Cathédrale de Florence : Le campanile

Le duomo : la cathedrale de florence

Cathédrale de Florence : Le campanile

Nous pouvons à présent quitter l'édifice. Afin de poursuivre cette visite de la Place de la Cathédrale, retrouvons nous devant le campanile, situé sur votre gauche en sortant de la cathédrale. Pensez à prendre du recul pour pouvoir l'admirer dans son ensemble.

Nous sommes devant le campanile. Écoutons ce qu’en dit un grand voyageur, Andre Suares, lors de son voyage en Italie : « Le Campanile de Giotto est la fantaisie de Florence, le caprice d'une ville où la beauté calcule, où la raison cherche toutes sortes de règles, où la poésie va le céder à la rigueur des lignes. Il échappe à l'art de bâtir. Il a le charme de l'illusion et de l'imaginaire... ».

Et maintenant, quelques mots sur l’histoire de l’édifice. Tout comme pour la cathédrale, c'est Francesco Talenti qui acheva cet édifice dans les années 1350. Mais le plan initial date des années 1330 et est de Giotto. Pour ceux qui connaissent ce dernier, cela semble étonnant. Car Giotto est considéré comme le père de l'art moderne : le premier peintre qui s'éloigna de l'art médiéval en humanisant ses personnages. Or, ici, il n'est pas question de peinture mais d'architecture. Polyvalence curieuse aujourd'hui, mais normale autrefois. Car l'artiste qui, en réalité, est un artisan, est avant tout un dessinateur, et par là même, un peintre, un sculpteur et un architecte. Giotto qui réalisa donc le plan du campanile de la cathédrale de Florence, n'en fut néanmoins le maître d'oeuvre que pour le rez-de-chaussée puisqu'il décéda avant de voir s'élever le premier étage. Talenti bouscula ensuite un peu le plan de Giotto. Levons les yeux en l'air. Ainsi, les fenêtres ajourées que vous voyez aux 2ème, 3ème et 4ème étages ont été conçues par Talenti. Une modification allégeant l'édifice tout en respectant les lignes horizontales du plan initial. Ces lignes qui divisent le monument en registre, en niveaux donc, sont une originalité car dans la plupart des campaniles, elles sont inexistantes ; seule la verticalité domine. Regardons à cet effet, l’édifice. Le campanile de Giotto est un monument svelte et élancé. De sa hauteur de près de 85 mètres, il rivalisait avec les campaniles des églises médiévales avoisinantes et surtout avec celui du gouvernement, le Vieux Palais sur la place de la Seigneurie –haut de 94 mètres. Une rivalité courante entre les pouvoirs religieux et politiques… Plus qu’un simple clocher, le campanile de Giotto devient ainsi un symbole pour toute la ville : symbole de la présence ecclésiastique à Florence, point de repaire facilement visible de tous les coins de la cité, référence architecturale par son revêtement en marbre où polychromie et composition géométrique sont de mise. Une conception née au 10ème siècle à Florence, reprise ultérieurement lorsque fut réalisé le revêtement de la cathédrale.


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