Georg Raphaël Donner et son œuvre

Le chateau et le quartier de mirabelle

Georg Raphaël Donner et son œuvre

Nous allons néanmoins voir l’escalier d’honneur qui fut sauvé et constitue un chef-d'œuvre de l’art autrichien. Ce bel escalier donne une idée du faste des princes. Quand vous tournez le dos à la porte par laquelle vous êtes entrés, allez tout droit jusqu’au bas de l’escalier situé à 10 mètres.

Nous ne savons pas réellement si nous pouvons parler d’architecture ou de sculpture. Admirez tout particulièrement la rampe en marbre blanc. Elle est considérée comme l’un des sommets de la sculpture baroque autrichienne et est due à Georg Raphaël Donner. Parlons de la rampe.
Cela dit, nous pouvons difficilement employer le terme de rampe, car il est impossible ou presque de s’accrocher à ses grandes volutes sinueuses supportant des enfants dodus. Et à l’évidence, cette rampe est plus faite pour être contemplée qu’utilisée.
La rampe proprement dite est composée de rinceaux de feuilles d’acanthe et de grandes bandes entrelacées un peu comme des rubans. Nous retrouvons encore une fois la caractéristique principale du baroque : le mouvement ! Admirez comme les bandes forment une succession de courbes et de contre-courbes s’élevant le long de l’escalier presque comme un serpent. Le Baroque adore les éléments décoratifs envahissants, et voyez comme ici le sculpteur a rajouté des enfants dodus batifolant au sommet des volutes.
Naturellement, ces enfants ne possèdent qu’un rôle ornemental sans thématique propre. Ils sont simplement destinés à animer la rampe. Comme si cette dernière en avait besoin !
Observez la qualité de ces sculptures dont le seul but est de réjouir la vue. Malgré la dureté du marbre, l’artiste a su donner de la souplesse et de la douceur à ces figures comme le prouvent les plis de la chair par exemple au niveau du ventre ou des jambes potelées. Prenez le temps de les voir. Il a aussi très bien poli le marbre qui brille sous les effets de la lumière et apporte une certaine douceur à l’ensemble. Enfin, il a également fait preuve d’humour comme le prouve la variété des poses. En montant vers le premier étage, vous verrez un enfant couché sur le ventre et utilisant une volute comme un toboggan et un autre est complètement en déséquilibre. Laissez-vous charmer par ses enfants facétieux! Mais à propos qui est le sculpteur ? Et bien, il s’agit de Georg Raphael Donner, le plus grand sculpteur autrichien du 18e siècle. Donner commença sa carrière comme orfèvre. En 1725, il vint s’installer à Salzbourg dans l’espoir d’obtenir la place de sculpteur du prince évêque. Après la réalisation de l’escalier que nous voyons, il n’obtint pas le poste convoité et partit pour Bratislava où il entra au service du plus puissant seigneur de Hongrie, le comte Esterházy. Il resta en Hongrie où il posséda un atelier très important. En dehors de l’escalier de Mirabelle, son autre chef-d'œuvre est la fontaine de la Providence à Vienne. Mais revenons à notre superbe escalier. Nous vous proposons une petite astuce pour distinguer le marbre du stuc. Posez une main sur la rampe et l’autre sur l’un des piliers de couleur marron. Au bout d’un moment, vous devez constater que le pilastre semble se réchauffer –c’est le stuc-, tandis que le marbre reste froid. Astucieux n’est-ce pas ?
Regardez la montée en direction du premier palier. Nous voyons des niches percées dans le mur et abritant de grandes sculptures vêtues à l’antique. Les voyez-vous ? Vous retrouvez ainsi l’univers du jardin, car ces figures représentent encore des divinités de la mythologie greco-romaine. Elles sont encore dues au ciseau de Donner. Admirez comme l’artiste a crée une belle harmonie d’ensemble dans la cage d’escalier. Entre les niches, nous retrouvons des pilastres réalisés dans les mêmes tons colorés que les piliers du hall, c'est-à-dire dans un marron veiné imitant le marbre. Les niches renfermant les statues sont également réalisées dans la même imitation de marbre. Les sculptures, quant à elles, répondent admirablement par leur blancheur aux volutes de la rampe de marbre blanc. Tout cela –les couleurs des pilastres, les statues, les niches- permet de créer une continuité visuelle entre le rez-de-chaussée et l’escalier et les étages au dessus.


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