Les sculptures du jardin du château de Mirabelle

Le chateau et le quartier de mirabelle

Les sculptures du jardin du château de Mirabelle

Retournez en direction de la place Makart. Nous nous retrouvons devant l’entrée du Landestheater qui en marque l’angle au numéro 1.

Nous allons désormais découvrir le château de Mirabelle. Quand vous êtes face à l’entrée du théâtre, allez exactement à droite de ce dernier. Vous voyez aussitôt une rue qui longe la façade latérale. Au fond vous apercevez déjà le jardin du château de Mirabelle.
Empruntez donc cette rue et arrêtez-vous devant la balustrade bordée de statues qui limite le jardin.

Admirez ce beau jardin fleuri et orné de sculptures fermé au fond par l’imposante façade régulière du château de Mirabelle. Regardez au fond droit devant nous cette imposante façade démunie d’ornement. Nous ne voyons ni sculpture, ni colonnes qui pourraient troubler la régularité des fenêtres. Avouons-le, cette construction est un peu sévère. Mais, pourtant, elle ne manque pas d’élégance avec son socle ocre imitant la pierre de taille, ses deux étages de fenêtres se détachant sur le crépis blanc et enfin sa haute toiture verte. Mais de quand date cette bâtisse ? Elle fut réalisée entre 1721 et 1727 par l’architecte Lucas Von Hildebrandt, le concurrent de Fischer Von Erlach. Hildebrandt avait été également formé en Italie et entra au service de la famille impériale à Vienne. Il fut l’un des grands génies du baroque et l’architecte attitré de Harrach, le prince évêque de Salzbourg. Mais avant de décrire la demeure princière, tournons un instant le dos au jardin pour regarder les deux rangées de sculptures bordant à droite et à gauche de la rue par laquelle nous sommes arrivés. Ce sont des statues qui représentent des divinités antiques. Elles forment réellement un superbe ensemble avec les grands vases blancs qui les séparent et la balustrade de l’arrière-plan. Mais en quel matériau sont-elles ? Certainement pas en marbre car elles ne brillent pas et surtout la pierre est démunie de veines. Elles sont en fait en pierre commune, peinte par la suite en blanc. Il s’agit d’un procédé typique des pays germaniques au 18e siècle. Bien sûr, nous sommes très loin de la qualité des statues de marbre de Versailles ou des palais italienne, mais il n’empêche que cela produit son effet!
Ces œuvres sont très stylisées. Regardez par exemple, la première statue située à gauche et représentant une femme nue portant une gerbe de blé.
Sa pose est très torturée ou plus exactement sinueuse. Une jambe en avant, l’autre en déséquilibre, le torse penché, une draperie gonflée par le vent formant une grande courbe à l’arrière. Nous pourrions presque penser à une danseuse. L’impression de mouvement et de déséquilibre corporel qui s’en dégage est bien sûr la signature d’une sculpture baroque.
Observez maintenant le visage. Le nez est en trompette, les yeux sont lourds, les pommettes très marquées et le sourire ressemble presque à une grimace. Toutes ces caractéristiques sont propres au baroque allemand. Nous pouvons trouver le même type de sculptures dans d’autres parcs d’Allemagne et d’Autriche.
Mais à propos qui est cette femme nue portant des épis de blé ? Vous l’avez peut-être reconnue. Il s’agit de Cérès, la déesse des moissons. Regardez la statue à sa gauche maintenant. Nous voyons une femme vêtue d’une armure et d’un casque : c’est Minerve bien sûr, la déesse de la guerre et de la sagesse. Puis vient une divinité nue dansant avec une guirlande de fleurs : c’est Flore, la déesse du printemps.
A droite maintenant, la première statue tient des grappes de raisin : c’est Ariane, la femme de Bacchus, le dieu du vin qui symbolise l’automne, puis Venus, déesse de la beauté. Ensuite une femme près d’un brasero et représentant l’hiver. Nous venons d’identifier quelques-unes de ces statues et nous remarquons tout de suite que non seulement il s’agit des divinités de l’Olympe, mais en plus, que certaines personnifient les 4 saisons :Flore pour le printemps, Cérés pour l’été, Ariane pour l’automne et enfin la divinité au brasero pour l’hiver. L’hiver étant toujours représenté par une figure frileuse se réchauffant près d’un brasier. Encore une fois, c’est un programme décoratif chargé d’une symbolique nécessitant une interprétation. Cet ensemble fut exécuté en 1689 par différents sculpteurs.


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