L’intérieur de l’église de la Sainte Trinité

Le chateau et le quartier de mirabelle

L’intérieur de l’église de la Sainte Trinité

Nous vous proposons maintenant d’entrer dans le sanctuaire. Vous entrez donc par la porte principale en haut des quelques marches. Nous nous retrouvons à l’intérieur. Malheureusement, nous ne pouvons voir l’église que derrière une grille de fer forgé qui ferme l’accès au sanctuaire. Mais ne vous inquiétez pas, nous voyons néanmoins très bien l’intérieur.

A travers la grille qui nous sépare du sanctuaire, nous avons néanmoins une belle vue sur l’ensemble de l’église. Elle est très surprenante, n'est-ce pas ? Nous avons en effet rarement l’occasion de pénétrer dans une église entièrement circulaire. Ce plan fut néanmoins très utilisé dès la dernière décennie du 17e siècle et tout au long du 18e siècle dans les pays d’Europe Centrale. L’architecte a conçu un espace ovale qui s’achève au fond, c’est à dire droit devant nous par une niche correspondant au cœur. Nous allons successivement décrire la fresque de la voûte, puis celles des niches au fond puis enfin l’autel.
Et maintenant, levons les yeux vers la voûte. Un beau plafond bien baroque. Observez avec quelle bravoure un peintre a recouvert l’ensemble d’une immense fresque. Nous voyons un tourbillon de nuages peuplés d’angelots et de diverses figures qui tournent autour de la partie centrale occupée par la colombe du Saint Esprit. Admirons la manière dont l’artiste a mis en scène sa composition.
Pour donner un effet de profondeur et accentuer la forme ovale, l’artiste a disposé ses nuages et personnages en cercles concentriques. Grâce à ce procédé, nous avons le sentiment que la coupole s’élève dans le ciel en partant du bord pour aller jusqu’au centre. Cela produit ainsi un effet de profondeur en hauteur au fur et à mesure que le cercle se rétrécit en se rapprochant du point central. Voyez-vous comme les figures diminuent au fur et à mesure que nous regardons vers le centre de la fresque, vers la colombe donc. Mais que voyons-nous ? Le meilleur moyen de saisir le sujet est d’observer la fresque dans sa partie située au-dessus de la niche d’autel. Regardez… Vous voyez ?? Sur le bord, nous voyons un véritable orchestre d’anges musiciens. L’un tient une sorte de violoncelle, l’autre un luth, cette sorte de guitare à très long manche, d’autres tiennent des partitions. Et quel événement fêtent-ils ? Et bien, maintenant, levez les yeux juste au dessus de ce groupe d’anges. Nous voyons une femme agenouillée en prière et vêtue d’une robe blanche et d’un voile bleu. Vous l’avez évidemment reconnue, il s’agit de la vierge Marie. Au-dessus de Marie, nous avons, à gauche, le christ, reconnaissable à son drapé rouge et surtout à la croix portée par des anges. Et à droite de Marie, il y a Dieu le père représenté sous l’aspect d’un vénérable vieillard. Le christ et Dieu tiennent une couronne au dessus de la tête de la vierge. Cette composition nous montre le couronnement de la Vierge par la Sainte Trinité : le père, le Christ et le Saint Esprit, ce dernier sous la forme de la colombe planant au sommet.
Mais qui est le peintre de ce chef-d'œuvre ? Car nous pouvons bien parler de chef d’œuvre devant la qualité des figures, la multiplicité des couleurs et surtout la qualité de l’effet de profondeur. Il s’agit de Johann Michael Rottmayr, l’un des plus grands fresquistes autrichiens du 18e siècle. Si vous avez l’occasion de visiter la Résidence des princes, vous pourrez admirer une suite de plafonds signés de sa main. Rottmayr, ami de Fischer von Erlach, fut le premier peintre de fresque d’origine autrichienne. Il avait fait un voyage en Italie et en particulier à Venise où il avait étudié les diverses techniques picturales. Pour la fresque de La Saint Trinité, il utilisa un principe inventé à Rome à la fin du 17e siècle par le peintre Pierre de Cortone et qui consiste à grouper les figures en cercles concentriques sur des surfaces nuageuses. Nous venons de voir que Rottmayr a parfaitement mis en application cette idée dans cette fresque peinte pendant l’été 1697.


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