud. Levez la tête au dessus des trois portes d’entrée. Nous voyons aussitôt une fine galerie métallique entourant le bâtiment. Du premier étage, l’accès se fait à nouveau par des grandes portes-fenêtres, précédées cette fois de 2 fines colonnes à l’antique soutenant comme une loggia. Bref, l’aspect général est très italien et nous pouvons facilement imaginer des transats dépliés sous la loggia. Mais pourquoi ce style si italien et à quoi servait ce pavillon ? Il s’agit d’un lieu de refuge que fit construire le roi de Prusse Frédéric Guillaume 3. Ce dernier, contemporain de Napoléon 1er, avait épousé la superbe Reine Louise dont nous reparlerons un peu plus tard. Malheureusement, elle décéda très tôt en 1810. Et le roi, longtemps inconsolable, resta 14 ans veuf. Puis en 1824, il se remaria avec la comtesse Auguste de Harrach. Il décida alors de faire construire le pavillon que nous voyons pour vivre loin de la cour avec sa nouvelle épouse. Mais alors pourquoi le style italien ? Le roi avait séjourné en 1822 à la Villa Reale del Chatamone à Naples et il avait gardé un excellent souvenir de ce voyage. Aussi, il demanda à son architecte Karl Friedrich Schinkel de s’inspirer du bâtiment napolitain.

Vous remarquez la simplicité et l’élégance de cette construction. Une base carrée, deux étages dont le supérieur entouré du balcon que protège une grille toute simple. De chaque côté, nous retrouvons exactement la même structure avec la loggia à l’étage et la porte-fenêtre au rez-de-chaussée. Les murs sont en brique et sont recouverts d’un enduit blanc cassé pour limiter le coût de construction. Vous pouvez visiter l’intérieur si vous le désirez. Il est très simple avec des papiers peints monochromes et de jolies frises. Malheureusement, le pavillon a entièrement brûlé en 1943 et après la guerre le décor fut refait à l’identique, mais sans son mobilier d’origine. Nous trouvons maintenant de nombreux objets, tableaux bustes et meubles contemporains du règne de Frédéric Guillaume. Schinkel fut l’un des plus grands architectes berlinois. Nous trouvons dans la capitale énormément de constructions de sa main dont les plus célèbres sont la Neue Wache sur l’avenue Unter den Linden et le Altes Museum à côté de la cathédrale.


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