L’église saints Côme et Damien

Le colysee et les forums imperiaux

L’église saints Côme et Damien

Continuons maintenant notre chemin, en restant toujours sur le même trottoir.
Nous retrouvons, sur notre gauche, le gigantesque mur extérieur de la basilique de Maxence, et juste après, toujours à gauche, s’ouvre un large passage menant à l’église des Saints Côme et Damien. L’église Saints Côme et Damien porte le numéro 1 dans la Via dei fori imperiali.

Nous sommes face au passage d’accès vers l’église Saints Côme et Damien, comme l’indique le panneau à l’entrée, et les inscriptions au dessus de la porte cochère. Passons la grande porte cochère qui nous fait face. Nous nous retrouverons alors dans un cloître, îlot de calme dans l’agitation de la ville.

Nous voilà dans le beau cloître renaissance de l’église. C’est aujourd’hui un couvent appartenant à l’ordre des Olivétains. L’ordre des olivétains remonte au début du 14ème siècle. Ce sont en fait des bénédictins, mais qui suivent la règle de saint Benoît avec une rigueur extrême. Leur nom d’olivétains vient de leur premier et principal couvent, le couvent de Monte oliveto Maggiore, situé entre Sienne et Arezzo. Il se trouve au sommet d’une colline couverte d’oliviers, d’où ce nom de « Grand mont des oliviers. »
Pour entrer dans l’église, prenons jusqu’au bout la galerie de cloître qui nous fait face quand nous entrons. Au fond à gauche se trouve l’entrée de l’église.

Une fois dans l’église, rendons-nous au fond à droite. Là s’ouvre une vue sur l’intérieur du temple de Romulus, aperçu lors de notre visite du forum.

Observons le temple de Romulus à travers la vitre au fond de l’église. Il est frappant de constater le niveau de son sol par rapport à celui où nous nous trouvons. C’est le niveau du sol du 4ème siècle, 6 mètres plus bas que celui de l’église elle-même. C’est pourtant par là que se faisait l’accès à l’église lors de sa fondation, au début du 6ème siècle, mais le sol actuel de l’église est le résultat d’un travail de remblaiement commandé en 1631 par le pape Urbain 8.
L’église Saints-Côme-et-Damien a en fait été aménagée au début du 6ème siècle par le pape Félix 4 dans deux bâtiments antiques. Le temple de Romulus tout d’abord. Il faut d’ailleurs souligner que c’est ici un exemple très rare de fondation d’église dans un temple antique avant le 7ème siècle ! Souvenez-vous de ce que nous avions dit à ce sujet un peu plus tôt : dans un premier temps, les temples païens ne servaient normalement pas à abriter des églises, à cause de leur mauvaise réputation.
Le deuxième bâtiment dans lequel a été aménagé l’église est une salle de la bibliotheca Pacis qui abrite la nef et le choeur. La bibliotheca Pacis était un bâtiment lié au forum de la paix, un forum impérial que nous allons découvrir un peu plus loin, édifié par Vespasien à la fin du premier siècle. La bibliothèque qui s’y trouvait débordait vers le forum romain, et se trouve aujourd’hui juste entre la basilique de Maxence et le temple de Romulus. Dans cette bibliotheca Pacis, Bibliothèque de la Paix, se trouvait notamment le cadastre de la ville.

Tournons-nous maintenant vers le chœur et le maître-autel. Regardez derrière l’autel : vous voyez une voûte en quart de sphère et dessus se trouve une magnifique mosaïque du 6ème siècle. Asseyons-nous quelques instants pour l’admirer à notre aise.

Au centre est représenté le Christ, debout sur une nuée de nuages rose, orange et bleu. De part et d’autre, deux hommes, vêtus de blanc, présentent au Christ deux personnages aux vêtements colorés. Ce sont, en blanc, saints Pierre et Paul, fondateurs de l’Eglise romaine, présentant les saints Côme et Damien. Dans les coins inférieurs de la voûte se trouvent à droite saint Théodore, et à gauche le pape Félix 4, tenant en mains une maquette de l’église, dont il était le fondateur.

Mais qui sont saint Côme et saint Damien, pratiquement toujours vénérés ensemble ? Il s’agissait, selon la tradition médiévale, de deux frères jumeaux d’origine syrienne, ayant vécu au 3ème siècle. Tous deux médecins et chrétiens, ils exerçaient gratuitement leur science tant sur les hommes que sur les bêtes. Après maintes tortures, dont ils furent victimes, mais toujours miraculeusement sauvés, ils finirent par être décapités. Et figurez vous que, même après leur mort, ils ont été les auteurs de nombre de guérisons extraordinaires. Et très logiquement, ils sont aujourd’hui les saints patrons des médecins.

Observons mieux la mosaïque. Son magnifique fond bleu foncé contraste considérablement avec le rythme serré des petits nuages rose et bleu. Les grands espaces vides donnent beaucoup de majestés aux figures, celle du Christ en particulier. Le dessin est extrêmement schématique, ce qui lui donne une très grande force. Pour tout dire, cette image nous semble d’une très grande modernité. C’est un bel exemple de mosaïque pré-romane. A l’époque romane en effet, les imagiers n’aiment pas le vide. Chaque partie est comblée par un motif végétal ou animal stylisé. Vous verrez très bien cela dans l’abside de la basilique Saint-Clément, par exemple. Ici, le parfait équilibre des parties vides et des motifs est un beau témoignage de la prédominance de l’icône byzantine comme modèle de l’image sacrée.


<< 5 - Les cartes de Mussol...         7 - Les forums impériaux... >>

Sommaire complet du dossier :